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BIBLIOTHÈQUE

FRANÇOISE

. D E

DU VERDIER,

TOM£ TROISIÈME.

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LES BIBLIOTHEQUES

FRANÇOISES DE LA CROIX DU MAINE

E T

DE DU VERDÏER

SIEUR DE VAUPRlVASj

NOUVELLE ÉDITION,

DÉDIÉE AU ROI,

Revue , corrigée & augmentée d'un Discours sur le Progrès des Lettres en France , & des Remarques Hifloriques , Criciques & Littéraires de M. ds la. Monhoye & de M. le PréfidentBovnxsR » de l'Académie Françoife; de M.Fài.conxt, de TAcadéinie des Belles- Lettres.

Far M.KiGOLET DE JuFiGNYy ConfcUUr Hoiiioràre OU

Parlement iU Mtt^,

TOME CINQUIEME

A PARIS,

Chez-f ^^^^^^ ^ Ntoh y Libraires , rue S. Jean de Beauvais. \ Michel Lambb kt. Imprimeur , rue de la Harpe , près S. Cdme»

M. D C C. L X X 1 1 L

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31JUL1965

,K P.D

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BIBLIOTHÈQUE

FRANÇOISE

D'ANTOINE DU VERDIER.

M A C.

M ACE f ou aucremeoc M.athias Foiltin, Licencié ès LoSx, Qatjf de Lorrîs en Oailinois, & Lieucenanc en la Prevdté Royale de ChaftilloQ fkt Yndre , a écrie Traité for la matière des relevemens , félon les Ordonnances , Droit & Coutumes de

France , contenant la manière comment ès Chancelleries de France - font les lettres de relief chacun jour exj>édiées ; & eft divifé en trois parties : en la première eft traité du Mineur , & en combien de manières il peut être déceu & reflituc : en quel temps on peut pourfuivre la calTation des contrats: en la féconde de la refticution des Majeurs : & en la troifiémc, font examinés en communauté quelques articles concernant la reftitution des ^dineurs & Majeurs par indivis j imprimé à Paris , /Vi-8**. par Vincent Sertenas, 1550. Briève loftniâiojn pour apprendre le ijbyle 4t manièrç d^ procé^r .ès Çouiy de Parlement & aocies BiBuoTB. Faa V. Tonu V> Do Vbro. Twu isj. A

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* M AC M AE :

inférieures en toute indtnce Se matières^ tant Qviles que Crw ttiinellesy fuivant les Ordonnances, Ju ge mens & Arrêts d'icelles Cours; imprimée à Paris , rii^8^. par Vincent Sertenas , x 5^0.

MACLOU DE LA HAYE, Picard, Valet de Chambre du Roi Henri II , a ccrit quelques Foëfîes ; afiàvoir Chanc de paix; Chant d'Auiour ; cinq Blafons diescinq contentemens en Amour;* Sonnets d'Amour ; vingt Vceux dès vingt beautés de s*amief- Epigrammes &.ScaiiGes;,imprimées.à Paris par Eftienne Groulleaa. i<53 ^

* Voy.. La G&osx w Maine , & les notes, aa mime Article , Tora. II

MADELAINE NEPVEU , Dame des Roches la Mere *. Les (Œuvres des Dames des Roiihcs de Poitiers, Mere 6^ Hlie, imprimées à Paris , in-^^. par Abel l'Angelier, 1579. G'.IIes de Ja Mere , nommée Madelaine Neveu , font Epitres aux Darnes^ én profe ; Epkre à la Fille r Odes , en nombre neuf;. Sonnets trente>(ix ; Epitaphe de fon Mari ; Epitaphe de Monfîeur le Comte de Brillàc ;,Epitaphe du &u fîeur Baron d'Angueruaques. Les fécondes (Euvres des Dames des Roches ^ imprimées à Poi<*' tiers f par Nicolas Courtois , i ) 83» dont celles de la Mere y contenues, font Odes, Sonnets & autres vers; & les Ecrits qui- s*y voient de la Filîe, Epître à fa Mere; les Vers dores de Pytha- goras; les Enigmes dudit Auteur; Quatrains; Cantique de Theu- reufe Vierge , mere de Dieu ; fécond Cantique ; Epître à fa Mere fur fa Bergerie ; Bergerie ; Epitaphes ; Chanfons ; deux Dialogues en profe , le premier de Placide ôi. Scverc , le fécond d*Irî$ & Pafithe'e; les Fleurs; Réponfes; "Sonnets; la Piice,

* Voy. La Croix py Maine:, & les notes, aux Art.MAODtf.AiNE N£VBi7i Tom. U y pag. 71 ^fttiv. 8c CATUEaiNBr oss Rociits j Tbm. l , pag. 101.

MALASSIS ( Le fieur de) de Mante , a traduit de Latin en François \ les cinq Livres de Sevrin Boece , intitulés de la confolation de Philolophie ; imprimés à Paris ^ in-S". par Jean

MAL

MAL

13oreI , I ^78. Il a traduit auflî les cinq Livres de Ciceron De fiiûbus bonorum & malorum.^ qu'il n*a encore ùit imprimer.

' II s'appeloit Chakles tt Ber. , Sieur de Malassis , petit Village près de Mante, &: fît depuis imprimer fa verfion de; fix Livres ae Politique , ou Dodrine Civile de JuAe-Lipre , i/i-S** chez hU.iia de Villepoux , a la Rj»- -Cil(#e.y 1 590. (M. Dl lA MONMOYB ).

METRE VI. du premier l ivre.

[Ceiuyaujein des fdlons.^ Qui t parejfcux fan blti OKke j Quand fcs plus ardcns rayons^ Phebus furie Cancre lafehe , Qfi'il n'efpirt fe charger

JOts fruits que CM* retranche j Maïs ^a'il ébranle la branche Du chefne , s'il veut manger, Jjorfque le froid Aquilon T<Mi.des ksLs la cheveiut^^ Et que le dûs du Sillon

£fi endurcy dt froidure. »

jZyoêottfae penfe pas 3 L'otillet ficury^ ni la Rofe^ Ou quelûue autre fleur rnclofe ,

^Çar la faifon n'en cji pus.

Ne penfe , par ton labeur , Que U grc^fpe au fcep meuriffti Au printemps gay de verduf C'efl ajfcx qu'elle fieurijfe ; Car Bacchus peint les raifîns Tant Jiitlmem en Atatmmi L'autre faifon n'efl pas bonne Pour prejjur^r les bons vins. Dieu a le etmp* oticnni Aux efpèets pw pndtàn £t de bornes terminé L'effet qu'on ne peut dùnùrt. Si ae l'ordonné ekemin Les chofes vont f épurées , Ou qu'elles foient égarées.^ Bonne n cfl jamais la fin.

METRE yiU. du fécond Livre.

t€c qui fait l'ordre tenir A Paanie variable j M* ^artàUe revenir ^

Avec un changement fiable^ Et fans le dépoffédcr^ JLes faifons reiurecidtr. Et les pères élémens.^ Qui ont qualité contraire En leurs accords dtfférens , Ferme trêve enfemhle faire ^ Que Phebus le jour Conduit j Et fa facur règne la mût ,

la mer, en fon gyron^ Tient prifitnnièret fis ondet^

Et jarnais ne lei vaJf-an J:,rrcr jar-iout vagabon4es ^

Que ce que le Ciel contient 4 Sous une loy fe maintient, Cejl amour foi a foucy De bien régir toute chofe , Au Ciei 'décommande auïïi^ dSt de ta terre il difpoje j Et dedans la mer il peut Commander ainfi qu'il veut. Et i s'il ceffoit d'ordonner 0 Et de tempérer le numdet On verrait Je ruiner ,Bientofl la machine ronde ^ Qu'un lien tient -en accord. Que dénouerait le difcord. Cet} luv feul qui ertiretïent Tous les vertueux enfemble^

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^ MAL. MAL

£t qui Us peuples contient ^ Qui niclntunt & nous fait wir

Les unit & les affemble j Les amis en leur devoir.

Et j fous le jûug d' amitié' , Si l'amour veut gouverner

A l'un^ à l'autre lie'. Vos ejpritj y race mortelle ,

C'cfl lui quif d'un faint lien , Comme il fait d'accord menef

J^'un feuoudU accompagne , Au Ciel fa danfe éternelle »

S<m Us firmes Icix^Hyaun ^ Qui fe tourne égaUmtnt ,

VkwMm k Péfouft tOÊttjpoffu > V'tua yivrif hara^imsnt*

PROSE IV àu troifiéme Livre.

[ Mais [es dignités » me cUrez-vous , font retjieâec & rendent dignes d'hon-* «eax qui obciennenr. Lçs Magiftnts oamIs men ont de

force, qu'ils puitTcnt loger les vertus en lefprtt de ceux-là qui les exercent? Et en chafTèr le vice? VéritaWcmcnr leur coutume n'ell: pas relie , & ne favent pas bajuiii la malice, mais phitot la manitellcr , l<. Je la vient c|ue bien fou- vent nous fommes marris fie nkUgnét de voix les Magiilrats être tenus 8c exercé<; pnr les méchans: 5: pour cette occafion CatuUis voyant aiHsenire les Sénateurs un Nonius, ne fe put tenir de le taxer, & le dédaignant par une £|ngraniiiie^ le fit oonitokte tel que fi en lui ie faflènt «dèmblés tons let Tices du monde, l'appelant le contrefait & l'écrouellé. Voyez donc quel dés- honneur & quel blâme apportent les dignités aux méchans, & pour certain leur méchanceté fetoit moins connue , il leurs ccacs- ne les manifeftoient & £ùfittenc coonntne i imchacoo. Mais vous poucrie^vons canger^ encore qoe vous y futHez contraint par beauco jp Je J ingers , à ctt'e compagnon de De

xatus , exerçant tousdeux enfemble an mcme M^iftrat, le connoillâni homme vicieux & bouffon RÎs-dùgcreux ^ 6c de vrai u n'eft pas poilible ^ue noua puilllons juger cett»li dignes d'honneur pour raifon de leurs Magiftcats èc

offices , lesquels nous connoiftbns du tout indignes d'iceux. Si vous voye« aucim doué de fapience, poucrez-vous le juger indigpe de fapience? Ou d*ècie révéré 9t refpeâé pomr raifiia dlcelle ? Non certes» car la vertn a une certaine , propre particulière dignité , dont elle remplit & fait capables ceux auxquels elle eft jointe : & pout ce que les honneurs populaires ne peuvent faire cela , il eft manifefVe qu'ils n'ont d'eux-mêmes aucune beauté» ne dignité. En quoi il faut aviil i datnuMage , que fi aucun eft d'autant plna vil & abje(îl qu'if eft blâmé de piufteurs , ne pouvant les dignités faire refpec- ter les méchans , elles font qu'ils font plus blâmés U calomniés , les découvrant & faifant connoicre è^en chacun. Mais il s'en (àvent bien venger , car ib len* detu bien le femblable aux Magiftcats , les fouillant & diffamant de l'ordure de leurs méchancetés. Mais afin que vous connoiffiez cette vraie révérence , «e pouvoir advenir par le moyen de ces dignités , notez ceci : fi aucun qui auroit été plufieuis fois Confol, alloit de fortune en pays étranger, & par les Nations barbares, penfez-vous que c.,1 honneur le pût i rendroirde ceux-U ^ire vcnéiabLe ?.£( tout^oiii L'oikue peut doutçi que fi les dignités avaient

MAL

MAL

d'elles-mcmes tant de pouvoir, qu'en quelque lieu que ce fût, ils nes éloigne- foienr jamais de tel office, comme le feu , en quelque lieu que l'on le mette,

eft toujours chaud ; maU d'autant que non leur propre vertu, mais une fauflè perfualioii de"; hommes leur attribue cela , elles s'cvanouiflènt foudain qu'elles font parvenues à ceux - qui ne les elUraent ni tiennent pour dignitcs. 11 eft vrai , me direc-irotts , que cela arrive entre les Nacbns écfanges , ma» encore entre celles-là elfes font nées, elles ne durent pas toujours. C'ctoir anciennement une grande autorité que d'être Maire du Palais , ce n'ed à cette heure qu'un nom prefque de rien, l'ordre de Sénateur, une grande charge : fi qaelqa aii,le temps pacte, eût pris le foin des vivMs da peuple, par une chère année , on le tenoit pour un grand perfonnage: y a-t-il i préfcnt Office plus abjeâ ? Car , comme nous avons dit ci-devant , cela qui n'a, de foi ni de fa naraie, auaiiie dignité ou honneur qui loi fcnt propre , ains fettlemencpar opinion de ceux qui en ufent , tantôt reçoit rplcndcur , & puis tout foudain la perd. Donques fi les Ma(»iftrats ne peuvent faire refpeder les hommes , fi » par la corruption des mccnans qui les exercent , ils enlaidliFent , ii par fuo- oeffion de temps , ils délaiflênc d'ètie hononibles , fi par l'opimon des perfonnes ils avilitfent ; quelle pr.inde beauic y a t-il que Ion puilfe deCnct s'ils n'en ont aucune d'eux-mêmes , 6c s'ils n'en peuvent apporter à ceux qui les poflZdeni?

METRE UI. du qaatri^e Livre.

Lei légers vaiffaux lyUfyJft U Sag€ , Errons fiartes ttuae, jfprès grand voyagt , Par un long orage Ont été pouffés^ Le long du rivage , Komptu 6" froiues, Ceile qt^on iijm A\oir pris naîjfanec Du Soleil , faifoit fa demeurance. Qui eue la fitaue De ^ bien charmer. Quelle avoit piùjfaaee Les corps tnutsformtr^ Et point n'ignorou Des herbes l'ufagt ^ Qu'elle prejfuroit En certain breuvage j Chargeant h v^àg»

Des nouveaux venus ^ En forme fauvage , Etant inconnus. L'un d'eux tout foudain D'un bouc prend la forme i L'autre en Africain Lion fe transforme \ L'autre fe difforme

pmt étm kap ; L'autre g tigre ùname

Devient tout à coup, Mais l'Arcadten Print p'uUd'VfyJps» L'cjîant du lien Et venin de Circe , Qui fe coule & gHjpi Dans ces gens dtm^tét» Par le maléfice Des jus enchantés. En pourceaux changù. De gland Je reptè^M » .

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M A M

A peu d'efficau , De qui le pouvoir Les corps feuls effacé i L'efpru en fa ptau Immuc fe plaint Du mal que luy brajft Le corps en ce peint. Las ! les vices Mt Bien plus de puijfanee , Qui au corps ne font Seulement offenje ; Mais telle nuyfance font de leur venin , Qu'Us ofient l'ufaaçe fie raj^naettfiu

En la quatrième Profe du quatrième Livre.

Les hommes vicieux rerîcnnent la forme du corps humain ^ ils fe maent & changent néanmoins en bcces » quant à la qualité de i'ame , Cicc. Si la mé- chaitoné tend los boiiui|»M miférables ^ il faut condure que tant pins le méchant vit, plus il eft iniféRible. Or, fi nous avons miment .conclu des misères & infortunes , que tant plus le mal dure long temps, & plus il cft grand: il faut croice que la misère eft infinie, qui ed éternelle , &c. Celui qui trouve une oonelafion mal-aifée à accorder , jl fiiut, ou qu'il montée que l'une (les propofirions, devant dite, fou fnufîè, ou qu'il prouveque la conjonc- tion des propoHtions n'a point afTez d'eSicace ni de force , pour aflez ncceflai- rement conclure. Car les chofes devant dites , confeflTées & avouées, il n'y % point d'occafion d'impugner & débatre la conclufion qui en réfulre , &c. Mais , je vous prie , dites-moi une chofe , après la diiTolution de l'atne & du corps, y a t il quelques peines ôc tourmens réfetvés aux ames? Oui vraiment -( dit Philofophie } & quelo ues-unes font cméllement affligées , pour les punit, les autres font plus doucement traitées , pour les purger; mais mon intention n'eft pas ae difputer à ccrte heure de ces chofes-la , &c. Celui qui fait injure, femble plus mifcrable, que celui à qui elle elle eft faite, & l'injuçe à qui qu'elle f|»c 6tte , n'eft pas la misèn de celui qui la ceçoic > mais de qijl

MAMBRIANO ' ROSEO. Le Parangon deirenu* pour l'Inditution de cous Princes, Potencats.& Seigneurs Chrétiens y contenant en fommaîre les HiHoires Hébraïques « Grecques^ «J<atines > .min^iies & mderqes îsiùiBX à ce propos ; ^ris .4ç

t M A M

Toujtours cnfangcs y Ccrès méconnoiffent , Tant la forme laiffent De leurs premiers corps , Que plus n'apparoiffent Hommes au dehors. Mais parmy lecueur» Au-dedans McrA a EJl quelque vigueur ^ Encor refferre'e ^ Erejl demeurée Franche du poifon^ L'ame remparée ly hummne rtàfon, O fus sdff avoir

M A M M A N f

Htalien de Membrin (?c la Rofe , &: mis en Franç(Hs; întprimé à Paris , par liiUenne Groulieau , 1 549.

* Du Vcrdier dtvoit écrire Mambrivo , & pcuc-ètrc 1' vo-r il écrit, comme le mot MEMBRIN, donciife fetc, le fait prcfumer. Cet Auteuc ëtoic Mdano , dans k Marche «l''Ancoiie (M. ds la Mokmoye).

* Il fttf on des Conrînaatenn de VMifioirt du Monde écrite en Italim pac Tanagnua, dont la meilleure Edidon eft celle de 1 5 98 , à Venîfe , ches

les Juntes, en $ vol. in-At°. I.eç trois premiers volumes font de T arc annota , le (quatrième de Mambrino Rofeo , depuis l'an 1 5 1 8 , juftqu'à l'an 1 f 59 , & fe cinqmème de Bank. Dimugi da Fanoj depuis 15591 jurqu'ea i j 8s.

MAMMES GISSÉ , de Langrcs , a fait ïarifTe & concor- éiXKte des poids de vingt-deux ProWnces, les plus pratiqués m temps prêtent , par les Marchands François , Âllemands & plu* - fieurs autres \ avec les comptes & rencontres qui enfeîgnent à eombien revient toute qualité de chacune marchandiiè , foit en poids oven nombre; imprimé à Lyon , tn-S-^. par Charles Pefnot^.i^yi.

MANAULD £NGAIFRED , Médecin d*Arles , a écrit le Manuel Calendrier^ par lequel eH; &cile fâvoir le lieu & cours

du Soleil & de la Lune ; enfemble les Fêtes fixes ou mobiles, en TEglife Ronnine célébrées^ imprimé à Lyon-^ in^S^. par Jeai» dcToumeSy 1548 \

* Ce nom eft rAtiagramnie de ces tiois mots , AwKi Uon > Fbnuwd,

MANUEL PALEOLOGUE Cent Préceptes Royaux de FEmpereur Manuel Paléologue , ^ Jean Palcologue^ Ton fils & Succeilèor en l'Empire Grec ; avec une Defcription du Printemps: & Propos que tint Tamerlaiv, à Bajazet , après Tavoir vaincu ; reprércntés par le même Empereur : le tout traduit en François y imprime à Paris, irt-ié, par Gilles Beys, 158a.

' Cet Empereur , après avoir tenu l'Empire rrenre-cinq ans , le remit , en 7419 , À Jean PaléoWue, fon Bis j & , s'étanc fait Religieux , mourut l'an 1 4x 5 . Son Onvta^e fur , en 1 5 78 , imprimé à Bâlc , in-H*. en Grec , avec U Tradudion Latme de Jean Lettnclaw, à côte. Le titre de ce î i i c cil r Imp.Cdf. Manudis PaUoUt^PrêUftA Educationis Regu,udJoanncmJiUuifu

(,M. MONNUYII ).

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M ji a

MA.a

jiu Précepte 74.

[Êcre retenu , efl: aucant bean, comme c'eft un grand mal , d'ccre inconHdcré. Car plulîeors fefont «ndomiiuig^ eax-mtmes, non tant par lettr&inéanrîfe, que par i nconfidérarion , prenant le mal pour le bien. Ceu ce que l'on dit qiw

les vices fonr arracha aux verf.is : & s'y trouve je ne fais quelle reJIèmblance , des uns aux autres. Aulli n'eft-il pas autrement difficile d'être tfompc , a i.]ui tCy e(l attentif. Vous en trouverez pluHeurs pleins de vaine gloire , lesquels, ai; lieu ik' la vertu, ontenibrafTc le vice qui lui renembloit. Tai vu 1:11: extrême avarice , être noimnce ménagerie : & la colère, être tenue pour magnanimité & une>infimté d'autres femblables. C'eft pourquoi il faut ufer d'une grandç vigilance, pour nous exempier d'une telle impofture. Car comme il n'y ariçn plus profitable aux jeunes, que do s'employer fcrieufement à l'étude des bon- nes cnofes : auûl au contraire txy a-t-il rien oui nuife davantage <^ue l'incurio* Hté. Et quant k celai qui eft adonné au lommeil , qui fe plaît â coucher mollement, &: vivre en oifivetc , il perdra facilement, & en beaucoup de façons , comme je penfc , ce qui lui aura été acquis , polîtble par le travail de ion père, ou qui lui fera cciiu cafuellement, d'une part : te n'amaflèra rien da du tour , de ce d'où il n*a encore été jouiflànc , d'aucte.]

MARC (SAINT) Évangéliae *. Le Saint Évangile de notre Seigneur Jeius Chriil , fcloa faiflt M^rc , au noimo.tf' Ttflamenu

* S. Marc , Fondareur de l'Eglife d'Alexandrie , Difciple & interprète de S. Pierre , feloa S. Jérftme, éodvit fon Evangile , en Grec , l'an de l'Ère Chrétienne 4). Voilà l'opinion la plus commune. D'autres penfent qu'ij écrivit en Latin. On n'en doute pasi Venife , l'on croit poiTcder le Ma- nufcrit Original de S. Marc. Voyez ce qui en eft dit dans la Defcription Hijior. & Crie, d* PîtaUe de M. TAbbc Richard ^ Tom. Il , pag. a?! . Edit. lie 17(^9. 11 efl cependant plus probable qu'il a écrit en Grec. Cette langue étoit li familière à Rome , que les femmes mêmes parloient , ou an moins l'emendoient. S. Marc raconte à peu-prcs les mêmes chofes que S. Matthieu , & S. Aueuftin l'appelle Mattlui Ahkrtvuior. Il établit l'Egfife d Alexandrie , &r lui donna d'abord un grand éclat , par la régularité de fes exemples &rexaûe difcipline qu'il y fit obfèiver. Les Mcnologes Grecs & ie« Martyrologes Latins s'accordent i <&ie quTil fat aif^i Vhxm » o& il olfinit k faint S^Fiifico qu'il ait mattyrilé.

MARC ^NTONIN *. InfUtution de U vxe humaine, drcfTée par Marc Antonin , Philorophe , Empereur Romain , ou douze J^ivrcs de fa vie ^ traduits de Lj^tm ^ par Pardons do jPrar^ ^oî 9

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M A R M A R 9

^îs de belles Annotations en ma^; imprimée à Lyon, in-8?. par h Veuve Gabriel Cocier « 1 5 70.

Cet excelleni Pnnce nacjuit l'an i»i de Jefus - Chrift, mourut i Sîrmich , en Pannonie , en fâiiant la guerre aux Mcircmnans, l'an t8o , âgé de cinquante-neuf ans, donc il en avoir rcgiic dix-ncut. Sus dou:(e Livres 4$ Réflexions ftwit, de tons les Ecrits de l'Antiquité profane , ceux qui appro» chent le plus de la pureté de la Morale de I Evangile. Les PL i fL -s M-^mle?

3u'il nous a laiflTces , ne font pas teconnoiflables dans le François de Patdoux u Prat i il les faut lire dans la TraduûiondeM. «C de Madame Dacier, ott elles font beaucoup pins agréables pour leftyle , aue dans l'Original. M. Joljr, Avocat au Parlement, en a donné une nouvelle Tradudion , en 174»» Paruj 6c il adifpofc les Reflexions de Mato-Aurèlc , felou i ordre des roar «ères. U vienc d'en aimiMicer une Editbn nouvelle. *

MARC ANTOINE DU MURET , iuni'confukc, natif Lymogcs, maintenant Prttrc, Citoyen de Rome, & lequel y cft: ( j ofe dire) une lumière de notre fiécle en éloquence , a fiât de doâes Commentaires fur le premier Livre des Amours de Pierre de Ronfard i imprimés à Paris, «1-4*». & ia-ié. par plufieurs fois , chez Gabriel Buon. Il a écrit aufli Chanfons fpirituellcj , ennombredix neuf, que Claude Goudimel a mifes en muriquc,à quatre parties ; imprimées à Paris, par Nicolas du Chemin, X^^ij. Oraifon ou Harangue pour Antoine & Jeanne , Roi & Roine de Navarre , Duc & DuchelTe de Vendôme , au Pape PieiV; imprimée à Lyon , par Michel Joye , 1^61. Oraifon prononcée en Latin , devant le Pape Grégoire XIII , touchant la punition des Chefs des Hérétiques rebelles , mifc en Fran- çois par le même Muret i & imprimée k Lyon , par Benoift Rigaud ,1573. aifon pour Henri III nom , Roi de Franco. &de Pologne , prononcée enLadn, pardevant notre Saint Pcre le Pape , & par lui-même mîfe en François ; imprimée à Paris , îtt^4<>. par Federic Morel , i ^76, Af. Anton. Murai Hymmrum facrorum Uhtr. Ejufdem alia (jaœdant Poëmatia. Roma apud Georg.F€mniimt t^8t, Ejus Laàmfiripta video^nd Gefn. \

< Les mots Latins par da Verdier finit cet Article , lorfqinl dit , ^Je ûpudGcfnerum , ne doivent pas être pris à la lertr? , mais entendus , conime s U y avoit , Flde apud Gefnerï Concinuatores j parce que Gelher, dont k BlUlO^

BijjLio T. Fran. Tome F". Du Vi-ao. Tom iil* B

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xo M A a M A R

thèque fut imprimce en 1545 , n'y a fait, ni pu faire aucune mention de Murec, donc alors il n'avoic encore rien pacu. Voy. LaX^roix du Maine» U les noces > w mot M ako-Antoiki v9 Mqrbt , Tom. U , pag. 74 &fiitr.

{M. DI LA MoMHOTE).

MAR€ ANTOINE PREBONNEAUX , Lymofin , a écrie Traité fur la Réfiitadon des abus , mW en avant par Roch le BatIUf , (itmommé la Rivière , Cm l'Art figné & Phyfionomie

Herbaire, par lequel eft montré combien eft grande l'erreur qu'il introduit en la connoifîance des plantes ôc de leurs âculcés imprimé à Paris « Û7-8^ par Gilles Gourbin» 1579.

MARC ANT. ZIMAELâi \ Les Problèmes de Marc Anu Zimara.

•■Il croit de Saii-Pietcû , m GaiactJia j dans la terre d Oiiaace , Profeflêur •tt Wiilofophie dNaples, grand Péripacâicien , contemporain de Ni[^ils» snais enchcrifTant de Deaiiooap far loi dani la barbarie du. %le* ( M. ob xa

MoMNOYB ).

MARC CLAUDE DE BUTET, Savoifien, a écrit deux Livres de fes vers ; le premier contenant vingt-cinq Odes , & le lècond [rt- n-^c une Odes ; avec Ion Amalthée, (Suvre de cenc vingt-huit Sonnets , imprimés à Paris, par Michel Fezan-

dat, 1560. L'Amalchée augmentée de beaucoup de Sonnets, & imprimée à Lyon. Il promet le troiliéme Livre de les vers, il loue la vertu des plus illuilres perfonnes de Ton pays. Il a anifi préc à mettre en kimère^ Job , (Euvre Héroïque & grave *.

Ijb. Crois Bo MAmi bs notw» an ntme Arôde , Traii. n » En rOde quinzième, du premier Livre , imitée d'Horace*-

fTouf Us maux j toiae la misère ^ comme un torrent émeuj

Z>tt Ptfâb/ eoM VorpAmuXi Ny d'un cruel Tyran la face ,

En la fortuit* moins projpère , Fiji-il rougir & mettre en place

Ne font puijfans ajfci^pour fairt Le Taureau d'airain fur un feu.

Abaijfer un eeutr vertueux* , Deuji ic ael, dès la haute cime,

JVbn J€s àJuyuis la, menaet Son grand bâtimau ruiner^

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M A R

M A R Xi

SI Hen rempart il s'anime , J}e fi^time^ i^peuc Ji fermer.

Qu'un tant épçuvMUaUe abyfme Comm un neher , qat U 90U una >

Le frapperoitffMU Pitomur, Ç^tanàfkrbyJtuAtfaidkm^'UMet

Satousdaagers^tantreiaehmee Lavagite^ngticULmer*

EorOdeXX.

Tott^ le rmoaveau plaifant Vn ewppe-bled nous éonM^ Et fouda'in riHf l'eflé cuifant A Jau place au vineux Automne > VH^nr neourt : aàt/i theure mm mtàm, ' Dêjoiermjimr^ à Mire «wrr cwuûne.

En la fixiémè Ode du fécond Livre.

Ce que ton fort te donne, le faffe toat content ; Si fortune n'efl bonne ^ He te vas towrmtntaai £

Ne crains la dernière heure ^ Qui nous traîne au trqMU^

; i]uc le corps maots

La venu ne meure j>as.

En rOde U.

La nature à tous donne une commune !oyi Un pauvre crocheteur & un fuperbe Roi j Jfaijffansj n'apportent rien^ quand ils s'enhwu^ Riem Ut m'en^forteront,

Tom neaâfûnén franchir un pa^ige femblable ^ Tous nous faudra paffèr l'onde non repaffkUe^ ybir Sylphe & Tantal, & la funitioa De to^màl ^lîûnm.

Tandis ^ue les trois Stntrs tîrtroM notre i4ê , Loin de l'amktion j loin de la fâia euVWt y\\nm* nos de péché . âv.

£n rodé vgnxxyrùêmté

L'or fait quores l'avare mère' Vend fa fille aux falcs Amours ; L'or jait que l'enjanf, de fon père Cherche la mo^ j avant fes jours ; L'or fait dans une riche bouche Entrer te venin trahijfant ; L'or fait étrangler dans fa couche.

Sans cm4* jft^* tinnocait-i

Par or s'achètent Us e^es , Pour détruire un pauvre fouffroM $ Et fe vendent les bénéfices , Comme meailes » au plus o ffrons* Par or Us honneurs on m:hete ; Sans or tu n'auras jamais bieni Sans orienta jufle querelle , Tm dàfoeat ne dira -rien.

Bii

Si M A R ' M A K

Brefj mon Lambert ^ l'or tout nu^r^i^ Chaotn veut l'or, chacun le pr^ ^ àiaittteaattc L'or efi adore; foicy un vray ^ksU doré*

£n l'Amalchée Sonnet. ^

X)tt fupréme puijffant la prudence ttenieUcf

A l'image de foy , enfouffla la raijon

Dans ce terreftre corps y bâti pour fa maifon^

Pouf efirt reoonnue en l'ceuvre univerfellt. Mais ce traiflre mutin ^ à fort Roi infidelU ,

Toujlours nous va cherchant la mort la poifon ,

S 'efforfMuit captiver en Jbn orét prijhn

Par folles voluptés j la belle ame immortelle. Dieu ! Dieu ! qu'en foy Ihomme a de grands difcorsî

L'efprie f genre divin j tache à dompter ce corps, . rmnpamUiar frein j en vains pUùfirsv»uvi»n^ It croupit tout en terre , & l'autre ejl dejtreux

S'en retourner au Ciel» O efpru généreux , < Heureux, fur tous heurtux , qui contant te peut fuivre ! ]

MARC PAUL VENITIEN \ La Defcription Géographi- que des Provinces <k Villes plus fameufes de l'Inde Orientale» Mœurs, Loix , & Coutumes des Habitans d'icelles ; mêmemene de ce qui eXl ibus la domination da grand Cham , Empereur des Tareares : écrite en Latin par Marc Paulo , Gentilhommç Vénitien » & ^ddtt «a François par F. G. L. imprimée à Paris , SA^4^. par Eftienne GrooHeav « i ) 5^.

* 11 écrivit en Italien , vers k fin du treizième fièclc , la relation de Ccf voyages , laquelle , ri'Itilien , .lyanc crc mife en Laâa» adcpuis-M naduiiBe'

de Lariii en François *. ( M. DE la Monnoye).

^ Marco Paolo, BU de Nicoto Paoio , noble Vcniticn , vivoù vers l'an I&71* 11 voyagea datirla Sine , la Per(ê 8c les Indes , êc ptMia'nn livre dr Jttf^uûku Orientelihus , imprimé avec les Voyages de Jean Mandeville. Voyez fur fei Voyages , & ceux de Nicolas fou père» les À l'Académ»

des Infcriptions , Tom. XVII , pag. i jo.

Marc ^ Tuiies cicerqn *. Voy £| Laurcns de Premier- fait David Miffanc , Antoine Macaut , EAienne Doler, Efliennc le Blanc, Jean Colin , Robert du Souchey , Loys Meigrct^ Blaife de Vigcnere , Guy le Fevre.

'Le Catalogue ibaveot^gaé des LifKs Madame la fànct€oi

*

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M Â R M A R 1}

Apporte^ pag. i ? , une ancienne verfion manufcrice , Jean de î renver, des Livres de l'Amiùc , de la neilUJfe Se des Offices, Do Verdier , qui n*t pcrinr connu ce TradudVenr , indique ici ceux qu'il a connus. La Tradudion la plus ample, qui, dans le fiècle decniec, aie écé £nce des Ouvrages de Ctcéron , eft celle de du Ryer. Il erra para d'aunes depuis et temps , plus cru moins étendues , de MM. d" Ahdincourc , Patru , Giry j CaÏÏasnes j Saint' * Real y du BoiTj Régnier des Marais j A/o ';'f '../r , Mi^nilnn , yfajjon^ d'OItvet,- le Préfident Bouhier f &c. auxquelles k public cclairc a bien fu cendre le té-* - lAoignage de l'edime qui leuf eddûe. Cicécooeftiooit 4) ami avant la venue de JeruS'Chcifl. ( M. db la Monnoye ).

* Nous ne nous arrêterons p.is à pirK r ici des circonftances de !a vie &: de' hi more de ce célèbre Orateur , û connu par fes Ouvrages , &c par tout ce que Ton a écrit i Ton fujet \ nous nous contenterons de rapporter ce que dit S< Jérôme, en deux mots , fur l'idée <|iie l'on doit Te taire du nu-rite de Cicéron : DemoJIhenes Ciceroni prtriputt ne primas <°//f ' , Cicero D:moJlkent ne folus. Les detratteucs de Cicéron font moins connus. Nous en allons dire <)uelqtte chofe. L'Oraiear Calvus, Ton contemporain , le regardoit comme un Harangueur avantageux & fans force. Afinius PolUon , autre Orateur d<r «uelque mérite , fit tout ce qu'il put pour obfcurcir la gloire de Cicéron par H% critiques amèrcs. Altnius Gallus , fils de Pollion , donnoit hautement la prcfcrence i fon père fur l'Orateur Romain. Sénèque le PhiloAsphe , dont le"* ftyle croit fi oppofé â l'clceince noble 8c m.-ijeftueufe de Cicéron , regardoit £1 manière comme lâche , embarralTée , traînante & monotone , Haiiraiit toa- sts par les mêmes nombies. L'Empereut Adiien , qui fe piquoit d'ftre - Orateur & Pocte , pcéfêtoit CaiOn â Cicéron ; fans doute qu'il avoir des raifons perfonneiles , pour porter un pareil iiigemenr. On peut fuî^er de fon ecrût pat ies efforts qu'il fit, pour taire iubltirucr ciaiis les Ecoles, a la ledlure cr Homère y celle <fna cereuni^miEfiuifirej IPocte Grec , contemporain de Platon^ fi ohfciir d.ins fes compofîcions , que fe^ auditeurs l'abandon noient , dès qu'il, commencoit à pulec. Les plus célèbres Ecrivain» doivent fe confoler des cd- tî<jues , louvencinjuftes, que Ton fait de leurs Ouvrages, en voyant que Cicéion Ini-mlne eut pour détrafteurs, des Auteurs qni ne manquoienr pa» ' de mérite , maïs que la jaloude feule portoic à le déprimer autant q u'ils le pouvoient. C'eil ainû que de nos jours les détracteurs des fiolluct , des Corneille , des Boileaa » des Jeaa-Bapôfle RooûBmui» chercJient i anéantir . k gbtre decetgnuid* hoouaes»

MARC VALERE MARTIAL *. Epigramm» imitées àt Martial par Maroe» par Jean de U Geflè» & autres Poecef

François *,

* MARca VAtEttiUS Marti ALTs naquit à Bilbilis , ancienne Ville d'Efpagne , dont on voit aujourd'hui les ruines auprès de Calatayud , en Axcagon.!! écokdel'Oi^de»QievaUer«.Il vbti Rome i i^i^c de vingt-u»

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M A a . M A R

^ns , plût par Ces talent «tx Eflaflereun liée & Domîtien, qui Téleviientaitt

honneurs civils , à la Préture ; le voyant néglige fous Trajan , il fe recira en

Efprîfîne , il mourut âge d'environ foixante-deux ans, l'an de Tefiis-Chrift 1 i i , uu a peu près. Pline le jeune portoit de lui ce j ugame ul . Fuic ingc- m^as t^ûStMU , aeerj & qui plurimàm in fcribendo & faits habcret & fellis, ncque cùndoris m'iriùs. Epift. »i , Lib. III ad Elfevir. Pcrfonne n'a mieux jugé <Utô lui-mcme de fes Ouvrage, lorf^u'il «i dit : Sim bom^ Jiuu quêdam m»- jvocria j funt ma/a plurtu

' L*Abbé At Marolles a dotu^ en profe nn« vedîon l»it hnfipîde dei

.grammes de ^^.lr-i ll. Coftaren aparaphrafc: quelques-unes , anifi en piofe» avec plus de fucccs. En mon particulier, j'en ai choifi quelque loo , que j'ai mifes en vers ^, ne pceoanc que la penfée du Pocte , fans m'attacher à lai lettre, ( M. db la Mommqyi }.

* Elles ont été imprimées dans l'Edition des(Eimes de M. «blâMonnoye »' «de 1770 , i»-4^ a vol.ee | vol. i la Haye, on plntAt i Parit.

MARC VITRUV£ POLLION Architeâure. Voy. Jbah. Gardbt.

' Cet habile AiclùteAe vivoit da Minps <le rEmpeceur AtKofte. L'Abréf^*'

que Jean Gardée, aidé de Dominique Bcrrin , fit, en 1 5^7,06 Virruve , peut avoir fervi d'exemple à Claude Perrault, de faire un Abrégé des dix Livres dii même Auteur , après en avoir donné la i radudion enrière, imprimée, pour tla première fois , en ; pour la féconde , eu i ^^84. Dcfpréaux , qui n'aimoit pas les PerraulrSj a voulu, dans fa dixième Rcflcxion fur Longin, xabaidèr le mérite de cette Traduâiou , qu'un plus redoutable adverfaire » Adrien Aosoat , homme très-habile en Archiie^hire » «wrtanniois de Juin» l Rome » 1^91, menaçoic d'une ibfte critique, qui n'a pourtant point pexib.

f M. DE LA MoNNOYC)

MARCEL DONAT ' Traité deja Vertu de k Racine nouvelle de Mechioacan f &€. Voyez Pibrrb Tout.

'. C'efl un Médecin de Mantoue , qui , en 1 5(^9 , y fit imprimer , ut^j^^, un* Traité de Radke purgante j quam Mechiocan vacant , traduit, l'an 1 571 , par Pierre Tolet , dont nous avons parlé dans les noces fur La Croix du Maine,, au mot PiBHitB ToiBT , Tom. 1 1 , pag. ;)o. Je dirai ici feulemcnc , roachanr cette plante , qu'elle naît dans la Galice - Neuve, Province d;i l'Amcrique Septentrionale, & qu'elle n'a été appelée Mcchoacan , que parce que les peu« 'ples de la Pcoirânce de 'ce nom en ayant reconnu la vertu , en ont ufe tes premiers. Voy. les notes fur la Préfice de Du Verdîet» Tom. 111 «p. xzzvij*»

(M. LA MoNNOYe).

MARC£IXUS FALING£NIUS <. Recueil de phifienn

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M A R M A R is

Difcours tirés du Zodiaque de la vie *; de Marcellas Pallngenius» Médecin du Duc de Ferrare, & traduits en vers François par Scévoit de fainte Marthe.

* J'ai remarqtté fur Baillet > oag. da 4* volotne » Aie. ix S9 > que U

fitre de l'Ouvrage de Palingcne aevoit être ainfî poncluc , MarcclU Paîingcnik Stel/aùj Poëu doâiffim't , Zodlacus v'ut j le nom de S reliât us ne lui eu pas donne par rapporr aux Etoiles du Zodiaque , comme l'a cru Bailler, mais parce qu'il étoïc i la Stellada , dans le voifinaee de Ferrare. On ceconnoîc par les derniers vers de fon neuvième Livre , qu'il travailloit , en 1 5 jo , à fon* Pocme. Les médilances ^u'il y répandit conue Içs Moines , les Pcêcres , & - les Pâpes mêmes , fiirent canfe qu*on dÀena Ibn cadavre , & qu'on le brûla. Poftel , dans fon Livre de Rationibus Spiritûs SmBî 4 au lieu de Paimgenius y écrit roiijoiir'; Pallngene/îus. Comme ce Livre de Poftcl eft rare , <S>' que le jug^uent qu à y porte de Palingène, Ghap. 4 du Liv. 1 de l'Ouviagc , eft omeux , je le rapporterai ici toat au long: De Palingenefio certi pudet dicerey ^uum j'icj;;: Jît omni humanarum rerurn co^^n'ulone tn(îrucl:j[Jtmus yVerum unà Lu~ tretiunij Chrîfium 6' Uaherum videtur velteconjunden & prohare. Ait mundum non itffè homotts eoÊsi faStm » ejfeque in eerorc qui id dicai. Imh efi m maximo fid êontra idajferat, Onpeucencore , touchant Palingène , voir Dtlrio, z. JX/qâifl Mt'g. Quâjl. 1. Mais, une chofe à ne pas omettre , c'efl qa'on a dcpms psu dccouvett que Marcello PaJingenio n'ctoit que l'Anacramme de Pier-Angelo Manfoli j Tâ(i»6te nom de TAueur da Zodiaque dthtvu hioitàme* ( M, OB = SaMonkotb).

- * Ceft 4 M. Facàolati , favani de Padoue , qu''on ék- redevable de la

découverte du vrai nom de Palingène. Il en fit part \ M. Henmann , dans une lettre qu'il lui écrivit, en 1715. ( Voy. Bibliothcque , Fraucoïfe de M. l'Abbé Gcajec, Tom. VII , pag. y\. ) Scévdede Sabce-Marthe avoir rriduic, ou imité plulîeurs morceaux au Pocme de Palingène; & ces F.fTiis parurent dans les Œuvres de Sainte Marthe , publiées, en 1571 , lli empcchètent Jean Avril de coiuinucr de tradiure ce Pocme , & même d ci» pttbdier les deux premiers Livres , qu'il avoir dcjÀ traduits. (Voy. La Croix DU Maisb^Toixi I, pag. 44V ,i l'Airiclc de Jeax Avril , & la note de M. de la Monnoye }. M. de Rivière , Conreilier au Parlement de Rennes » fut i^os Ittrdi , Bc puUîti à ^ris , en i (> 1 9 , ia-9*» en vers François » le Zodiaque de la vie humainey plutôt imité que ttaduitj Se Tes vers ne font guère fupporrables aujourd'hui , malgré I .s grands cloges qu'on leur donna^ quand ils païuient. Enfin M. de laMonnerieen publia une I tadut^èion <ft profe , i la Haye , en 1 7| x , in-**, 8c «ne nouvelle , revue , corrigé'» aagm^ tée de Noies Hijloriques , Critiques ^ Polhiqucs , Morales y & fur autres grandes Sciences , in- ii, 1 vol. Cette Tradudion cil mauvaiie. Au rclk- , les Notes Akbimtques « dent M. de la Mçonetie a enuchi ùl vetfion , peuvrâc rèndce'

i< M A R M A R

£mi Oavtage tncécetfant pour les perlbmiei qui iToecopetti rAlcbimie » 9c ■fim y trouvent 4es atcraiciÉ

MARCHiiBRUSC, Gentilhomme de Poitou, vint habiter en •Proveace avec (k mère , qui étok la plus brave coaftîCânne qui fbt de IcMigtemps en Provence , idiie de la inaifon des Chabbots, ;noble 6l très-andenne race de Poiders , écoic iàvante & la plus lameuiè Poète en langue Provençale « & ès autres - vulgaires j autant qu'on eût pu ddirer: ceooic Cour d'Amour ouverte, en Avignon j oh trouvoîent tous les Poëces, Gentilshommes & Gentilsfemmes du pays , pour ouir les définitions des queflions, & tenfons d*Amours qui y étoient propcfées & envoyées par les Seigneurs & Dames de tmjte^î les marches & contrées de l'cnvi- ron. Celui des Poètes de ce temps, qui pouvoir recouvrer un Chant ou un Sonnet qu'elle eut fait, s'cftimoic trop heureux: elle eut oc leul lils, nommé iVlarchcbru fc , non moinb bon PoëtO que la mere , fut facile & doux en poëfie : a ùit un Traité intitulé De la Natura (P Amour ^ auquel il décrit farfaitemenf tous les abus d*amour , toutes Tes fbroes » (es changemens , les effets incertains , toutes fès imperfeâions , & tons fes biens , & les maux qui en procèdent. Le Monge des Ifles d*Orj tient qua c'eft la mere qui a fait & compofé ce Traité : & que ce Pocts en a fait un aurre intitulé Las Taidas d'Amour. La mere & le fils chantoicnr £v lieu ri(Tôienr en Avignon, du temps que Clément VI du nom. Pape , y prclkioïc , qui fut prefquc du mcme temps que Jchanne première du nom, fille d'un fils du Roi Robert, Roine de Naples , & Comtefïè de Provence , fît étrangler fon mari Andréas, frère de Loys , Roi d'Hongrie , en i'an 1346. Aucuns ont écrit que les Sonnets que Pétrarque fit contre Rome 9 étoient fiùts contre la mere de ce Marchebrufc , qu'il a nommée Koma , fifVfir^ Babyioma , Maiwiffa, Nida dt traS* mcnto , fôtttatta £ doïore , & plufieurs autres paroles fort aigres* Le Monge de Montmajour l'a nommée La Mkurda ^Amor,

MARGU£RIT£ , ti ès-iiluiîre iiouie de Navarre , fceur dtt

très-

Digitizec oogle

MAR MAR 17

trés-Chrétien Roi , François I de ce nom , Dnc^effe d'AIençon, cpoufe en féconde nôcc de très-illuftre Henri d'Aibret, Roi de Navarre; au refte Princeiïè qui a été fou veraincmcnt parfaite en poëfie , do<5^e en philolophie , confommce en l'Écriture . fainte^ jufques à en rendre les plus favans émcrveiliés i a écrit, , / en fa langue, au une doclement ( félon <jue portoir le tempi (/ «nqiieidle vîvoit ) que les Grecs ou les Litins ont en la leoç : manière que touc homme de favoir&bon jugement» qui lira iês (Euvres fims lavoir qui les a faites , ne les jugera être de la «ompoâciofi d'une femme, mais bien plutôt de qiiel(|ue très- ^rave & très-profond Docteur. Car comme elle paflbit touter celles de ion fexe en vivacité d'elprit» 6l avoit , en un corps féminin, un cœur héroïque & viril ; ainfi employoit-elle le temps aux Art? , dignes de foccupation des plus cxcellens hom- mes de fon temps. Ses (Euvres poétiques ont été ramaffées & mifes enfcmble après fon décès , à la diligence de Simon Sylvius, dit de la Haye , fon Valet-de-chambre , q^ii a tait imprimer, en un volume , in-S°. à Lyon, par Jean de lourncs, i$47i fous le titre fuivant : Marguerites de la Marguerite dc$ PrinceC^ ' fes, trèa-illnftre Roine de Navarre.

Ce qui y efi contenu :

te Miroir de PAme péchereflè : Difcord de refprîc icdth chair: Oraifon de TAmc fidèle à fon Seigneur Dieu: autre Oraifon à notre Seigneur Jefus-Chrift : Comédie de la Nativité de Jefus-Chrifl , en laquelle font cntreparîeurs Jofeph , Marie, trois Hôtes , cinq Anges , Dieu , Sophron , Elpifon , Nephale, Bergers , Philctine , CrilUlla , Dorothée, Bergères, Sathan: Comédie de l'Adoration des trois Rois , à Jefus-Chrift ; oh. font introduits, qui entreparlent, Dieu, Philofopliie,TribuIation, Intelligence Divine, UalLhafar, Melchior, G^îp^t, Infpiration, les Serviteurs des Jlois , Hérode , le Hérault d'Hérode, deux Doâeurs: Marie ,.trdis Anges , Dieu. Comédie des Innocens: Comédie du défert : le Triomphe 4e TAgneau ; Complainte

BXMIOTBU FÀAH. To/tt» V, Pp VsKD. Tm> XIX* C

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i S M A îl M A R .

pour un prifonnier: Ghairfbns (piritucUcs : laFable des Satyres & Nymphes de Diane: 4 Epîtres au Roi fon frère: Epkres au Roi de Navarre : les 4 Dames & les 4 Gentilshommes : Comédie font introduits deux filles , deux mariées , la vieille , le vieillard , ôi Jes quatre hommes : Farce de Trop , Prou , Peu , Moins : la Coche : l'Umbre ; la Mort &c Réfurredion d'Amour : Réponfe à la Chanfon Je vous fuppl'u entende^ - moi : Eclogue compofée par très-Chrétienne Princedè Marguerite de France > Roine de Navarre , imprimée hors le volume de les Marguerites , à Paa^ in-^°. par Jean de Vingles , 1 5 5 2 ; les Bergers y iacrodirics ibnc Mlttrikéi; Secunis, premier Beqger, Amariffime Bergère» Agapî, fécond Bei^ ; Paradefis. EUe a écrit aulfi en proie un Livre de Cornes ou Nouvelles , auquel, fe jouant fur les a<îîes de îa vie humaine, elle a laifîe fi belles Indrudions ^ qu'il n^ a celui n'y trouve matière d*érudition : & fi a (félon tout bon jugement) pafTe Boccace^ beaux Difcours qu'elle a faits fur chacun de ces Contes : ainfi que dit Claude Gruget , qui l'a remis en fbn vrai ordre, & Ta fait imprimer à k féconde édition, fous titre te! : l'Heptameron , ou Hiftoire des Amans fortunés, des Nouvelles de irès illuilre Princcflfc Marguerite, Roine de Navarre ; imprimé à Paris , par Gilles Robinot, 1 576 *.

Vc^. La C &01X pu Mai KB, de les notes» aujuoc MxjLGUSKixi M ViitoBs Tdm. II , p^. 84 Se ruiv.

Ln rOraiibn de l'Ame fidèle , qui contient plus de 1500 vers. .

I Sfigii^^ j duquel UJièee font les Qeuxi > Le marchepied j U ttm & ces bas lieux , , Qui en tes iras enclos k firmament ,

Qur cf toufîours nouveau , anû(]uc & vieu:e^ Hien n'cjl cache au regard de us yeux l , *. . Jlu fond du roc tu ifws- iedUunattt, :

Au fend if Fn f£! ton juflc jugement,

Au fond du Ctei ta ma^ejié reluire , X Au fÎMi ^ emr le^eOHven penfemene ,

^ eelui qui te voudrait inflruire ? ' *k

_ P'i>^ fju' un eciair ton œil cjl importable i '. . " ' . ' Plus ^u'un tonnerre eji ta foix effroyable y

M A R M A R

Plus qu'un grand vent ton cfprit nous étonne j Pbis que fmiéte c/? ton coup inévitable ^ Pbu f«r mon ^ tom in (^Mnafantaéle ^ Plus que nul feu ton courroux peine donne ^ Tu penfesj veux & fait , £f fi ordonna Ce te plate ; tuer^ nffkftuttt Efi en ta main , dont l'oeuvre ejl touyom hoUM g Qui ejl le fot qui penfe y r^0tr ?

Plus quun Soleil ^ ton regard eji imjant j Tbtt f « IM beat j<mt «M vifaee efi plaifant , Phi fae rofétoM. cmtr ton efprit doax^ ^*

Et un peu plus bas :

S^neur^ Cmder a voulu entreprendre De ta hauteur fcns & puijfance eruendrt g Et devifer de tes grâces & biens ;

èbûs Ummk befoin premier d'apprmin ^

Que c'ejl de lai dedans foi de/cendre ^

Lors trouveroh qtte s'il ef? , h' cfï Rien.

Rien que peut-U f moindre ejl que jauge ù Jien i

Mtà* fi et Rien au vrai ft cogaoi^tkt

Rkn^ ô toi Toutj &c, - '*

£n rHeptaraeron.

Vumûon, phtsrtgottreufi qtu la mort, (Tan mari mvtrs fa femmç

adultère.

Nouvelle XXXIÎ.

Le Roi Châties Vlli de ce nom envoya en Allemagne an Gentilhomme » nonamé Bernage , Scâgneitr de Cyvré » près d'Amboife , lequel , pour faire bonne diligence , Se avancer Ton chemin , n'épargnoir jour, ne nuici cnforrc quun foir bten tard, arriva au Château d'un Gentilhoinme > il demanda logU , ce qu'à grande peine peut avoir.' Toutefois , quand le Gentilhomme entendit qu'il ctoic (ietviKeni d'un tel Roi, s'«natte a»-devanc de lui, & pria de ne fe mal contenter de la rude0c de fes ^ens ; car , ^ caufe de quelques parens de fa femme , qoi lui vouloient mal , il croit conctaint tenir fa maifon âinfi lètmée «a toit. Ledit Bemage lui dit roecalkm de fa légxàon , en quoi le Gentilhomme s'ofFroit de faire tour fervicc , à lui pofTîbie , au R oi , Ton maî- tre , & le mena dedans fa maifon , il le logea & feftoya honorabiemenfe Et , étant heure de fouper , le Gentilhomme le mena en uno làOe leiidoe de belle tapillèrie j & , amfi que la viande fut apportée fur la taUe « vit fotlif de deraèv la tapiilene une ùmaa», U piiu Mie qail éioit foffiUe de m

WAR

M A R

Sarder y mais avoit la tèce toute tondue * le demeuiant.du corps habillé e noir * i rAllemuide. Après que le GentiÛiomme eut Ia^ avec ledit Ber-

mge, l'on apporta de l'eau i cette Dame, qui lava, & s'en alla feoir ut hom de la table ,:{âns parler à nul> ni nui à elle. Le Seigneur de fiernage la regarda bien £ott , &.lui fembla l'une des plus belles Dames qu'il eut m- mais vue , (înon qa*«lle avoit le viiàge bien- pile,- tcU contmance fort mm. Après qu'elle eut lin {>eu mange, demanda à boire, ce que lui apporta ferviteur de céans , dedans un cmerveiUabie vailTeau , car c'étoit la tête d'un mort , de laquelle les pertui^ cioîent bouchés d'argent , & ainfî but deux oa trois fois la Dan)oircllc. Après au'jellc eue foupé dC lavé les mains , fit une révérence au Seigneur de la maifon, & s'en retourna derrière la capifTerie , iâns parier à perionne. Bernage fut tant ébalii de voir chofe fi étrange, au'il en devint tout crifte 8c peiîfi^LeGennttiomme , qui s'en apperçut , lui die : Je vois bien que vous vous étonnez de ce qu'avez va en cette table ; mais ^ vu l'honnc teré que j'rti rrouvce en vouç , je ne vous veux celer que c'eft , afin

2ue vous ne peniiez qu il y au en inox celle CCUaucc^ iaiis grande octalioiu lette Dame , que vous voyez, eft ma femme, laqjoette |*ât- pins aimée que jamais homme ne pourroir aimer la Tienne , tant que . pour l'époiifer, j'ai •oblié toute crainte, enforce que je l'amenai ici , inalgtc fes parens. Elle aulll ne liiontxoir fitttrdçf.fiçnes Jamour , que j'euilê halârdé dix mille vies , pour la mettre céanii ion aife& au mien » nous avons vécu long-temps cn-td tepos & contentement , que Je me renoi» le plus heureux Gentilhomme de la Chrétienté. Mais , eu un voyage que je fis » mon honneur me contraignoit aUec , die onblk tant w nen , fa conlcîence , & ramoor

?u'elle avoir en moi , qu'elle fut amoureufe d'un jeune Gentilhomme que avois nourri céans, dont, à mon retour, je m'en cuidai appercevoir. Si e(V-c0

3ue l'amour, que lui portois , etoit Û grande , que je ne me pouvois défiée 'elle » fufqu'à ce que l'expérience m'oinrck les jeux , & viflê ce que je ccdk enois plus que la mort. Parquoi l'amour que je lui portois fur convertie en* Ittieur 6C dclefpoir j de forte que je la guenai de fi près , qu'un jour , feignant «Ifer dehoss , |e me cachai en la dminbie o& maintenant eUe demeure , en Liqacllc , bicntôr après mon partement , fe retira , & y fit venir ce Jeune Gentilhomme, lequel je vis entrer avec la privauté, qui n'appartient qu'à moi avoir à elle. Mais, quand je vis qu'il vouioic monter fur le lit auprès d'elle ^ failK dekt>rs , ^ le pris entre les bras , je le nuL Et , pource que h. crime de ma femme me fembla (1 grand, que telle mort n'ctoit fumfante pour la punir , je lui ordonnai une peine , que je penfe qu'elle a j>las dcfa- grcable que la mort: c'eft'de L'enfermer en la chaittbreoù elle fe retiroirpoor p: : ndre fes plus grands délices , & en la compa(;nie de celui qu'elle ainioic «top mieux que moi , auquel lieu j'e lui ai mis dedans une armoire tous le» 0S de fott'ami , pendus , comme une chofe précicurc , en un cabinet j &, afin qu'elle n'en oublie la mémoire, en buvant & mangeant , lui fais fetvir i table CMtt devant nmi,, en liea de coupe « k tête.de ce méchant , i. ce qa'eUe voie

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M A ft

M A R tt

tivanc, celai qa* elle faic Ton mortel ennemi par fa faute» & mort» ^ur i'amouf d'elle , celai daqael die avoir jpiéfêré Tamiciié â la mienne ; & amfi elle voit

à dîner & Toupet les deux chofcs qui plus lui doivent déplaire , l'ennemi vivant , & l'ami morr , &r tout par Ton prrhé. Au riomeiîr.mt , je la traite comme moi , finon qa'clie va lujiduc , car i uiiieinenc des cheveux n'appar- tient il*a<lultl'rc , lté le voile à l'impudique, parquoi s'en va tafce, montrant qu'elle a perdu l'honneur, la chaftetc & pudicitc. S'il . ^ plaît piendre la peine de ia. voir , je vous y mènerai. Ce que fit volontiers Betnag^ , & def- vendireBC en bas , & nonverent qu'elle éccnt en une trèhllèllt chambie, aflUS» tome iènle devant tm feu. Le Gentilhomme tira un rideau qui etoii devant one grande armoire , il vit pendus tous les os d'un homme morr. Bernage avoit grande envie parler i la Dame; mais , de peur du mari , il n'ola. Ce GentiUionfme , qui s'en apperçat loi dit : S'il von» plaît loi dire qnelqutf chofe, voa; vei r jz quelle pliraie parole elle a. Bernage lui dit à rii:^ire , Madame , fi votre patience eft égale au tourment , |e vous eftimc la plus iieiftettre f«mme da monde. La Dame, ayant la larme a l'oeil , avetfune gracer tant humble , qu'il n'étoit poffible deplui, lai dir : Monlîeur , je confeffe ma faute erre fi grande, que tous les maux que le Seigneur de céans [ lequel je ne fuis digne de nommer mari ) me fautoit fiire »ne me font rien , au prix du regret que j'ai de Pàvoit oâènfé j & , en diiknt Cth , prf nt fort à plocer, T e Centilhomnie tira Betnaee pr le bras, & l'emmena. Le lendemain au; macia s'en partir , pour aller hïre I n chnrr^e que le Roi lui avoir donnée. Tou- tefois, difant adieu au Gemiiiiomme, ne le put tenir de lui dire : Monfieur, l'amour que je vous pone , ic l'Iionneut St privante que vous m'avez faite en' vorre maifon , me contraignent vous dire qu'il me femble ( vu la grande' repentance de votre pauvre femme) que. vous lui devez ufer demiféricorde, 9c auiC qtte voui êtes jeune , ôc n'aives niik eu&n» , 8c ferok grand dommage' de perdre une telle maifon que la v6rre. Se que ceax^,qoi ne vous aiment peur-c tre point, en fuflènt héritiers. Le Gentilfiotnme ,qm avoir délibéré de «e parier iamaiità fa femme, penfa longuement au propos que lui tint le Seigneur de Berna^e , 8c enfin connut qu'il lui difoit vérité , Se lui promit que , fi elle pcrfévcroit en cette humilité , ilen autoit quelquefois piric. Atnft" s'en alla fiernc^e faire fa charge. £r, quand il (ut recouiné devers le Roi , fi>n nsaîne y 'iai- 6t tout au long le conte , que Ptinca tvtinva' tel comme' il difoit ; Se , )»nn*àitttes chofes , ayant parlé de la beauté de la Dame, eu-' voya fon Peintre , nommé Jean de Paris , pour lui rapporter au vif cetre Dame , ce qu'il fit, après le confentement de fon mari , lequel , aptes longue pénitence , potlr le defîr qu'il ayOÎt d'avotr enfâlhf , te par la pitié qu'il eut de fa femme , qui , en fi grande humilité , recevoir cette pénireiKè , la reprit avec foi , & en eut depuis beaucoup de beaux enfans. Mes Dames, & routes- celles à qui paxeil cas,, comme à elle , efl advenu , buvotenten tels vaiflèalix, jVniQÔis grand peur que beaucoup découpes dorées fuffcnt converties en têtes ê»viÀtt$é.IXBBin ans ea-TeiâUe garderj car, fi fa bouté ne nous letieiit, il'

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n'y a aacune d'entre vous qoi ne puKTe Ëûce pis j mais , ayant confiance ep loi , il gardera ceHefi qui confeflënc ne fe pouvoir pareUes^mèmes garder. Et

celles, qui fe confient en leurs forces & vertus, font en grand danger d'èrre tentées , jufqu à confelTer leur inârraiié , & vous afTure qu'il s'en font vues plulleurs que l'orgueil a fait trébucher en tel cas,dont l'humilité fauvoit celles

2ue f on eftimoit Tes moins vertaenfes. Et dit le vieil proverbe ^ue ce qiif )ieu garde , eflbien garde. Je trouve , dit Parlamente, cette punition autant caifoanable » qu'il eft polUble j car « xout ainU que l'o^ienfe el1; pice que La «tore , aufli en la pumdon pire que U masu. H fini pas de.vocre opi- nion , dit Emaciîttm , car fatmerois ndeax voir lottce ma vie les os de tou9

U1CS r^Tvirciirs en mon rabincr,que de mourir pour eux, vu qu'il n'y a méfait« ne cuaic qui ne fe puùle amender j mais , aprcs la mort , n'y a point d'amen- demenr. Commente £iuriez-vous amender la honte , dk Longarine ? car vous iavex que , quclt]ue chofe que pulfle faire une femme» après un rel méfait , ne Cuuoit réparer fon honneur. Je vous prie y dit Emarfuitte » dites-moi fi 1^ Madelaitte n a pas plus d'honneur maintenani entre tes hommes, at» fa iW^i ppâ écoit Vierge? Je vous confetTe , dit Longarine , qu'elle e(î louée entre nous de la grande amour qu'elle a portée à Jefus - Chrift , & de fa grande pcnireuce ; mais û lui demeure-t-il le nom de péchereife. Je ne me ioucie , die Emarmine, qod nom les hommes me donnât) mus , que Dieu me pardonne , & mon mari aulîî , il n'y a rien pourquoi je voufiHc mourir. Si cette Damoifelle aimoit fon mari , comme elle devoir ( dît Dagoucin ) je m'ébahis qu'elle ne mouroit de deuil j en regardant les os de celui, â qui i par fon péché, eUeavoit donne la mort. Comment, Dagoudn , dit Simon* tault , êtes-vous encore à favoir que les femmes n'ont amour, ni regrer^ Ouï, dit-il , car jamais je n'ai ofc tenter leur amour, de peur d'en trouver moim que je délire. Vous viveadonc de foi & d'çfpérance, dit Nomee$de? le pluvier du vent , vous êtes bien aifé à nourrir. Je me contente , dit-il , de l'amour que je fens en moi , & de l'efpoir qu'il y a au cœur des Dames ; mais, n je le favois, comme j'efpcre, j aurois fi exrrème contentement , que ;e ne le pourrois porter fans mourir. Gardez-vous bien , dit Guebron , de la ]>efte , car de cette maladie-là je vous affure , &c. Mais je voudrois favoir à qui Ma- demoifelie QifiUe donnera fa voix. la donne , dit-«lle> ^ SimontauU, quel , fe fats bien , n'épargnera perfbnne. Amant vai^r, dit -il, que vont mettiez atfus que je fuis un peu médifant. Si ne latriai- \t â vous monueii que ceux , que l'oji difoic mcdifans , ont dit vérité. Je crois , mes Dame? , que vous actes fi fotces de croire en routes les nouvelles que l'on vous vient conter, quelque apparence qu'elles, pitîflènt avoir de fainieté , fi la preuve; n'y e(l C\ pande, qu'elle ne puiffe être reniife ei) doi|fe^ laHtf - efpèçtk

de miracis , y a bi,;n fouvent des abus, ]

MARGITERITE DE CAMBiS , Veuve (3u Seigneur &

L.iyu u-cd by GoOglc

MAR MAR i|

< dii Sâgneiir Jean George Try^ , la vie que doit tenir une Dame veuve ^ imprimée à Lyon , in-i6. par Guillaume Rovtlle,

- Ëpitre Confolacoire de IVzti» en voyée par Jean Boccace, nu Seigneur Pino de Roili \ imprimée à Lyon » «1-16. par GuU- lanmeAoviUe, 1^5^.

MARIE Iffi'CLEVES L'Onifon Remontrance de liaute âc puiflànte DgQie Marie de Cleves , fœur de trè$.haut & puî0anc Seigneur le Duc de Cleves & de Gueldres , faite au Roi d*Angleterre & à Ton Confcil , traduite en François; impri-

- mée à laRivour , par Nicole Paris ^ Imprimeur de Meffire 'Jean de Luxembourg.

' €lle étoic fiUe de Clèves , Dnc de Ncfen» mort Vwa 1 5^ x , ftmtne

de H?nri de Bourbon , premier du nom , Prince de Condé» mocc Vm Ijtt*

Elle mouriu l'an 1 586 *, (M. de ia Monnoye).

* M. de la Monnoye fe trompe fur quelques dares. François de Cleves, père de Marie , mourut le 1 5 Février i 5 dTi. Marie de Clèves , fa fille , mariée t au Prince de Condé , au mois de Juillet 1 571 , mourut en couches A Paris , . le $0 Odobre i^^. le Prince de Condé KGinarta^le Mars i)8tf «à

Chariotte-Catherme ae la TremoiUe.

* MARIE DE FRANCE , fiit une Trouvcrre , laquelle ne portoit ce furnom , pource qu'elle fîk du fang- des Rois^ mais- (poAU^e qu'eUe ecotrn^ive de France,, atailqu'ieikjdic"

j4u finement de cet écrit j ' '

i\ '* " Me nommerai par rem€mbran0 ^

Maait €& Mti^ ifi fii* àt Fraxct»

Ette mît en vers François les Fables d'Efope, moraOrées , qu'elle .dit avoir tsaiiflatées d'Anglois en François.

" ; ' vPor l'amour m Comte Guillaume ,

■.. * Voy. La Croix dv Mainb , au mîme Artide , Tom. H , pag. f 9. ^

MARIE DEROMIEU, fœur de Jaques de Romieu, ci-deViRC '^lîonimé.iLes premières (Ëuvres poétiques deMar.ie deRomieude •Vi¥areB,;ieil<|ueljcis.fe voit ôpDi&ottrs^ <}ue reycellenoe de k

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femme furpalTe celle de l'homme * : ce qui lui fera accordé^ im- primées à Paris , in-ii. par Lucas Breyer , 1 5 8 1 .

Marie de Romieu, Demoirelle d'une famille noble du Vivarès,. voulait prouver, daus foa liruj Di/coiLn , en vers , que l'excetltnee <U Ifif^tmc Jâ/^ jpajfe celle de l'homme, qu'elle prouve , i". par la modeftie , k candeur , la bonne f n , cloiiceur , quelle prctcnd être le partagç des femmes \ i^. p.ir

dans lefquels ellej ont furpali'c les Héros les plus cciebres ; 5". par les exemples tirés de THiftoiie Sacré© & Pfofime. Elle adr«fl« ce peoc Pocme â (bn ftère , JapqvSS de Romieo , en réponfe i une Satire contre les femmes , qu'il avoir envoyée de Paris dms le Vivarès. Il le fit imprimer , j& y joignit quelques autres pièces de la tai,oii. U annonçoir encore d'autret . Ptoëhes de fa laitr.qui n'ont point vu le jour. Voy.Lx Croix dw Mainç, àl'Article de Marie de Romieu ,Tom. II, pag, 8^, & la Biblioth. Pl»iii|. 4e M. l'Abbe Goujet , Tom. XITI , pag. 2.71.

M ARIE DE STUART. La Harangue de très-iîîuftre Pria- «flè Marie de Stuart, Roine d'EfcolTc , Douairière de France, par elle faire, & prononcée en l'Aficmblée des États de foa ' Royaume, tenus au mois de Mai 1 5 (^3 i imprimée à Reims, par Jean de Foigny. Méditation faite par la Roinc d'£(coflê. Douairière de France , recueillie d'un Livre des Confolations Divines , compofé en Latin par l'Lvcque de Rolïè, & miiè «1 . rime Françoife i imprimée à Paris , avec ledit LÎTO des CopTo- . Utions» par Pierre rHuillier» 1374 *•

Voy. La Gkoix pu Maine , & les aotes , aa mtm* Afticfe* Tom. H#

MARIN BARLEt. * Voyez aux Hanuigués MiKtaîrcs â» Bdleforeft & uiffi rHiftoire Caf^iot , die Sçanderbeg» tt^ imtt de Iba-Lsdn»

n écoicdeScatari ( Seodrenjîs ). Il compofa en l«tSn l'HiftoiiSe dttSîé^ de cette Ville , imprimée , en 1 5 04 , à Veuife , //j-4*- ^ ^ ^^^^ , en 1 5 5 5. U écrivit auflî , en la même langue ^Iz Fiede Scanderherg , qui parut à Stias-

avec un autre Auteur , Marin Bectçhemus , qui étoit aulli de Scutan , flC

[ai fax Piof^llèiir d'Eloquence à Biefle , ven le fetûème ficclc. ( Voyex U»tMn^iêid,tcFâkie.mUiMk, b^ L^ La ^^</<;

Scandcrbcrg

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.Scandcrbtrgff$t Bariet . a été piuâeiictfou tuduin én Fxançois. Voj. La •C&oix w Mains , ^ 1m nott», â l'Arod» Jaoqom Lataemm , Tom. I.

MARIN LE FËVRE a rraduh du Lada de Ffiilippes BeiSuH •ion , Doâetir cq Médécîne ^ Traité en 5icme de Dialogue des merveilleux Efllecs de deux admirables fentaineSj en Itiforeft d'Ardenne, & le moyen d'en ufer, en plufieurs maladies; tmpn* à Paris » ia*S^. par Pierre CaveUac » i ^77.

#yoy. La Cao» no Maimi* an mtme Ârnck, Tom. II, fi^s\*

MARIUS EQUICOLA \ Voyez Michel Roté, Gabiuïe Chapuis.

» 11 s'eft appelé , en luUen , Mario Equkola d'Jlveto , parce qu'il ctoic d'Alveto, ou Alvieo, Bourg de l'Abcime, pays qu'il croyoic faufTcmcju èuf celui des j>eujples nommés anclennemenr jEqukoiL Lcandre Albert s eft par- 11 trompe , le faisant naître dans la Campagne de Rome» U, n'y a nul Bourg d'Alvetû, Le Baudet pede fowrent'de Jwh «rec éloge , le nommanc Précepteur & Secrétaire de Madarrtt la Marqmfe de Mantoue , IfabeÙe d'FJf, Epoufe de François de G on\ague , fécond du nom. Jule Scali^cr lui adrelTa , ea 1 j 17, une Elégie , contenue dans la partie de fes Pocfies , mtttulée Lacryme* Voy dans le Toppi ( Bibliotk. Na^mt, ) le Catalogue des Œuvres d'Equi-* cola, parmi lefquellc" n'eft point rapportce l'ApoIogîe Latine qu'il a faite de la Nation FrançoUe. Son Ouvrage le plus connu eft celui dx Natura JtAmore, que , dans l'E^ître Dédictroire i la Marauifr de Gonzague> il die avoir premièrement écrit en Latin. Equtcola n'en pas mort ayant 15x41 puîffjue treizième Lettre An Liv. VIll de celles de CeiioCalcnî^nini lut eft adteiicc , en date du lo Janvier 15^4. Voy. ii» iyicuioucs de Nicerotti^ Tom. XLI.,(M. »• LA MpijiifOYB).

MARSILE FICIN , Philofopfae, Médecin & ThéoIû|^cii crés-excetleot *. De la triple Vie , &c. Voyet Jeak Bs ao-tils / Guy is FsvEE. De la Religion Chrétienne, &c. chapitres trente-huic y traduits par Gu^ le Fevre. Commeataire iUr le banquet de Platon , craduit par Sy mon Sy Ivitts»

^Cec Anteur , Médecin, V^âxtt 8c Onnûînc do Florence» naquit dans cette Ville, le 19 Oûobre i4î3- ^"^ grand Plnronicien , qui , au ju- gement de Cafaubon, a mieux entendu Platon , auc n'a t^n Jean de Serres», maisilfattaduitdanslinftyle défagréable. C'eft lans doute pourquoi Ma«a MufoniJ , ami dp Mardle Ficin , qu'il avoir confulrè foi la Tcadnâioo «

BiBuoT. Fràii. Tom K Du Yx&d. Tom ///. D

,i< MAR nw./fn

*'aa lieu «Je liii réponc^ru , verû far îa premicre page un cornet plein d'encre. « procédé «ng^ea , 4it-on, Mai (ile à lecommencer Soa Ouvcage , & à lo

taire îmjnritner teiqae nous Tavoni. H eft, ^t'O», plus extSt pour le (êiu ,

mais moins élégant que de Serres. MarCle Ficin , en qualité de Médecin , avoir tant d'arrenrion pour fa fanté , qu'il changeoit de calottes pUifîeurs fois < par heure ; mais ni ces précautions , ni k confiance qu'il avoir a i'Aftrologie j Ju^feiaîre , ne poufserent pas bien join./àef rtiènli )1 jBoorot 1 noaiicm de

campagne de Carregio , en 1499 » âgé de leiMaiice'fiz.ans..— Voy. lés Méip.

de Niceron , Tom. V.

j4u trenU'cinçuièiw chapitre duLivn.de hBMigion Çkràkimu

[ Plufieurs chofes confirment la doétrin^ de Clirift, premièrement les pré- •Hiâions des^Sybilles èc des Prophètes , puis aprè^ la fainteré & le? miracles de Chrift & des Chrétiens , & pac-delTus encore cette mecveilleufe profondeur ^ m^jçfté, excédante tou» commune façon de dire laauelleeft reconnue en leur ftyle, combien qu'aucuns au précédent fulTênt pcichcurs rudes ^' gref- fiers , comme S. Pierre , S. Jaques» & S. Jean. Et , alin que je me ta«fe de S. Paul , lequel , combien <|n*avafit fa converfion , il fiir hoinme nrès-doéte , toutefois depuis , en fes Epures , il s'clcve de beaucoup par-dcffus l'homme.

FSa*eft-il rien plus mi-îji'îcjue & auguftc que les Epîtres de S. Pierre? Quoi usvé^nérablc que l Ë^itre de S. Jaques & de S. Jude? Que dirons-nous de Apocâlypfe de S, Jean, lequel Livre nous rapporte & ref^réfente li| fiice du Ciel, & contient autant de Sacremens & Myftcres, que de paroles. Qu'eft- ce quede fes Epkres, auxquelles j fans aucuns mots fardés, on ^oùte une «onceiir m'Ûaiee , & «n tSm coat divin ? Quant à fon Evangile , il femble avoir été écrit des mains de Dieu, non pas d'un homme. Et Amélie Plato- nique le lifant , jura , par Jupiter, que cet homme barbare , c'cft-à-dire , Juif, «voit brièvement compris tout ce que Platon & HéracUre avoient difputé de la faiTon divine, du principe & difoofition des chofes. Simpfieian récite qu'il a oui dire i un Platonique , c^ue le commencement & préface de l'Evangile oiceiui devoir fnr-cout être écrit aux frontifpices des Temples, en lettres qçteet. En iimrajè telle a été la yie de tous , quelle a ccc leur parole. Car , tout ainfi qu'en converiktion , ibont été très-débonnaires , aux dangers & aux labeurs très forts & rrès-conftans , aufTi ont-ils ctc en pirlcr hummes, & ^femble très-hauts. Telles alliances & coniondbons font eftimces des Phib- frphes furpaflèr la natofe. Ainfi donc Chnft , leur m^tie, ainii qu'il avoir promis , a rendu ces pefcheurs ruftiques, pefcheurs excellens des hommes. Et, ce qui eft admirable, après qu'il fut monté an Ciel , de rades ^ p;rnfr!ers

3tt us éM&ieRt , par une ioudaine infpiration venant du Ciel, li les enicigna 'une celle merveille,qaefoodaiii, devant tout le peuple, ils étoient faconds & favans en routes langues 9c routes dodrines. Ce qui eft évidemment dé- montré , parce qu'eux - mêmes ont enfêigné plufîeurs faommes doâes , 6c idoutan exceHena en fapienee , bot libienem toumii U cdl ddTodt leur joug

M A R M A R 17

fliénchée , Denis Aiéopagtte , 6c Juftin, PUtCMiimies (defquBls les éoiu ibnc innplb de toute fapience ) ont foutena la croix de Ciirift enlêadile avec les

AiwCies. Davantage Pantene Stoïque , Quadrat , Agrippe , Ariftide 'y Luc dC Marc , Philofophes ; Tenas Se Apollo , très-dodes en la loi Judaïque. Que dirai-je du fag^e Ignace, difciple ae Chhft , & Ëvcque d'Antioche , lec^ucl » eomme il écoit lté & détenn, Sr<ia*oa lemeneit âRooM, pour hxc devocéi

des bêtes , écrivit fur le chemin plufieurs Epîtres du Marryre de la Doc-

voré des bêtes. Cependant étant lié jour Se nuit , je bataille avec dix Léo- pards , c eft-i-dice , avec dix Gendarmes ,^ui me gardent ^auxquels , d'aucanc plus que ie fais de bien «ils en letit pires. Or leur uUquicé me leîct de doâna» Se d'érudition j mab pourtant je ne fuis pas juftine i ma volonté , que je puilîe jouir dcsb&tes qui me font préparées, lefquelles ie prie qu'elles loient

SroiTiptes Se foudaines i ma mort , & que je les puilfe ailccher à me manger , e peur que j'ai qu'elles n'cHeai tommu mon corps » ainfi que des autret Martyrs ; que fi elles ne veulent venir , je leur ferai for«e , afin que je foi» dévote. Pardonnez-moi, mes enâmsj je fais ce qui m'eft profiuble. Je cont- inence mainteBanc d^oe difôple. n avieane que je defire aucune ciiofè de ce qu'on voit » ni de ce qu'on ne voit point, afin que je trouve Jefus-Chrift. Le feu , la croix , les bctes , le brifement des os , la divifion des membres, la moulure & le broyemeni de tout le corps , tous les tourmens inventés par l'art du Diable, viennent fimdie fur moi, routvu que je jouiffe de Jelus- Chrift. Voilà qu'il dit. Et comme il étoit ja condamné d'être Jeté , & qu'il oyoit les Uons rug^ans , d'une ardeur qu'il avoit de fournir , il dit : Je Mcd moula par les dentt des lions , afin que je devienne nn mi» net 6e monde. Plotycarpe , auflî Evoque de Smyrne , compagnon de S; Jean l'Evari' gélifte , ^nd Dodeur d'Afie , étant prié par le Juge de dénier Jefus , ré- pondit qu il ne pourroit renier celui auquel il avoit ja heureufement fervi par Imitante & fix ans. Parsinfi itua tout embrafé de Pamour de Jefus-Chrift , il endura fort aifément les flammes du feu , Se 1,< mort. Voilà que les Smyrnéens écrivirent de lui aux Eglifes de Pont. Et Juftin le Platonique , auditeur des Apôtres , au Livre que , pour la défenfe de notre reiieion , il piélênta ans Juges Romains , après qu'il a fait le dénombremear de pbifiem eacellens Martyrs, prophétife qu'il feroit auflî confumé par martyre , par les embûches d'un certam Crefcent , Cynique , ou plutôt méchant , difant ainfi : Et moi suffi j'efpére que je fonftitai embftdies de quelqu'un de ceux auxqoeb dout la vérité , je rclîfte. J'elpére , dis-je , que je ferai frappé d'un bâton, ou a une roaifue , voire ^ & ne fuft-ce que de Crefcent , non amateur de fageife , mais de vabe pompe. Ce qui advint ainû , & Juftin l'endura autant magnanime- ment, comme il l'avoit prévu manifeftcment. Même S. Jean l'Evangélifte tmàx préva Oc prédis en la fin de iôn Evangile , qu'encore ^'il endurât des

Dij

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tourmens extrêmes , il ne pourroît être mrs i mort. Uavou aaffi très-évidem- ment prédir en rApocsIvpfe , entre les autres c^Umirés des Chrétiens, celle qui aclvint ious i Lmpcieur Valcrian , tle laquelle Denis , Evcquc d'Alexan- drie , Martyr de ce temps-li , a dit : Il :i cte révélé àS. Jean de dire , & il lui a été donné une bouche parlxnre cKofes grandes & blafphêmes , & lui a été donnée puiilànce par l'elpace de (juatame -deux mois Se l'un de tmtat eft accompli en V^rian. Voâlii qae die S. Denis; Mais îPamvenoit , avant les antres Martyrs ^ de faire ratncîon de Simon , coufin germain de- TeAis-Chr^ft , lequel, aptes lortgs rourmenç , fonffrit aufîl volontiers la croix , crant ja parvenu à l'âge de cent-vingt ans. Mais vuiti une gtauJe ttoupe- d'hommes excellent en toute doârine , qui fe préfentent devant moi y favoir , Tiniorhce , Tite , Clément Romain , Barnabe , Jean le Preftre , Ariilion , Softhene^ Sylvain , Soûpatre , Detnophile» Dorothée, Philemon» Androniquc , Vrbaîn , Ludé, Jalbn , Ténias CfêTcent, Linus , Cletus, Paul Sergic , Proconful de Gypte y S^las j Demas ; Egéûpe , Juif j Ctifpe» Epaphias , Marcie, Ariftarque, Epaphrodite , Tychique , Onefime , Evodie, Papias , Hermas , Juftus Gaïus , & Melliie , Phiiofopûe d'AHe , qui compo&' an liTtepourChrift, préfentéiMarc Antonb le véritable , & plufieun an- cres homme? très-fages , difciples des Apôtres , lefqueh regatdoicnr en affu- xance la croix l'un de l'autre , 6c incontinent chacun fans crainte, atiendoit la lîenne , & la f«utenoit invaincu. Plufîeurs autres fages ont Imité ceux-ci » comme Théophile, Denis, Penitée de Crète , Taciaa, Philippe, MuHan^ Modefte , Philofophe ; fiardafenes , Syrien , Dialeéliden & Mathémati- cien y Apollinaire , Philofophe : ces deux derniers prcfentcrenc des Livres pour notre religion ; Viâor, kenée» Rbodon , Clemettr Alexandrin, Mil- ciade trcs-dcufte , qai pour la religion Chrétienne prcfenra un Livre à Mire Antoniu Commode j ApoUonie , Philofophe , Sénateur de la Ville de Rome & Martrr de Chrift , qui compofà on Livre très-exceUent , préfenté à Com- mode Sévère, pour lui rendre raifon de fa foi. ApoUonie , Abel , Cerapion^: Bachile, Polycrate, Heraclite, Maxime, Candide, Appion. Sexrus, Aravian, NaidlTe , Judas « 'TertuUun une fontaine de doârine , qui Boriffoit fous Sc- vèfo ,.Em|iefenr, êc tpû s'écria ainfi contre les loges *. Nottadifons , Se le- difons publiquement , d< combien que nous foyons dcchircs 3c enfanglantés par vos tourmens , li ne laiffons-nous de crier à haute voix :.Nous adorons lEHeu par Jefus-Chrift. Eftimez , tant que vous voudrez , cn^ c'eft un homme^ ïam y a que Oiea veut en lui & par lui être connu Se aaorc. Nous rendom^ grâces i vos fentences &c arrcts^ quand nous fommes condamnes de vous y nous fbmraes abfous de Dieu. Ammonie Alexandrini, noble Platonique ^ Léonide'lé Sage , père d'Origène ^ Origèné lui-même , homme entre toU» admirable en dodbine & en vie , lequel Porphyre prcfcre poiu" fa doctrine à tous les plus favans de fon Hècle, lequel en huit volumes a confiitc Les difpu- tes de Celfe Lpicuiieu, à l'enconire des Chrétiens , Ôc autant écrit de Livres- de. la BUlo&phie Chiciienne» qu'à peine «n-Bofiune en un fisct long âge Jet»

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foiuroit lire. Icelui ( comme tcciie £iucbe) (oûffùt pour la gloire de Cisiii> de» («urmeiu (bavent répétés 8c iiioeiiiiu»i tous les fîèdei. De loi furent difciples très-iUaftres , Plotuqiiei Hétadid»» Héros > & les deux Serenes, qui pour Chrift rernrcnr la cooronne de martyre. Puis Triphon &: Ambroife , difciples d Ongcne y Minuce , Gaius, Buiillc , Uippolice , Alexandre, Jules, African Gcmin , Théodore , CorneiUe ;,Cyprian d Afrique , Marryr , & crès^ excellent en fapience Se en éloquence Ponce , difciple de Cvprian , Denys, Novadan» Marion , Archelas , Anacolie ^ Alexandrin, Plaiofophe fignalé -y Viâorin,.PamphUe , Iviartyr très'fnffifanc, 8e fon diTdple Eiucbe de Cci^- Ece y femblaUe au maître 'y Phieric , Lucian , Phileas , Amobe , Laftuice r Rerhnique j McrhoiJie , infigne Philofophe , lequel en un excellent voluno a confuté le» Hilputations & argumeus de Porphire contre nous j Juvence^ Euftache , Marcel , le grand Adttnaiê , Antonin, Bafile, Théodore, Eusèbe, Emisène , Triphile, Lucifer, l'autre Euscbe, Sardus , Acace , Sempion , le grand Hilaiie , Victorin , Titu», Damafe , Apollinaire ^ Grégoire fiétique , yacian, Phébadie , Didyme Al«undrin , homme divin , & AnobroiTe Alexan- drin Ton auditeur^ Optât Millevitain d'Afrique, Achilie, Cyrille , Cuzonis» Epiphane , Ephrem Syrien, le grand BaHle i5<: Grégoire fon frère -, Grégoire Nazianzène , furnommé le Théologien. Ceilui repond fubtilement 6c copieu' lèmentaux mveâivesde Jolian l'Empereur à l'eDcoime des Chrétiens ; Uio' dore, Amhroifc , le grand Evagre , Pnilorophe , Maxime , Jean ChiyfoRonie, Gel.ife , Tliéotime Dexter , Amphiloche , Sophronie , & autres hommes prcfquc innombrables , excellêns en doftrine , lefquels en partie devant Julian,' Empereur , & en paim lai régnant encre lés glaives & te feu de plume , de langue , de vie Se de mort , ont défendu la gloire de Chti(l, dont ils ont été appelés Martyrs , comme témoins de la sloure Chrétienne. S. Hiérofme me& •o nombre de ces premiers Chrédens Jolcphe , Sénique 8c Philon. Se nime ièptante & deux hcréfîes d'hommes fiibtils , introduites it. continent après le fommencement de cette religion , fourgeonnantes en partie par l'orgueil des hommes , 8c en jjartie par l'aftuce des Ùçmons. Or maintenant, fi je voulois enoombrer les Hiérofmes, Ambroifes , Auguftins , Cra^uKes , 3c autres per- sonnages innombrables, très excellêns en doârine, Grecs, Barbares & Latins, lefquels , depuis Julien l'ApolUt , écrivant fubcilement & ornémenc , ont travaillé focr loi^-iemps pour la gloire de Chrift, h. «omputacion d'Arichmé- tique me défaudroit. Pour le moins la loi Chrétienne elt d'autant plus cxcel- ienie que les aun es , comme il y a eu toujours de plus en plus plulîeurs dodes» éloquents Ôc iamcs perfonnages qui 1 ont enfuivie. Se plus qtie de ceux qui ent reçu les autres. Si des Dialediâcns , des Orateon^on des Poctes , avoieni ieté les premiers fondemens de cette religion ,.nous aurions fufpicion que la populace eût été déceue par lafinellê des hommes. Si tous les doâcs l'avoienc KHiionis rcjetce , i l'aventure nous jugerions qu*on ta devroic conterones. Si les Princes , ou du commencement, ôu peu après, avoient du tout porté hmuu i cette toi» nous pmferioiis (comme oiMisetttmoiis d'aucunes celigiou»)

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que !es plus foibles aurolent été contraints par les plus forts , &: que depuis le« fucceflèurs ( comme il advient ) auroient fucé cette loi enfemSle avec le lait de leur mère. Donc la divine providence a voulu que la (Impie vérité de fa religion ait pris fa première origine d'hommes rudes & fimples , Se que les plus doil-cî &: les plus fins aient érc priî p^ir les plus fimples & grofîîers. Il a permis davantage que ia religion ait été impuenâ > par plus de trou cens ans, par les plus pvifiàns de toutes les nations , «fin que le nombre fôt plus grand des témoins doâ;es& nonreptochableStSc que l'autorité du fait fut plus vraie> plus certaine &: pins ferme ; car en la proipérirc il efl bien aifr de î^irder fa ni , mais malade en 1 adverlltc. Ec , pour laiilef la nos Hiltoircs , Corneille Tacite témoigne que les Chrétiens ont été tourmentés de tourmens «echetw chcs 5: non commun*;. Mais il a blîinc les Chrétiens, pour flatter (comme je crois) ceux de fon liècie , lequel même eft démontre par Tenulian avoir snenâ en fcm Hiftoire , parce qu'il a & que les' Juifs adoroieM h ito (Ton Ine , & parce qu'il a écrit en la mcme HiAoîie que Pompée i^aiir regardé let pins fecrers myftères des Juifs , n'y trouva aucun fimulacnre. Donques par un leul menfonge apprenez les autres. Il y a davantage (comme rémoigne Ircnce) oue non pour autre catife ibordit lors fulpidon des nfttres» comme s'ils euHênc été hommes irreli.;ieux 8c impur5 , que pour la vie du tout inceftueufe 8c exécrable d'aucuns Hcictiques , & principalement des Gnoftiques. Mab l'ii}- famiene dura pas long-temps, depuis que la vérité commença de décou- vrir. Lttdan , Auteur Gentil de Payen ^ Te moquant d'un certsin Pèlerin Stoïque » & (comme lui-m&me le décrit ) Chrétien illégitime, comme d'ua vanteui homme de piafie , dit : en outre ceiVui-ci apprit l'admitaUe «eace des Chrétiens de lents Prêtres 9e Doéleurs, lefquels adorant ce grand hnn\nic attaché en croix en Palcdine , mcprifent toutes autres religions. Or , fonr-ils liés ôc unis entre eux d'une fraternelle charité ? ils efpéccnt qu'ils feront érernels, & les miférables étant menés de cette efpérance, conteia- nent cette vie & les biens d'icelle, 6c par chacun jour fe foumettent de leof bon gré à la. mort violente. Voili que dit Lucian, lequel eft démenti par Aule-Gelle , familier du Pélénn , & témoigne qu'il a écrit ce menfonge en ludne d'icelni Pélettn; car il montre que ce Pèlerin étmr tm homme grave 8e confiant , & qu'il étoit vrai Philofophe. Pline fécond, en l'Epître écrite i Trajan , fe complaint que les roiirbeç des Chrétiens étoient mifes à mort , encore qu'ils ne hilent nen contre la loi des Romams, fmon qu'ils chantoient des Hymnes avant le jour à Chrift , un certain Dieu. Mais , quant i conférer leur dod^rinc, i'-; défendent les homicides, larcins, adultères, brigandages & tels autres femblables forfaits. Et Trajan lui écrivit qu'il ne ^loit pomc Techercher les Chrétiens ; mais , s'ils étoient préfentés , qu'il les fidloit punir. La (êntence duquel Tertulian confutoit en cette forte : O fentençe confufe par ncceflitc ! 11 dénie qu'il les faille rechercher comme înnocen»; , Se com- mande de les punir comme coupables ; il pardonne oc uie de cruauté , )1 diffimule 9e panit. Pow^uoi le nrompe^-tu par n proprt çtutun i Si m

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coodamoes , pourcjuoi au/Ti n'en ^-ta faire enqu&ce ? Si m n'en fais faire enquête , pourquoi aufli n'abfous'ta ? 11 confate euffi très-fubcilement un bruit vain , qui s'étoit clevc à l'cncontre dos Chréciens & de leurs moeurs , & montre qu'on a procédé à l' encontre d'iceuz , non pour aucun crime , mais feulement pour le nom de la feâe. Et Serene Grauic ( comme nous «vous dit ailleurs ) s'eft en pareil complaint en TEpître envoyée i Adcian. Dont Adrinn écrivit à Minucc Fundan, Proconful d'Afie, qu'il ne permît pas ue les Chtctiens, hommes ionocens > fullènc troublés, ni qu'on concédât Unâ otomnkietin foccalwn de les piller. Notre Eusâie a rédcé tour au long l'Epîtred'Adrian. MelUie, Evique de Sarde , écrivit un Livre pour notre religion à l'Empereur Antonin le vcrirahie, auquel il recite l'Edir ê Anroninà ceux d'Alîe, les rcpicuanult-i-ctju'iU tioublcntle fervice ùiviiitiu Uieuimmor- tti,que les Chrétiens adorent,perrécurant les Chrétiens jufqu'â la mort. Il ajoute aiim^me Edit que plufieurs Juges des Provinces en nvoienr i idls ^crità fonpcre, & plulieurs eocorelui en avoieniécnc tout de nouveau, en iomme qu'il ordon- Mit ce que fon père même avoie ordonné. Ceft à favoir qnlt veut & entend ou ancun ne pe rfccute les C3icécietis,poitrce Ibnl seTpeâ qu'ils font Chrétiens» n d'aventure ils ne font convaincus d'avoirentrcpris quelque chofe âl'encontre de l'Etat Romain. J'cftmie qu'Antonincraignou Jclus-Cnrift , pour ceque fon . firère Aurelle a écrit , que , comme fon armée fiu en danger de rnoniir de ibif entre les Allemands , par les prières d'aucuns foldats Chrétiens, il impétra toac ibudain de Dieu , contre l'elpoir de tous , des pluies en grande abondance , par lefqoelles fîit étanchée la foif des fiens, & par l'impétuofité des fbadres , les ennemis mis en fuite. Et pour le miracle d'un fàac tant (ignalé , ayant changé le nom de cette légion, il la nomma la Foudroyante. Voilà au'Apol- linaire & Tertulian ont écrie. Tertulian ajoute qu il y a des Epîtres de Marc, Eropefenr , |iar lefqaelles cette Htftoire eft plus ouvertement hgnifiée. Eusébe .ijo ir: que ce miracle a mcme été rapponé par les Hiftorlens des Gentils, mais qu'Us ont oublié à dire que cela avoir été fait par les prières des Chrétiens. Donc la calamité des Chréciens avenoit ou du populace ignorant , ou des Princes fans religion , defquels Néron fiit le Prince. Suétone écrit que les. Chrétiens furent affligés par Néron, pour ce tant feulenient qu'ils introdui- ibient une religion nouvelle , & , comme luHnême dit , maléfique , c'elVà- dire , Mi^ienne; car plufleurs , voyant les mûacles , attribuoient aux Dé- mons ce qui étoit de Dieu. Mais la vérité Se bonté inHnie déclara fa vérité par les menfons^es de fes propres ennemi»; , S: convertir en biens les maux des hommes. Elle permet auili juiqu'a ia iin du monde que l'Eglife de fes Saints foit agitée des Hérétiques , on de l'es ennemis. Dieu ne contraint point les hommes à falut , que dès le commencement il a créés libres , mais par continuelles infpiracions il y allèche chacun. Que û quelques* uns s'appro- client de lui , ît les endurcit aux labeurs , il les exeree par advetfités ; êc tout aind que l'or eft éprouvé au feu , ainft il éprouve l'ame par la difficulté , la^ quelle, fi elle perfivcre jufqu'A li fin , comme l'or dans lefêaftaioiifinaîble- meac elle rerpUauiia heureufemeut ài divine imnièie. ^ ^

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jéu chapitre trente-feptiemc il montre li caufc de Vtrmir " dts Juifs ^ des Mahumetans & Gentils,

On demande donc qai eft U caufe qui retient encore plufieurs Jui/s en leur infidélité ? Nous répondons quec'eft la divine profondeur des Myftèreç Pnv phéciques & Chrétiens , laquelle, pour erre divine , ne peut être pénétrée par numaine intelligence. C'eft aa(Q le nacueel des Jtàh mercenaires 8c aàitst^ bies du roLir 2;roffier Se obftiné , &" l'avarice tant de garder ce qu'ils ont, que d'acquérir par une ufure infatiable l'amour naturel des ieurs, éc la haine en- tacinée Qvils portent aux Chrétiens. £c qui eft-ce qui depuis S> Gréeoixe « tiré plu&urs Berbates ea Héréfie ? b cvèt^dilEcfle incerprénuioa des Lettres iaintes & divines ; !a race des Barbares par trop ignorante ; la main violente . de Muhamed , Roi des Arabes * & les loix de fept Rois qui , de l'a kmille , lui ont {îiocédé par ordre. A q uoi on peut i^onter nne trop libceltcenoe. Mm oii'efl ce qui jatiis a détourné les Genrils de la vraie religion des Hébreux ? Certainement ce ont été les commandemens des Princes ambitieux, le iiède MU doâe , la licence effrénée, & la fiUace des malins Démons ont augmenté l'erreur , puis après les Uandices & flatteries des Poëies. Or , la raçon da

i)ays , & la longue coutume rerient facilement tous hommes en erreur ; mais a coutume & f uTance ne peur dcrenir en erreur les Chrétiens légirimes » qui dès le commenoenènt ont reçu une religion éloignée de toute crrenr. Or, n*eft-il pas de befoin que , par une longue difpute , Je conferme ce que Chrilt & fes difciplcs ont propofé à croire , i efpcrer & i faire. Car telles chofesont alïèz de vérité Se d'autorité , pai^e que nous avons ji prouvé qu'elles procè- dent de la vérité divine. Nous amènerons done une ttès-gesade ceifon des i/i'l-nuions & promefTes Chrétiennes , qunnd nous dirons, i la mode des Pythagoriens,Il l'a dit. Et aurons fouvenance qu'il ne nous iaut pas troubler, 6 nous en (bmmes moins capables; car j'ellime quec^eft on très-grand (îene de leur divinité; car C\ notre entendement les comprend du tout, elles font moindres que Pentendemenr; que Ci elles font telfe? , elles ne peuvent être divines ; car , fi elles font divines , elles excédent toute capacité d'humaine penfée. La foi ( comme veut Ariftote) eft le fondement de fcienee. Par la feule foi , comme prouvent les Platoniques , nous avons accc5 A Dieu. J'ai cru, dit David, & pour cela j'ai parlé. Nous donc croyant & nous approchant de U fontaine de véricé ^boûcé, nous y puUèiOBS oçe Vie ttè$-f9ge Se bien^ beureofe. ]

MARTIAL (SoÎQt) S Us Epftres de faine Martial , Con- temporain * dis Apôtres , l'une aux Burdegalo» & l'autre aux Thouloufans , tranflacées de Latin en langue vulgaire Gallicane; iniprin^ées à l^aris, ûi^ié. fans date ni nom d'Imprimeur.

' Grégoire de Tours, Liv. ï de fon Hifloire, fait foi que S. Maniai ne Jf 'u4 en Limolîa ^ue ibut l'Empu» de Décius ^ par compilent tout au

flutô(

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j^lutor l in de Jefus-Chrift 250. Il y a long-temps qu'on ne doute plas de la luppolîhon des deux Epîtres ici mentionnées ^ & l'on n'a pas bsibin pouc cek de i la CHlIèrtsitioii enduite du François de Jean de Cordes ,

Chanoine de Limoges, en Latin , par Fnnçois Bofquet , Evcquc de Mont- pellier , c|ui Ta infcrce dans b féconde Partie de ion Hjfiout hcdéfiafiii^ite ét France j ut-^'^. 16)6. ( M. de la Monnoyé).

* Il y a deux opinions fur le temps oij a vécu ce faine Evêque. La première place fa mtffion oans les Gaules vers le milieu du troifîème fiècie. Ceft celle de Grégoire de Tours , 6c il n'y en a pas eu d'antre jufqu'au neuvième fiède. Eiifuite on tenta dctablir qu'il ctoit contempoi.iin des Apôcrcs, & cette opmton prévalut iufques vers le milieu du dix Icpcicme ficclc, ou elle a été cotalemene abandonnée. Ce fitc peut-être i deflein de la tonfirmer qn*on s'avifa de fuppofer les deux Lettres Latines qu'on lui attribue , dont l'une eft adreilce aux BoriehiSj &: l'autre aux Touloui{atn%. Jonè Bidius les publia le premier à Paris, en 1 5i"i. Ou prccciKlic qu'elles «voient ctc trouvées dans la Sacciftîede Tj^ltTe de S. Pierre de Limoges, enfermées dans un vafe de pierre , caché en térre. Jacques de Borde , Miniflre de l'Eglife Calvinifte à Bordeaux , les craduifit en François , & les publia » en Lacm , avec la Tra- duâion, i Bordeaux , en 1 57; ; œaken mime tsmp» il en firconnotoe 1a- fuppolîtion , & fon fentiment fut adofité par les Catholiques. Cela n'a pas cmpcché le S. Poillevé, Avocat de Limoges, de mettre ces deux Lettres en veti lian^ois. Elles ont été imprimées aolli à Limoges, en 1594* ( Voyc» Fabric. Biblioth. I/^mé Latùiit,Tom»\ , pa^. loj , 6c i'Bf/i, Litt, Franc par Je$ Bénédidins» Tom. 1, pag. 407 & fuiv.

MARTIAL LE MASURIER ^ Doâear Rcgent en \% Faculté de ThÀ>Iogie« Chanome & Pdnitcncier de Paris, a écrie Inftruâîon & Doârine très-utîle pour bien & falutairemcnc (k confcflcr & prier Dieu pour fes péchés , extrait des faintes Ecritures ; imprimée à Paris, ia-S**. par Guiliaiime Guilitrd & Thomas £doe» t%Ç^. Efiau catalùffti iUs Livns eenfurés,

* Voy. La Okois DV Maxme, moiMAanAt MASvaiia. , Tom. El,

pag. 95.

MARTIAL DE PARIS dit AUVERGNE, a écrit en rime, les Vigiles de la mort du^oi Charles Vil, à neuf Leçons, contenant la Chronique des ^cs advenus durant la vie dudic Roi ; imprimées à Paris , in~fnL par Guillaume Euftace , fans date. Les Arrêts d'Amours (en nombre cinquante) Tur lefquels

BiBuoT. Frah. Tom, If^. Du Ysrd. Tom* xx. £

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Benoid le Coure a £ûc un Gimmentaire en Latin, il vivoic en rani49o*.

* Voy. LA Croix du Ma / k e , & les notes» mmoc Martias . a'Auviaomi , Tom. U , pag. Se y^,

MARTIN DU BELLAY , Seigneur de Langey, â écrit les Mémoires contenant en dix Livres , le vrai Difcours de plufîcurs^ chofes advenues au Royaume de France , depufî; l'an i ^ 13 juf- qnes au tre'pas du Roi François I , & dont les cinq , fix & fepc . Livres font de Médire Guillaume du Bcîîay, fon frère, qui avoit écrie des Ogdoades , de la perte dcfquellcs ne refte riert que lefdits trois Livres & quelques fragmens infères &c épars en fes mémoires; imprimes a F^ris, in-JoL par Pierre l'HuiUier, 1571 , & préfentes au Roi par Meffire René du Bellay, Che-- valier de TOrdre de Sa Majefté » Baron de la Lande » héritier d'icelui Médire Martin du Bellay *.

* Voy. La Caoïx eu MAiNf,& les noces, au ii>cœe Accicle, Tom. II,, pag. ^6 9c fiiiv.

MARTIN BUCER. Expolîtîon fur l'Evanf^ile S. xMatthieu ^ recueillie & prile des Commentaires de Maitte Maitm Bucer^ augmentée de plulîeors Semences , Exhortations , & déclara^ tions d'aucuns palTages difficiles > colligées tant des Auteurs anciens que modernes*, avec annotations en marge die tabJe^ imprimée i544« Cenfurée, Deux Livres dir Royaume de lefiis* ChriO, utiles à tous ceux qui- font commis au Gouvernement de Républiques ou Communauté ; écries premièrement en Latin par Martin Bucer & traduits en François^ imprimés- in-S^. Vsa 1%^^, Ctnfurés,*

* V07. La Ckoix 00 Maims » tt les noces > Ml même Anicle , Tom.

MARTIN FLEURY, Dîcppois , a tranflaté de Latin» un Opu feule d'Erafme deRoterodam, intitulé les Sylenesd'AIcibia- des % qui eft un proverbe andennementufité des Grecs » duquel

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on Te pourra aider a propos, lorfquc fous vanitc & luJie appa- rente de prime hcc , une chofe fe manifbdera excellence : ainfi que h £f ftndeur*<]e Telpric de I*hoffline eft fouvenc couverte it dlifimuTée par extérieure apparence. Et étoienc Sylenes , petites images tatlJées & %oiinees de telle forte qu'on les pouvoic tourner Se fléchir en diverfès figures , tellement que ces choies fermées montroienc la figure d'une trompette , cornet ou autre ridicule forme; mais à Touverture y apparoifToit chofe divine & miraculcnfe, La première caufe & argument de tailler telles flatues, cil procédée de Sylenus , jadis pédagogue de Bacchus, en fon temps plaifant Satyre, & raillard des fecrets & hautes puifîànce^^poëtiques. Et Alcibiadcs (au Dialogue de. Platon, intitulé le Banquet) voulant extoller fon Maître Socrates , le fait femblable aux Sylcnci. , en ce qu'rl fembloit bien autre au ittbtil ((jéculaceur,que ne promettoic la face : car^ à le voir à fon port & maintien , il étoit de vile réputation , ayant face rufttque, le regard d'un taureau , le nez pointu 6c plein de morve , ruftiqoe en vètemens, (impie en devis» toujours parlant de charretiers , Voulions & manouvriers , parce que de telles gens il formoic fes Ifâgogies, induâions & argumens. Bref ce maintien ridicule eu Socratçs, montroic le vifage d'un fot : & entre tant de Philofo- phçs, fèul il difoit qu'il f-ivok une chofe feule , c'étoit qu'il ne favoit rien. Mais fi on cik découver: & déployé cetui tant ridicule Sylene , dedans fe fût trouvée une Divinité plutôt qu'un homme ; afTavoir grand courage, efprit parfaitement phi- lofophique, méprilanc tout ce pourquoi les iiumains courent tant, navigenc, travaillent , plaident » bataillent ; Dominateur viâorieux fur toutes injures , envers & contre lequel fortune a'ayoit auçune pniflànce : ayant m^me méprifé la mort que Ton voit crainte d'un chacun , lotfqu*il a bu la pigue en tel vifàge qu*il fouloit boire le vin. Qui plus eft, en mourant de lapoifbn^ il plaifancoic avec un flen ami , nommé Phédo, luidifant, en farcerie, qu'il s'acquitâtde fon vœu,cn fâcrifiant un Coq au Dieu ^uiape» omme s'il çût vquIu dirç^ qu'pn v^rtu de la oiédecine

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qu'il avoit prife , il fcntoit ja le bénéfice de fancé» puifque fôn amc forcoit hors du corps , dont procèdent & pullulent toutes les maladies de l'amc. Et attendu que lors il y avoit infinité de gens qui fc difoient lagcs, à bonne caufe, cetui réputé feul fol, a etc déclaré fage par l'oracle d'Apollon. Et plus fagc a ete juge cil gui fe difoit rien favoir , que les autres prefumanc tout connoicre : & plus favant eatie tous autres y par la confelfioii de fon ignorance. Ceci ibtt clic & £ufE& pour* la Dédaratîon dadîc proverbe & argument de cet Opulcule , lequel a été im* prime à Paris, râ-i^. par laques Berciii 9%%^

' Le nom de SiiîàNS , que , dans le Bémjuet de Ptaton^ Alcibude donne 1 Socnte , Rabdns fis kt donne dus le Piologue de fon Gargantua^ pour infî- nner que les imaginations grotefques , r/pundues dans fon Oaviage « ne LtiLiu pas de conteiùr une Morale utile. (M. de la Monnoyk).

MARTIN FORBISHER *. La Navigation du Capitaine MarttnForbisher, Anglois, ezRegions d'Aieft&NordWeft, en î'annc- i <^77 ; contenant les mœurs & façon de vivre des peu- ples »k habitans d'icellcs , avec le pourtrait de leurs habits & armes, & autres chofes mémorables du toiit inconnues par deçàj imprimée in- 8°. par Antoine Chuppin, 1578.

* Son nom s ccrir Frobiser. C eft aiiili qu'il fignoit fes Lettres , dont plu- fieuts font confervés dans la Bibliothèque Harlciene à Londres. Il eft le pre- mier Anglois, qui ait tenté de trouver-un paffage , pour aller en Chine , par le Nord-Oueft. Il ctoit ne en Angleterre , dans la Province d'Yorck. Il fur employé par la Reine EUiabcth dans quantité de voy^es & d'expéditions. Cette Rëtne l'ayanc envoyé en Bretagne au fecoors de Henri IV, en 1 594 , il reçut, le 7 Novembre, une blelTure dont il mourut. Ce fut lui qui , en 1 577, découvrit cî.ms TOccan Scptcntrion.il , le Dctroir qui eft entre la côte Méridionale du vieux Groenland , & une ilie maïquce , iskos nom , fur les Cattes, vets le 6û* degté de latitude»

MARTIN LE FRANC , Secrétaire du Pape Félix V, & de Nicolas V, a écrit en nnie, un Liv^re intitulé le Champion des Dames , imprimé à Paris , par Gisliot ito Pré, 1 530. Plus en prof^ , r£(bif de Fortune & de Vertu , en forme de Dialogue^ o& iboc entremêlées quelques rimes, & y «il: démontré le panm

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écftc de fortune « contre l'opinion commune ; imprimé à Paris , ht^jî*. par Michel le Noir^ 1515^* Cet Âoteur vivott en l'an 1447

* V07.LA Croix du Maimb, & les notes, an mot Mautik Fhamg » Tom. U > jMg. 9$ ic fuiy.

MARTIN FUMÉE » iîeur de Marly le Chailel , a écrie en cinq Livres , IHifloire générale des {ndes Occidentales & terres

Neuves , qui jufques à préfcnt ont été découvertes ; imprimée à Paris, ia-8°. par Michel Sonnîus , i ^78 *.

* V07. La C&oiz dv Maimb , les nout, sux même Ardde» Tom. pag. loiA: to».

M ARTIN FUSTEL, Ecrivain & Arithméticien , l Paris » fl écrit Sentences mémorables, par ordre alphabétique, en profe, contenant préceptes & énfeignemens utiles pour rinflruâion de U jeunêllè ; avec plufieurs régies générAies ^diverfemené

expliquées touchant la vraie fupputation & forme de compter au bref - imprimées à Paris , m-4°. par Guillanmc Chaudière»

M77-

MARTIN GREGOIRE a extrait un Ëpîtome des trois premiers Livres de Galien , de compofition des médicamcn» en général;* avec un petit Traité des poids & melares, après, lequel fuit la manière de préparer le breuvage de ta racine du Bois, nommé rEfquine , fa n:îture, vertu , & faculré : Je tout imprimé à Lyon , /Vi C^. par Jean de Tournes , fous le titre deS Opufcules de divers Auteurs Médecins , en l'an l'^'yZ»

* Voj. La Ckoxx ou Maimi, an mcme Âtdcle, Toro. Il , fag. 10 f,

MARTIN LUTHER, Chef de la fc^e appelée de Ton nom

Luthérienne. Déclaration entière des fondemens de la Doéirine Chrétienne, fur l'Epitre de faint Paul aux Galatieos : en laquelle eft contenue une Expofition de la j unification qui efl: par la foi

en Jefus-Chrif!: ; Aurerr Martin Luther; traduite en François , imprimée in-^^, par Jean Bonnefoy » i%Co, Ccnjuru. Antith&fc

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de la vraie & fauflèEglire, extraite d'an LîVre envoyé att Duc de BranfwtCypar Martin Luther, imprimée in-i 6, (ans nom de lieu & d'Ifflprimeor, fie fans date. Le Miroir de ConioUtion,

pour ceu¥ qui font travaîUés & chargés , &c. par Martin Luther. De même Ctnfurt. Commentaire fur TEpître faint Paul auj^ GaUthes, par-Martin Luther ; traduit en François; imprimé à Genève, //2-4**. par Jean Crcfpin , 15(^2. L'Alcornn » des C'or- deiiers , tant en Latin qu'en François *; recueilli par le Docieur M. Luther , du Livre des Conformités de faint François ; imprime à Milan, l'an i ^ 10. & traduit en Fr^n^ois ^ imprimé à Gçnev»^ fii-8®. par Conrad Uadius, 155^,

' U piourut i IQèbe, lieu de naiilîuice , dam la haute Saxe , le iS^^ ' Véyritr i54<$ , âgé de untante-trots aiu. Ce n'eft pas lui qm a mis an four VÀUoram dt$ Cordeliers , ce fut feulement par fon confeil qu'Erafme Âlbeç

prît foin d'extraire du Livre des Conformités de S. François divers pafTiges , qu'd traduific en Allemand. Cette Traduction parut fous le titre à'Aicoran , l'an I n }> f'i** nom d'Auteur , ni d'Imprimeur. La fâulTèié de U date étoic vilîbli , en ce que Lutliir , A.ireur de la Prcface, inipri;rice ait-devant du Livre, ne fe déclara ouvertement contre l'Eglife Romaine, quç lept ou iiuic 'ans après ( c'eft-A-dire, en 1 510 , après qu'il eut été excommunié publique* ment ). En 1 5 , comme !e marque ici du Verdier , Conrad fiadius publiai i/ï-S". à Genève , fuivanc le texte Latin des Conformités , les pafTages qu'Erafme Alber avoir publié; en Allemand , & y eu ajouta pWlieurs autres , cirés du tiièiiie Origmal , mettant i c6ci du Lxàn une ▼ernon'Fran5;qire de fiiçop » Edition depuis seoouyeUe dans U mîme Ville, enijifo & >/78* (M* se iV Monnoye).

* La première F Itrion de V^koran des Cordcl'tcrs ^ en Allernand , nvec une Préface ae Martm Luther, parut d'abord fans nom de lieu & lans date,ic fut fléimprimée en i j4i,///-4". Ces deux premiètes Editions font ejctrômementra-' res. Lapremière Edition Latine eft auiii fort rare. Elle fut publiée en 1 545,177 8**, & cv^npeut qu'un feul livre, ^tte e(l du mcme Erafme Alberus^qui avoit dotiuc les Extraits Allemands; mais ce n'eftpasnneTraduAton de ces Extraits^ ^eft un Extrait nouveaudu Livcemêroe desConformit€s. Alberusacraduiten Lacîniii Préface , ôc celle de Luther , qui font à la tôte djs E-lirions A!!t?maiides quQ je viens de citer. Conrad Badius tradui(ît depuis en trani,ois cet i>uvr3ge , & y joignit un fécond Livre , compofé de palTages du Livre de? Conformités^. qu'Alberas avoir n gllgcs dans fes Exttairs. Badius publia fa Trad;iction , lutvie du tejite Larin, i Gsnèva, en 1 560 , \ Ce Livre fut condamne |»ar Anêidtt Parlement de Paris , le }o Juin 15^5. Cela n'empêcha pas qu'il ^e fôc téimpiimi i Genève^ en 1 178 ^ î»-i^. Je ne parle point des EdiuçQf

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M A R M A R 3»;

poftérieures. Celle d'AmfteriLim , 1754 , en l vol. tni 1. avec les figure? de Renard Picard , ert un^ des plus ciUmces. Ce que je viens de ditefeivira à ceâîfier quelques mesures , qui fe troavenr , au lu jet dit Livre donc eft ijuel^ lion > iôic dans dn Verdier , ioic éuu les notes de M. de Is Monnojre.

MARtlK MATH££ , Médecin , a traduit les lix Livres de Pedadon ' Diofcoride d'Anazarbe, de la matière médicinale ^ ou à chacun chapitre font ajoutées certaines annotations forc doâes^ recueillies des plus exceltens Médecins anciens 6c moder- nes; imprimés à Lyon , m-^^ par Thibault Payén , 1559.

' PeJûcion, pour Pedac'ius , comme j'.iui ois pu auparavarjt le remarquer^ au mot Antoine du Pinet, Tom. 111 , pa^, ijj , eft ridicule. De ("avans Critiques ne doutent pas même qu'on ne doive avec Photius, n'^. 17!^, & conformétnent à de très-anciens Manufcrirs, lire Pedamus. Nous n'avons p.i5 de bonnes verfions Françoifes de Diofcor'tde^y celle-ci , & celle d'Aïuoinedu Pinec, poftérieure de fept ans, n'ayant crc faites que fur des Launes, amcr quelles ces deux Traduâenis , dont le ftyle d'ailleurs eft fuianné » n'ont pa» manqué d'ajouter de lenr chef beaucoup de Suites (M. 01 tA Moknoybj.

M. MATHÊE f Prieur en l'Abbaye de MoniUer-^eof près Poitiers (je ne ikb (i c'eft le même que le TuAiommé , d*auranc qu*tl ne met point Ton nom propre au long , & audî pour la divcrfité de profeffion) a traduit de Grec, l'Hilloirc de Théo- dorit , Evoque de Cyropolîs , comprife en cinq Livres, en laquelle font contenues les chofes dignes de mcmoire, advenues en ia primitive Eglife, tant du règne de l'Empereur Conliantin le Grand , comme de Tes Succeireursi imprimée à Paris, in-i6. par Hicrome de Marnef, I ^69.

' Il y a grande apparence que cet Auteur eft te même que le précédent. Eu iiy) y'ù tradaific iXoJconde j de il a pu fort bien , s'écant i2.\\ Moine, tra- duire VHifio'trt de Théodoret dix ans après. Du Verdier plus bas , au mot TjfroDouiT , 1 oublie de mettre ce M. Matthép au nombre desInMtpiètef

Irran^ois de cet i:,cuvain Grec. (M. de la Monnoye^.

MARTIN DmCHESlNO dit l'Invcntcnr des memis

plaifirs honnôres , a compofc en rime , le Triomphe de nés-» haute & puifTànte Dame Vérolle, Roine du puy d'Amoursîinw prime à Lyon, m- 8°. par François Jufte , 1539. » Ce noua % tout l ait d'êtse fuppofé. ( M. vi la McrNNoyi ),

40 M Â R M A R

MARTIN DE F£IIER» Bétrtiois, a tradatt de Latin en Fran- çois, la Sphère de Jean de &croBo(coy avec la Préface contenant jU'guRiens évidens,par le[quels eil prouvée rucilke d'Âdrologie, & qu*iccllc ne doit être mëprifee de Thomme Chrétien \ imprimée à Paris , i«-8°. par Jean Loys , i S4<'- H y a une autre Traduc- tion du même Livre , faite par Guillaume des Bordes , Bourdelois; imprimée à Paris , ia-S**. par Hiérome de Marnef^ 1 570*

MARTIN DU PIN ' a traduit du Latin de François Bar- bare % Vénitien » un Opuicnle de TÉtat & Gouvernement de

mariage, imprimé à Paris, m- 16. par Charles TAngelicr, 1 560: plus du Grec de faint Jullin , Philofophe & Martyr , Exhor- tation aux Gentils, imprimée à Paris , in-i6f par Claude Fremy »

« Ce François Barbare , en Tr ■lian Franccfco Barhjro j noble Vénitien , & «n Latin Fraiiç'tfcus Barbarus, tut pcre de Zacharicj Ôc grand-père du fameux Hermolaiis Bartants i premier Commentateur de Pline. U eut aaffi un frère nommé Zackarie > père d'un âauc HermoiaSs t ()ui fot Evcque de Vérone. ( Il fubdftoit encore a Venife , en 17^1 ,onze branches de cette lUudrc famille des Bariaro ). Claude Joly » premièremenr Avocat au Parlement de Pans , Se depuis Chenoine de NotrelDome, donne > en 1667 , avee det nocet , une (wnneTndiiââonFiançoïfe du Livce de Rt tfMffiâ, (M. sa la Monkovb).

* Le Livre de l'Etat & Gouvernement de Mariage , traduit par Martin du pin , eft celui C|ue Franccfco BLirbaro avoit écrit en Latin , fous le titre 1/ ' Re Vxoriâ^ publie, en 15 i j , «1-4°. Cette première Edition eft fort rare. Ou peut voir ce qui en eft dit dans les Mifcell. Lipf. nova , Tom. VI , p ig- J }8. André Tiraqueau fit réimprimer cet Ouvrage â Paris , fur un Manu/crit de 1418 , trouve dans la maiion de Guarin de Vcronne. On peur voir ie Cata- logue des autres Editions , dans 1* Btbiioth. Curuufe de Clément, Tom. U , pag. 410 & fuiv. La dernière eft d^Anifterdan , 1^19, i/t-ii. Oncrela Tra- duâion T" rii.çoife de du Pin , &: celle ans Claude Joly, premièrement Avocat ^u Parlement , Se depuis Chanoine de Notre-Dame de Paris , donna , en 1667 , avec des notes , il 7 en a une en Italien , publiée en i s 48 , & une en An^ois, imprimée en 1677. Ceux qui feront curieux de réfoudre les doutes

3ue Bayle a accumulés dans l'Article de Francc fco Barharo, fur la Généalogie e ce Savant, en trouveront b folution dans le XXVU* Totpe du CiornaU 4t' lerr. Jthalïa j pag. 1 1 9 fuiv.

MARTiN RAVAUX^T , de Sens , a écrie Je Caton des

Princes

MAT MAT 41

Princes & Gouverneurs , comprenant TÉtat & Gouvernement d*u ne République » imprimé à Paris « 111-4^ par Denys /anot^

MARTIN SEGUIER , Confervateur des Privilèges Apôfto- liques de TUniverflté de Paris, a écrit Traité de la grandeur, puiflànce , bonté & fapience de Dieu ; rédigé en paraphrafè fur trois Pfeuumeç de David : plus «ne Expofition de quelques Hymnes de l'Eglife , en pareil nombre de vers 6l fyllabcs que le Latin i imprimé à Paris , par Nicolas Chefneau , i «; 7 . Les Sou- pirs du bon Pafleur, qui font lieux recueillis de la Bible & raj>- portés aux misères du temps. Rime, imprimes à Paris, m- 8^. par Jean Dallier , 1570. Prières du Roi , recueillies de la Bible & miles en rime Françoîfe ; imprimées à Paris, inr-Z**, par Fede- ncMorel, 1577. Paraphnife fur trente Pfeaumes du Roi ic Prophète David » en proie ; imprimée à Paris , in-té, par Jean de Heuqucville» i$7>. Epître envoyée à un Gentilhomme François» étant en Allemagne ; imprimée à Paris» ia-^*** Ôl à Xyon ik-i€. par BenoiA B^ud» 1570.

MATHEOLUS *. Sous ce nom fupporé, un qui fut Bigame â compofé un Livre en rime , contre les femmes % dont le titro efttcl,

Lf Bigame Matheolus Qui nous montre j /ans varier ^ Lu tiens & as^ lu venus Qai viennent pour foy marier ^ Et à tous faiSs coinfidérer j Il du me Phomme n'est pas fage , S*U fi tùame nmarier^ Qmand pris a éim paj^e»

imprimé \ Lyon , in-^^. par Olivier Arnoullet , fans date. Un autre Auteur a fait & compofé un mitre Livre en rime , tout au contraire de cetui-ci, & intitulé le Rebours de Matheolus, commençant ainH ,

Des femmes femmes tous venus , Autant les gros que les menus ,

BxBLiOT. F&AN. Tom6 V, Du Vbb.d. Tom m. F

M A T

•MAT

ParquoL ceiiu qui en dit blâme ^ ' Doit être réjfmté infâme,

imprimé de même, à Lyon.

* MATHioivs eft cité dans U )7< des Cent Nouvelles Nouvelles. Névistm^ Liv. I de fa Sylva Nupùed'ts, n®. \6x , cite auflî le fiiganie Machéoltts; 9c Liv. IV, n". 97, il renvoie au Chap. 9 du Purgatoire des mauvais maris ^ eft décrite fort au lonç la peine à laquelle eft condamné le Bigame Mathéolus, ,poor avoir fait la Satin de la Bigamieconne les femmes. C'eft cette Satire qu'on trouve manufcrite fur velin , in-j\?. dans la Bibliothèque d: M. le Prélideni Bouhier, fous le titre '. Lamentations de Mariage & de Btgdmie^ iraajlatées en rime Fran^oife , du Latin de Maître Mahieu. On fait qu'en

^•Picard , Mahieu veut dire Mathieu j en Latin Muttfuus j d'où a été fesméle diminutif Matheolus. Voyez plus b;û , à la An de U leoce Pt le PoaOATOMt

DES MAUVAIS MARIS. (M. DE lA MoNNOYE).

* Le Monufccit de k Satire de ^d£Â<o/ttf^ appartenant i M le Ptéridenc Bouhier , eft d -peu-près du temps de Châties V, Hoirie Fcamoe. On y lit que

cetre Satire a été tranjlatée par Jean h Fevre de Téémemnef du Latin de Mjijlre Mahieu j qui le lui avait envnyr ^ cet effet. On ne fair pas mieiîX qui eft le JcOM le Fevre de Thémanae que le Muijire Àlahieu. Dans la Bihuothèquc des Auteur^ de Bourgogne 3 on faiC'honneur de cette TtaduAton prétendue il Jean le Fevre , Dijonn is , mort en « 5^5 i mii<; cela ne peut être , puifque cet Ou- vrage eft cité dans le ChantMon des Dames de Manin le Franc > qui vi voie au milieu du qdii»ème«fiècle , dans d'autres pièon -aolfi vieieiitMS| flind on ne fait rien au jufte , ni fur le prétendu Latin de Matheolus , qui peut fort bien n'avoir jamais exîfVé , ni fur l'Aureur de !a TradudVion en rime , qui probablement eft 1 Original même de la Satire , le Matheolus commence la plainte par ces mots : Trifiis esj anima' mea » qu'il paraphta(è en Ibnae de pricrc , à la fuite de laquelle il .accumule [-l'.ùiuc; f u plaintes conrrc le ma- riage a & die des femmes tout le mal qu'on a, pu imaginer, pour les desiionorer & les humilier. Vop U Biblioih Frao^. de M. l'Abbé Goujet , Tom. X » p^ii9&fttiv.

MATHIAS FLACCIE ILLYRIEN a écrit un livre en Latin , depuis tourné en François U inmuïé Contre la Princi-

Ruté de ]*£vèqiie Romain y montrant par plufieurs p^^ges de Scritiire & des Condtes.» que nul Evéque ne doit avoir autorité ' ni principauté fur les autres lEvêques.; impiimé à Lyon, par Claude Ravot » 1 5^4. Oi/vm/^tf.

* Du Verdier, qnidmme^ l'Ouvr^'de'ïlaoâiis^h note de Calvinique, devoir ufer du mot généré ^Ccij/Siwj fkcdiB'efiitc été moins CaLvinilke

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MAT M A T 4j

que Luthérien. Il naquit le 3 Mars i^io , i Aïh<mz, dans l'Idrie , {rarrie anciennement de riUyrie , d'où il s'appela Illyricus ^ ce qui a tait cioire à Mdchîor Adam , & i Tes Copiftes « qu il croit Efclavon , parce que les Mo» dcrnes ont donné à Xlllyrie le nom à Efchivomt. Il mouiut à Francfort, fur Mein, le 11 Mais i$7^» de cinquante - cinq ans. On a prétendu que Pnmtowitf^ écote (on vrai nom ; il ne ra pouitint ftmaîs pris Quclqucf-ont^ mais mal , ont écrit Trancmtiti. ( 11 a eu la plus grande part à la compoiîtioa des Centuries de Magdehour^ , il eil: l'Auteur au fameux Livre, innmV: Le Cdculosue dis témoins de la ycme.j Baylc, après Mclchior Adam,cs: d autres, oac parlé du peu de fcrupule que fe faifoit Flaccius de voler des Manufcritsaox Moines, qui, ne le connoillatu pas , l'admettoient dans leurs Bibliothèques | mais il n'a jpoint ajouté ce qu'on a dit du mcme Flaccius , qu'il arracnoîc » OH cottpMt laas façon les feuillets, il croovoic quelquo chote de fingalitr , dont il pré voyoic qu'il auroit bofeili dans fis compontions , ce qui , Ci l'on en croît Scrnvîus , a f^.irpafTer en proverbe , parmi les Allemands, ic^uUfl/us J-iucLiu/iuj. J al lu darii la vie manuicrite de CUude Sauinaiie , qu'accuic d en avoir ufé quelquefois de la forte, il le nioit fortement , & traitait cette aâion de barbare. Joachimus Fortius Ringelbergius confeillc aux Iludieux , s'ils ont fait quelques remarques fur leurs Livres , ôc qu'ils foient obliges de faire voy»^ > d'emportct avec eux les feuillets feront ces ramrques , ôc de ven- des eafiii» l«s voilâmes ; qu'd fon égard , il n'en faifoit pas de difficulté. Oa le peut voir , pag. 71 de les Opufcules , de l'Edition de Bâle , -«S". 1^41.

Voyez fut IU.YRICOS ks Mémoires de Niceron , Tom. XXIV , ioas le aom de Blaocivs Ij.iviiicos. (M. ot la Monmoye).

MATHI AS PALMIER La Vie Civile , &c. traduite par

Claude des Rofiers.

« U y a Mathias Sf Mathieu Palmifr f P Ji aueri ^ en ïralien) *, MathiaSj qui étoic de Pife , a continué iiilqu a 1481 ia Chronique de Ma- thieu Palmier, de Florence , qui finilToit a 144;. Qnelqaes-uns croient qu'il aauflî traduit de Grec en Latin , VHîJloire des Septante ^ par Ariftée , quoique d'autres aiTurent que cette verfion a été imprimée à Rome, en 1471 j éci Nuremberg , en 1 475 , fous le nom de Mathias Paltmtr,èé Vicenoe , d*o& il s'enfuivroit qu'il y auroit eu trois Palmiers j contemporains , nés en trois lieux différenç : un Mathieu j fie deux Math'ia^ , en qnoi il pourroit bien y avoir erreur. 11 y en a du moins ici , de la pan de du Verdier, en ce que, par mégarde , il nomme MatkiaSi celui que , au mot Claode dis Rosnns 9 il a mieux nnmmc Mathieu ; rnr c'eft Mathieu Palmier ^ de Florence, qtlt a véritablement écrit les 4 Livres délia F'ùa Civile. Voyez fur les Palmieri les Mémoixes de Niceron , Tom. XI &XX. ( M. ob ia MointoTi ).

M. de la Monnoye a fon bien remarqué qu'il faltoit corriger Mathiew ffikuiiKAi. Gec Ecsivab éiok d'une fiuniUe taa&àiMt de Florence^ Quel-

Fij

44 MAT MAT

2[iias-um l'ont cru de baflê origine , Se Âpothicûre de pcofeflîon , parce 'qii*il Eoit aggrégé au corps dos Apothicaires , Telon la Loi de Florence» qui ex^e

cerre aggrôgarion , pour pouvoir erre admis aux charge?. Il y a un ufage à peu près pareil i Londres , & il en eft quelquefois des mcprifes lemblables j mais il n*étoic pas permis au Florentin Jean-Bapcil^e GilU de 9r>*néprencire , comme il a fait , au fujet de Madiieu Paltnicri, Son Livre , Je /a F'u Civile y compofè en Itaiien, fur imprimé \ Florence , en 1 519 , in-t". ôc la Traduc- tion Françoife de Claude de Rotieres Fut publiée à Paris, en i j 57.

MATHIEU (SAINT) *. L'Evangile de notre Seigneur Jefus Chriil, félon faint Mathieu.

* S. Mathieu ^rivît fon Evangile ^ environ (a aniapièila mort de Jcfu»'

Clirtft, en Hébreu commun, ou plutôt en Syriaque» que l'on parloir alors à Jcrufadem. La tradition attef^ce par S. C/prien , S. Irénce & S. Jérôme confVare qu'il l'écrivit par ordre des Aptoes , è la prière des Juifs convertis à la religion de Jefus-C'hrifV, qui vouloient établir parfaitement la w'ricé liimi- neufe de TEvangile fur l'ombre de la loi. On a au que S. fiarihelemi ayant porté aux Indes l'Evangile de S. Mathieu , tel qu'il l'avoit écrit à Jérufalêm en Hébreu, ou Syriaque, Pantenus l'en avoit rapporté, environ i 40 ans après» i Alexandrie, d'où il avoit enfuite palfc à la Bibliothèque de Ccfarce, en Palelline , il croit encore du temps de S. Jérôme , l'ans qu'on eût pris foi» de fiiite des copies de ce précieux Original. Mats ce récit ne (nroit guère croyable; c'efl une fable que Manfler imagina, pour rendre authentique le texte Hébreu, qu'il tir imprimer dans le feizièmeficclc, & qu'il prétendoit tiré de ce premier Manufcrit Original. Celui que S. Jérôme a vu de fon remps écoit ce qu'on a^peloit alors VEvangiU des Naiarccns , confervé en Syriaque dans la Bibliothèque de Ccfarce , &: ailleurs , copie fur l'Original de S. Ma- tlucu,mais gâté en plulieurs endroits ^ar l'Hcréiiarque Ebion. On ne fait pas en quel temps S. Mathieu eft motta m de quelle manière. Oa doit que ce liit dans le pays des Pactbcs.

MATHIEU D'ANTOINE , Dbaeor m Drok , a écrit Réponfe aux Rêveries Héréfks de Gmllaume Poftel Cofmo- ]K>licc ; imprimée à Lyon , în-ifi. par Jean Saugrain ^ 15(1» Cûlvmque»

MATHIEU MARIE D A YARD Comte de Scandiane *. Roland rAmoureux. Voyez lAiiMEs Vincent.

' C'eft Boyard qu'il faut dire. On fait ciue le Bcrnl, peu content du ftyle 4fi Boiardù^'HQXiXyiX, eu. lecoocbei: d'un boutii'autie ÏOrùuido iatunorato. Une

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MAT M A T 4f

mort prêmnrnrcc ne lui permît pas de s'en acquirter, comme il en atiroir ^rc capable. L Ouvrage, quoiqu'iinpatfaic , n'a pas laiiîc dctre imprimé iurqu'.i trois fe'n , une i Milan , 6c deux â Venilè. L'Arétin , dent les vers L s 1 1 us travaillés ne valent pas les cbauches du Berni, a Parlt; du Poc-ine de celtù-ci en plus d'un endroit avec beaucoup de mépris. 11 faut fur-tout lire les deux Lcmci Francefco Calvo j cju'il auroir nommer Andrca. Pour ce qui eft da Boiardo , c'éioit un génie fécond , i qui l'on ne peut nier que la gloire de l'invention ne foie due. W s'eÛ exercé dans plus d'une langue, &dans|4a» d'un genre. ( M. de la Monnoye ).

* Ceft le célèbre Boïardo , Comte de Scundiano , dont nous avons des Eelogues Larmes <S: des Sonnets fort eftimés. Il mourut en 1494. 11 a eu la gloire , par fon Pocme à'Oriando Jnamorato , d'avoir fourni des idées an divin Auteur de VOrlando furiofo. Le Pocme de VOrLnJo Inamorato fuc imprime à Venife, en 1500, in-foL & ce n'eft pas U première Edition. ( Voyez Ghnatie de* Lett, tTItaL Tom. XHI , pag. iS <^ ). Il a été depuis ftè* qoemment imprimé. Il eft divifé en fis Livres j mais il n'y a que les trois pre- miers qui foient du Boïardo ; les trois derniers font de Nicob de gh Agojîlni, Louis Domenichi entrepiic de reformer la Pocfie de Boïardo , èc publia le Pocme d'Orlarido Inamoraro, avec des correftions, à Vefiife , en 1 5 f f . Fran- çois Berni l'avoir reformé , ou , comme il le dit lui-même, refait ai entier , ^ public dès l'an i$4^- ^^^^^> ^1 nous en croyons Cre/cimitni (JJior. délia vo/gar Pûifiu jTom. il , p. } a?) fes elibnsne furent pas heureux. Cependant c'en larefentede Berni qu'on a fuivie dans les Editions de ce Pocme, faites i F!orence,en 1715, m-4'*. &i Venife, en ly^o, in-t i. i vol, T.T qtics Vincent traduilît cet Ouvrage en François. Le premier Livre de cette i raduccion parue en 1 549i le fecond& le rroihcme en 1 5 50. Les tr<ttsdernierSyqu'il avoir pro» mis, n'ontpoln! été publiés. Françoisdc Rofferjn'étant pas conrcnt de lavetHon de Jacques Vincent, en âc une antre , qui fut publiée à Paris , en 16 1 maïs if y réulfit Ci mal , que fa Tradoéoon ne fut point réimprimée , 8c eft devenue fort rare , fort commun aux mauvais Ouvrages. On lit avec plaifir la T raduction , ou pin"'»! l'inurin mi Je ce même Poirme, pat lbSag*» publié*

à Pans , en 1 7 1 7, eu i vol. i i.

MATHIEU DE LANDA , Docteur en Thcolog?c , Carme du Convenu de Rouen, & Principal de France audit Ordre, a écrit le Miroir du corps humain , efl dccrir fes misères & calamiîcs -, aufîi fon excellence & dignité ; tnitmble de fa conduite tn icrr e , de fa icpukuic , 6l des céiémonie^ licclc- fiadiques ^ites fiir le mort avec le Doârinal de mort j imprimé à Rouen , iV8^. par Robert Jean de Gor , 1 5 63. & depu» à Paris , uhi€* par Xeon Cavellat» 1 584. U a traduit du Laûa

4^ M A T MAT

de Jaques- Faber StapuleniSs 'j les^ Comtemplations dtt fîmple Dévot , lefquelles tHaitent d^Âmoar divin, de vraie patience j de k mort , de la Vierge Marie ; imprimées à Paris , iii-S^. par Vivant Gaiteherot, 1538.

' Les Gmtemplaô»ns du fimple dévot y traduites pir le Carme de Laiida , ne font pas de Jacques le 1 cvre d'EtapIes \ elles (ont de Raimond Jordan , Chanoine-Rc^uliec de S. Auguftia > qiii les comporafur la fin du quatorzième fiède , & les intituh Comemplathmes îdîotà. Conrad Gelher , tt lès Gonri'

nuateiirs , ont cru , de même que le Carme de Landa , qu'elles écoienc de Jacques le Fcvre , apparemment far ce que celui-ci, qui n'en a cré que l'Edi- teur , a mis » au-devaiit du Livre , uae Préface il Veft nommé. (M. oe L4 MONMOTI ).

MATHIEU DE LAUNOY, premièrement Prêtre, puis Miniftre de la prétendue Religion réformée , & à préfenc retourné au giron de TEglife Chrâieane & Catholique , a écrit «vec Henry Pennader ». la. Déclaration & Bifiitadon des fauflês iuppofitions de perverfes applicarions d'aucones fencences des Aiotes Ecritures , defquelles les Miniflres fe font (tvns > en ce Idemier temps , à divifer la Chrétienté : difpofée en trois Livres & enrichie de folides Argumens tirés de la Doârine de Calvin, contre lui-même ; imprimée à Paris , m-S**. par Jean du Coor- roy & Guillaume delà Noue, 1579. Réplique Chrétienne, en (orme de Commentaire , fur la Réponfe tirée du dehors de la moueîle des faintes Ecritures &: de toutes bonnes Ûoélrines ; faite par les Minidres Calviniques , a la déclaration & réfuta-» don de leurs fàuflès fuppofitionsj imprimée à Paris > i/z-S^. par lïuiUauroe de la Noiie , 1579.. Réponfe Chrérienne à vingt- quatre ardcles pleins de bkfphèmes ée ablurdirés , drefles par Pierre Pineau ditDelaigues, PrédicantZuuin Cal vhiian , contre l'article de la iiirnaturelle & miraculeufe tranfubUantiatîon du pain & du vin au corps glorieux de notre Seigneur Jefus-Chrifl;, en la fainte EucharÙlie : font amplement remarquées les Heréfies anciennes , contre la perfonne de notre Scig;neur Jefus-Chrifl: , & aurres , auxquelles s'enveloppent & fymbolifenc Içs ^uuiQ-Çalvii>içQs tiçréti(}uc$ deççcçmpsi impriméç àP^f^f»

MAT M A T 47

in-%°. par Guillaume Chaudière, i<;8r. Difcours Chrétien, contenanc une Remontrante charitable aux pauvres, du foin &c diligence qu'ils doivent employer à bien inllruire , ou faire tnftruire 6c endoâriner leurs enfsins : enfemble du ihiit que l'on îtcueilte de tel Labeur ^ & des jnaaz qui adviennent du contraire^ o& îl td parlé des (ciences principales, eiquelles ik doivent être enfeigncs, chacun félon fon fexe,ron état & vacation; imprimé à Paris» fa«8^. par Jean du Carroy , i {78

^ Vbjr. La Croix dv Maine, & les notes » au mor Mathibo diLaohoy* 1*0111. II* p«g« 196 & 107.

MATHmU VÂUCHER dit FftAKCH&CONTÉ , Hé* tault d'armes de la Majefté Impériale , atraduit de PËfpagno! , Commentaire de niluitre Seigneur -Dom Loys d'Avila & Giniga, grand Commandeur d'Aloantara de la guerre d'Aile- magne , faite par Charles V, Ëmpereur ' ; imprimé en Anvers» ht-%\ par Nicolas Torcy 1 55a

* Gilles BoyI«au deBuillott fie paraître fa Tradudion du mbne OaviM»,' ruinée fuivance , comme !e marque du Ver !lec. La Croix du Maine a oufilié l'année de l'Edition. (M. de la Monnoye J.

Les Mémoires de la Guerre AHemaone y p;ir Loin? d'Avila , furent

les réimprima d Anvers , en 1 5 50 , & la même année ils y furent auHi publiés, tradulrs en Latin par Guillaume Malinocus. Ces Mémoires avoienr

" " l'Ai "

eompofés en Efpagnol , èc parurent , pour la première tois , en 1 5 46 , On le! - - - ... -

publié

ccaduitsen Italien par l'Auteur mcme, & imprimes i Venife en i545)> U •ft fingutier <iaeLenglee nedw PEdiiionltaltenne fcXatme» & ne parlo pas de l'Edition EAiagnole , qui ^l'Ouvrage OriginaL {Méthode poarMmùtr tHifimn, Tom. XI, pag. xx^ de la noav. £dic. )

MATHIEU DE VAUZELLES *, Doreur ès Droits & Avocat du Roi au Parlement de Dombes & Sénéchsuiffêe*de Lyon , a écrit Traité des Péages , divifé en fix parties : la pre- mière , de rOrigîne des Péages: la deuxième , a qui appartient de créer Péages ; la troifîèmc, de la poiïèlîiori immémoriale des Péages : la quatrième , des abus qui s'y commettent: la cinquié- Uie , des privil^iés : la iîxième» en quel temps fe doit péage.

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48 M A T MAT

imprimé à Lyon, i»-4''. par Jean de Tournes, i^^o. Confèil en fivcur des pauvres de l'Hôtcl-Dieu de ia ville de Lyon , fait par M. Mathieu de Vaûzelles , Avocat du Koi , conuoanc ièpe ^

quefhions.

* Voy. t.A Croix ov Maimb, tamot Mathibv ds VAVztUM ,Toia.

pag. ic8.

MATHURIN CORDIER a écrit Epîtres Chrétiennes, imprimées à Lyon , m-i 6. par Loys Tachct , r 5 S7 Sentences extraites de la fainte Ecriture, pour l'inftrudion des enfans, imprimées Latines - Françoi Tes , par Thibaut Payen , l'J^i. Cantiques fpirituels , en nombre vingt-fîx , imprimés à Lyon, par Jean Cariot , 1560. Le Miroir de lajeunelïè pour ia former à bonnes moeurs ^ civilité de vie , imprimé à Paris , in-ié, par Jean Bonfbns.Il a interprété, & fait la conftniâioit en François, des Diftîques Latins aa*on attribue à Caton; impri* mée à Lyon , fo-S**. par Thibault Fayen » par plus de cent fois» & depub par autres , d'agtanc que c'ed un Livre que les enfàns inanient à Técole communément, ^es (Eu v tes Latines font dé^ nombrées en la Bibliothèque de Conrad Gefner. Les Colloques de Mathurin Cordier, traduits de Latin. Voyez Gabrijel

Chapuis *.

* Voy. La Choix pv Maimb , êe les tto^ei^ ta même Acticle , Tom. Il,

pag. 108*

MATHURIN HERET *a traduit de Grec , la vraie & brève Hiftoire de la guerre de Troye , anciennement écrire en Grec , par DarèsPhrygius; enièmble une i4aranguc deMeneiaùs, pour k répétition d'Hélène t le tout traduit en langue Françoife : plus quelques Dixaiiu & Epicaphes d'Hcdor & Achilles; imprimée à Paris, in- 16, par Séballien Nivelle, 15 5 3. Les Problêmes d* Alexandre Aphrodifé, excellent & ancien Philofophe , traduits de Grec; avec Annotations des lieux plus notables ik difficiles, ic fbixante autres Problèmes de même matière ; impr. àParis , put Muwf le Jemp , 1 5 $ j . Le Banquet de Platon , trai*

tant

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MAT M A U 4^

tant de TAmour & de Bcautd , mis en François par le même Machiirin Heret; avec Argumens fur ch icfine Oraifon , fommai- remenc dcduits , & les plus notables & meilleures Sentences, recueillies de toutes les Qt£u vres dudit Platon ; imprimé à Paris, . par Guillaume Guillard , 1 5 5^.

*Voy. La Caoix du Maine, au moc Mathorin Hulet, Tom. II« f%' 109.

MATHURIN MAURICE , Sainton^eois , a écrie la Reven- che &L contrcdilpute de Frère Anielme i urmeda , contre les béces , imprimée à Paris , in- 1 6, par Nicolas Chreflien , 1554. Plus , de rOrigîiie de vraie Noblefle & nourriture d*icelle , pour les enfiuis généreux , imprimée à Paris « în-x 6. par Nicolas Chrellien%

^ Voy. La Choix ou Maimb » is même Acctde , Tom. II , pog. 1 69.

MATHURIN DE REDOUiiR, Licencié ès Loix, a tranfl^té cle Latin en François , le nouveau Monde & navigations ^tcs par Améric Veipace , f lorentin , ès Pays vk Ifles nouvellement trouvés f auparavant à nous inconnus^ tant en TEthiopie , Ara* bie , Caiicuth , qu'autres Régions étranges ; imprimé à Paris^ £ui5 nom d'Imprimeur , ic ùtts date

"^Voy. La Crois i>v Mainë , ôc les notes, aa même Arode, Tom. II, p^to^&iio, t

MAURICE * PONCET» Religieux de POrdre S. Benolft, Do6bur en Théologie , en fUniverfité de Paris , a écrit trois livres de l'Oraifon Ecdénadique, en forme de Contemplation; avec ample Explication de TOraifon Dominicale , pour appren- dre à bien prier Dieu ; imprimes à Paris , rV/-8^. par Michel Sonnius , 1568. Remontrance à la NoblelFe de France, de l'uti- lité & repos que le Roi apporte à fon peuple ; & de l'inftruâion qu'il doit avoir pour le bien gouverner; imprimée à Paris, r/î-8**. par Michel Sonnius , 1572. Oraiion funèbre , prononcée le dernier Août 1 574 , en TÉglife de Brecyr-le-Buiflbn , aux funé- railles de Me(fire Euftace de Con^ns , Vicomte d'AuIchy^

BipuQTn, f^RA^r, Tom, V, Dy Y^rd, Tom, jji* Q

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;o M A U M A U

Capitaine des Gardes du Roi ; imprimée à Paris, in-S^. par Michel Soonius , 1 574. Difcûurs de l'avis donné au Révérend Père en Diea, Médire Pierre de Gonày, Evèque de Paris» fur la propofition qu'il fit aux Théologiens , touchant la traduéHon

de la fainte Bible, en langage vulgaire ; imprimé à Paris, iV8^* par Pierre Cavellac , 1578. Méditations familières fur lUidoire de l'Incarnation du fils de Dieu , décrite par faint Luc , en TE- vangiic , Mijfus cfi Angdus Gabriel à Deo , &c. avec ample explication de ce texte; imprimées à Reims, in-^^. par J. de Foigny , I ^74. Inftruâion pour aimer Dieu , extraite de la fainte Ecriture , &l fpccialement des Cantiques de Salomon , & de U Dodrine des Auteurs facrés & profanes, contenant dix-fept chapitres; imprimée à Paris , ///-8'*. par SébalUen Molin, J s^4'

Voy. La Croix 00 Maihi^ & ks notes, au mot Maubjcb Pomcbt»

Tom. II y pag. 1 1 1 .

MAUPJCE SCEVE , Lyonnoiç , quand vîvoît, petit homme en ftaturc , mais du tout, grand en llu oir , & excellent Focte de fon temps , a écrit Eclogue intitulée Arion, fur le trépas de François Dauphin de France, qui mourut à Tournon , imprimée à Lyon , par François Judc , 1^3^. Le Blafon du Front , du Iburcil , de la gorge , imprimé avec les Blafons Anatomiques do corps'fêoiinin y compofés par plu(îeurs Poètes François; imprimé à Lyon, par François Jufte , 1537- La SaufTaye, Eclogue de la vie folkaire; imprimée à Lyon> in^^^ par ^an de Tournes, 1^47. Délie, objet de plus haute vertu , conte- nant quatre cent cinquante-huitDhtainSf fur la matière d*Amour, d'entre kfquels font cinquante figures & emblèmes; imprimé à Lyon , in-^"*. par Antoine ConAantîn , 1554. & depuis à Paris, * in - jC, par Nicolas du Chemin , i«^(^4. Microcoljlie ^ lÀWftS trois ^ en vers Héroïques, commençant ainfi:

Dieu j qui trine en un fus , tnplt es j & trois firgS^ Et comme tes Elus nous étermferas ^ De am divin ejprit a^amme mm counge j Peur dkrirt tùa hcmaw & huer tom oacmfit »

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M E L M E L /

Ouvrage vrayement chef-d'uuvrc de ta main, A tca image fait & divin & humain.

Pfmmr mfon Rien clos fi cebit en fon TVwr , Commencement de foy ^ fans principe & fans bOlU , Inconnu fors à foy t connoijfant toute chofe i Comme toute dejoy , par foy, en fcy enclofe , ôe.

n a traduit âuf£ quelques Pfalmes du Royal Prophète David imprimas avec ceux que Jean Poîâevin a mis en François.

Voy. La Caoïx du Mune, ficles notes, au mot Mauaic» Scivi Tom. II , pag. 1 1 1 1 x|.

En Delie^ lyxicix. Diitaîm

[ Amour perdit les tmUs qu'il me tira.

Et ie dmtieitr fe princ fort à am^UMÙe ; *

ye'nus en eut piiu t & foupira.

Tant que par pleurs fon brandon fit éteindre %

Dont mgrement fmrent eontroime de j^amire ;

Car VAreker fut fans tf^ , Cypris fane fialeme*

Ne pleure plus Vénus; mais bien fnftammie Ta torche en moy » mon cœur l'allumera ^ Et toy, BnfoM» e^etva vers ma Dame s Qici ée/ieyeitx tes fliches triera*

dit

Si tris-las fut d'environner le Monde Le Dieu volant , qu'en mer ïl $'ah\fma J ^ Mais retournant à ckej de temps Jur l'onde >

Sa troujfe print & enfi^ tama : De fis deux traits diligrrrn:cr:: rjrrû , De l'arc fit l'arbre , 6* fon bandeau tendit Attx vents pour voUe t&eti port 'defètmBt Tris-joyeux d'être arrivé feurement. Airifi Amour j à nous perdu j rendit Vexation , qui donne entendement. ]

MELCHIOR DE FLAVIN , Prédicateur & Pénitencier du Pape^ Cordelier& Gardien au C^or.vent des Frères Mineurs, h Tholofe , a écrit Remontrante de la vraie Religion , au Roi Charles IX , imprimée à Paris ^ par Nicolas Chefneâu ,

i<6a. Plus 9 de r£m des Ames après le trépas , & comment elles vivent étape ieparées du corps : de des purgatoires qu'elles

yi M E L M E L"

fouffrenc en ce monde & en Tautre, après icelle réparation; imprimé k Tholofc, m-^°. par Jaques CGlomiez , 1^63. Plus, de la préparâcion à la mort , en trois Traités j le premier, du mépris de la mort , laquelle tout fidèle doit defirer j le fécond , de$ Allàuts & tentations qui viennent à l'heure de îa mort , & manière d'y réfifier *, le troifième , de' la manière de Uen uièr de la Pafllon de notre Seigneur au trépas de la mort ; imprimé à Xholofe, i/z->4?, par Arnauld & Jaques Colomiez , 1570. De regno Dà, de quo Chr'tjîus loquutus cfl per dits quadraginta^ Liber, per fratnm Meîchiorem Flavium, Minoritam Thcologum; imprcJJ'. Parijîis , m- 8°. npuâ F a mm l*Huillier, t^66. CathO' lica Canâci Graduuni per Dcmegorias jfeu SeBiones , à Fratre Melchiorc Flav'to Enarratio^Luutia, apudjEgidiumGourbmum,

* V07. La Croix du Maine , au moc Muchiou m F&avim jTom. II pag. 114.

MELLIN DE SAINT GLLAIS , PoHte afîez connu de nativité & nom par la France , avoit déjà donne (ulîiiîint témoi- gnage de fbn lavoir, en quelques petits fragmens^fèmés parmi les autres Auteurs , qui auflî ont été fort bien reçus & approu- vés. Mais quiconque lira attentivement lès (Suvres poétiques imprimées depob mort » toutes en un volume, ifi-8^s^ Lyon , par Antoine de Harfy , 1574 ; font contenus plufieurs Opufcules, Elégies , Epitres , Rondeaux, Sonnets, Quatrains , Chanfbns , Epitaphcs & Epigrammes ; il trouvera le tout bien trouffé & fait d*une grande dextérité d'efprit, refTentanc entièrement cette forme de compoliir , ancienne & remplie de toute naïveté & gaillardife. Plus, Genièvre , Imi- tation de l'Ariofle, imprime'e à Paris, avec autres Imitations du même Poëte Italien, faites par Loys d'Orléans 6«: autres, m-8*. chez Lucas Breyer, 1571. Ledit Saint Gelais a au/H compofé Sophonifba, Tragédie très-àcellente » tant pour l'argument,

Zùe pour le langage & graves Ibntences, dont elle eft ornée, es Chceurs feulement font en vers^ & tout le refteên pcoft;

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M £ L M £ L il

imprimée à Paris » en caraâères François » par Richard Breton y 1560 *. Je mettrai ici quelques-uns de Tes vers, en témoignage de fa douceur.

*Vof, La Croix do Maine , & les noces » au mot MiK&iii »!

Saiht Gblays, Tom. I! , pag. 1 14 & fuiv.

Du Rouflèau & de la Rouflè.

Un jour J en s' ébattant g DUu créa le roujfeau j P$M eUt^enle tentant , OùTfon J que tu es beau !

Le roujfeau fans féjour Dit , beau comme le jour. Dieu prit mal et langage 3 Ec àh , \ ais-(u, roujfeau , Tu prends gloire au pelage lyane vache, ou d'un veau; Le pied taras fiuau , Et U r*^ puant.

Le ^oujfeau bien fâche' ^ S'en vint à la rou£ellej £t M trowa auké Un bouc Jhus fon aiffeU*^ Puis la fîenne fenrant , En trouva tout autant. Onques puis mtXj ne roujfe, N'eureru accord parfaicî ; L'un toujîours fe courrouce. Et trouve l'autre infaicl, Ailleurs on n'en veut pwnt g Les voilà iiea tn point.

Quatrain.

Quel bien parler ou compter fon jffl^'r^ Vous ffouroic mieux découvrir mon marbre j Que le travail de ne le pouvoir dire , Et le penfir qtdcontnûnt ^fi taktf

Autr&

Dis-moi J ami , ^ue vaut'U rmtnx avoir.

Beaucoup de biens j ou beaucoup Je fçavolrf Je n'en fais rien j mais les ffavans je voi Pàire la cour à ceux qui ont de quoi,

Skatn fur un petit Ltith.

Pour un Luth tien petit je fuis; Mais file cœur vaincre je puis De la maiflreffe de mon tnaijireg AuJJî grand je pcnfcrai eflre , Entre tant de luths que nous Jhamus^ Qu'un Alexandre entre les hommes.

Huitain du feu de la faint Jean,

O fotte gent , oui fe va travailler A voir un feu de bois accoutumé ,

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M E L M E L

^''ene:^ à mol ^ pouT vous émerveiller De voir un cœur de tel feu allumé , Que plus il hfuJU, & moins eft conjumé ; - Et Ji ce cas difficile vous femble, Alle\ voir ctllf d s'efi enflammé. Vous le CTO il & ôrulere^ enfemblc.

Autre Hutcaio*

Soupirs ardent , parcelles de mon ame j ' Qui j de mon deuil j feuls la caufe entende^^ Si vous voye^ ma fin plaire à. Madame , Folei au Ciel , & kmt m'ateende^; Mais fi fon ceil { comme vous prétende:^ ) De quelque ejpoir nous daign€ feeourir, ToÊuneiàmàj & l'ef^rit aurendei^ n'4mù pbu voùmu de vumir»

AUTRE.

Ckatelus donne à déjeuner

A dix pour moms Jtun «tfno&tf «

Et Jaqueîot donne à dtner A dix pour moins que ChateUfS e Après tes repas diffolus , Cfm 0 mis mas gay & falot.

Qui me perdra j cher Chacelus ^ Ne me cherche c/îic^ Jaque ht.

Autre.

Un Maijire ès-Arts , mat chauffé & vefiu ^ Cher un payfan denumdok à repaifire j JDiJantautM hcoorer ht verea ^ Et les Jept arts dùiu il fut pajfé maifire. Comment fept arts , r^'pond V homme champefirt^ Je n'en fais nui hois mu mon labourage ^ Mais je fuis faoul j quand U me pkàft de t^ttt ^ > BtfitMiriisméifMmt&mwmùuige,

D I X A I N.

Un ChaHatm difbk en plein manhé «

Qu'il montrerait le Diable à tout le mondSt

Si n'y eut nul j tant fût-il empêché j

Qui ae (ourùt j pour voirl'efprk immonde*

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M £L

Lors une lourje aff'c\ large «S* profcndi Il leur déployé , & leur du : Gens de bien , Owr«( vos yeux , voyq[ j y eM-4i Humf Non , dit quelqu'un des plus prit regardons g

£t f^'^fi 3 dit-'il , le Diable j oye^-vous bien. Ouvrir fa bourfe ne voir rien dedans.

ENIGME, En fiiçon de Prophétie.

S*il ejl permis de croire fermement j Que par les corps ^ oui font au firmam/uu, Sumain ejprit de foy puiffe advenir A prononcer des chôjes à venir, Oufi l'on peut , par fureur fatidique , Sans art i ni fort y avoir fens Prophétique , Tant que l'on juge , en ajfeuré difcours^ Des ans lointains la deftinée & cours. Je fais favoir à qui le veut entendre , Que cet hiver prochain f fans pius auendiCf Voire pkaôt^ en ce lieu nous femmes , Il fortira une manière d'hommes j Las du repos , & fâchés dm féjour y Qivi frmdtemau iront, & de plein jour. Suborner gens de toutes quaUiis A différends & paftlalite's ; Etfivoule^ les croire 6- écouter , Quoy qu'il en dowe etévemr & ooujltr. Ils feront mettre en débats apparens Amis eture eux les proches parens : LefUs harû^cràUiêntfimpropère De fe bander contre fon propre père ; Même les grands , des nobles lieux fâilàs ^ De leurs fi^tts fe verront affailUs, Et le devtùr éPhoimeur & révérence Perdre pour lors tout ordre & différeae*^ Car ils diront que chacun à fon cour . J>cit alkr kasii , & puis faire retour i Et fur ce poUu eatnnmdumefléu , Tant df diCcourSy venues fi- alléu , Que nuiie hifioire, font les grands meryeiUes, Ne fait r^âi iPdmoeiùns pareilles ; Lorsfe verra maint homme de valeur , Par f égmilçn dejetateffe & 6hakuf»

M E L

JcttikUpauJaie,

Icsfaifeaf» 4epaRiei.

les joucius.

cbangemeoc ieUen.

M £ L MEL

De croire trop ce fervent appétit >

Mourir en fieur y & vivre bien petit ; Et ne pourra nui laijfer cet ouvrage ^ S'il y a nus une fois le courage , Qu*tl n'ait empli par noifes & d&iUS Le ciel de bruit j & la terre de pas. Alors n'auront j non moindre autorité

Hommes fias foy , que gens de vérité £ Le* uMcm;

Car tous fuivront la créance & l'e'tudt De l'ignorante & fotte multitude ,

Dora le plu lourd fera refu pour juge. le oaquee.

O dommageable & pénible déluge !

Déluge j dy-je ^ & à bonne raifon ^

Car ce travail ne perdra fa faifon j I Ify n'en fati délivrée la terre >

Jufques à tant qu'il ne forte à grande erre

Soudaines eaux j dont les plus attrempés j ÏM fuCOlS,'

En combattant ^ feront pris & trempés ^

Et à bon droit j car leur cceur adonné

A ce difcord n'aura point pardonné j Mime au troupeau des innocentes betes ^

Q«e de iam nerfs & àeyatue deskmnites liu laquetci.

Jlnieji fût» non aux Dieux facrifiu^

Mais aux mortels ordinaire fervîce.

Or* maintenant je vous laijfe à penfer

Comment le tout fi pourra difpenfer «

^t quel repos , en noife fl profonde j"

Aura le cor^s de la machine ronde, L'c$Sll(

plus heureux qui plus éPeUe timéwu i Moins de la perdn & gâter s'ahfiiemtmUf

Et tâcheront j en plus d'une manière j . A l'ajfervir & rendre prifonniére , ' \ En tel endroit que la poure deffùte, tet fedê»

H*tiura recours qu'à celuy qui l'a faïEU^ d^jfiVtt Me pour le pis de fon trj/le accident Le dmr Soleil, mns ^irêere en Oeddent^ Lairra efpandre obfcurité fur eUe , Plus que d'éclipfe , ou de nuit naturelle. Dont, pour un temps, perdra la liberté Mt du haut eiel la faveur & clarté, . Ou, pour le moins ^ fera feule & déferte ; Mais elle , avant cette ruine & perte ^ Atira long-temos montré fei\fiblem*itt fioient itjtgromi uffnÛmmt^

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M £ N MEN /7

* Qug Ion Stkua ne fia tant Mîtùi

Quand fur un fils de Titan fut jetét. Et plus Joudain ne doit être ejiimi Le mMv«mtu que fit Inarimi» Quand Typhaus fi fort fe dépita , Que dans la mer les motus précipita. Ai^ fera, en peu étkoifès rangée A trijle état , &fi foavene changée^ Quf mêmf. ceux qui tenue l'auront^ ^ V Aux Jury cnans occuper la Utirront. Lan firet pth le temps bon & prûpie* De mettre fin à ce Ions exercice . Car Us grands eaux dont cyc( devifer

^mat chacun ta retraite advijir^ La Tueur,

Et touufiûs^ avant leur partemem »

On pourra voir en l'air apertement Le Tcu qu'on

L'âpre chaleur d'une grand* flamme éprife , hit pour fe

Ptner mettre i fin leurs eaux & emreprife. ] téiîàêAt.

MENANDER *. \ oyc? les Sentences de Menandcr, ancien Poëte Comique Grec , qui a écrit cent & cinq Fables ou Comédies , ainfi que dit ApolJodore : Icfquellcs Sentences ont été craduiees en François, par G«ofroy Linoder, 9t font impri- mées à Paris , ini par Michel Jolian ,1580. .

j ? ^•«•«wl'e» fuivant un Fragment d'Apoilodote , cffî]»ce Grammairien d'Arhcnes, rapporté par Aulugelle, Liv. XFIJ, Ch, 4s étnirfib de Diopèclie, delà race des Cephifîens , &: mourut âgé decinquante-Heux ans ( environ deux «em quatre-vingt-dix ans avant l'Ère Chrciienne ). 11 elt dit, dans ce même faflage, qu'il ayoit compofé 105 Comédies ; «fantres difene loS , 00 109. Il n y eut que huit de ces pièces qui remportèrent le prix , mais qui lui firent une telle réj^iitation, <ju'il fut nommé le Prince de la nouvelle Comédie. Phi- Mmon , Ecnvain fort in^rieur, lui fut fouvent préféré , ce cjui étonnoit fi i^ort Mcnandre » qu'il demandoit un jour i ce rival « s'il n'avoit pas honte de 1 emporter fur lui : Quefo , Philemon ^ honâ venta j die mihi j cùm me vincls , non erubefiis i Sur quoi M. l'Abbé du Bos ( Réflex. fur la Po'ifie & la Peinture, Tom. II » Mg. 4 j7 , Edii. de f 7 5 j } remarque tvec nifon , « qu*U n'en ^oc » pas conclure que le; Comédies de Nîenandre aient cté jugées mauvaises, » mais bien que d'autres plurent davantage 1». Si nous avions les pièces vido- fienfes , peue-ètzedéinHecions«noa8 ce qui put éblouir le Spedateur ; peut- ctre même trouverions-nous qiie le Spedlateur auroit bien jugé; Il ne nous rcfte que des fcagmens des Comédies de Ménandcc » xecuculis par M. ta Clerc.

BiflLioiB. Fb-an. Tom. F. Du Verd. Tom, iij» H

/

MER MIC

MERCURE TRIMËCISTE; Voyez Fravçois MovnzvR

DE FoiX j GaBRIBIi DU PRBAV.

* On prononce & l*on icrit TRisMécisTB. Mercure , ou Hermès Trilmé-

gîfte, vivoit , dit-on, près de vingt Hèdes avant l'Ère Chrcti .nne. On pré- tend qu'il fut Prêtre <?c Roi j cîaurres difent que ce fur un Philofophe E^^vpfien, Confeiller d'iHs , fenime d Oliris. On lui attribue quancitc d'inventions. Eutèbe ( Prtparat. tvang. Liv, Il , Chap. i ) dit c|ue ce A/Iercure « ou Hemds Tnfim'gifte , fur le mî-mc qu'Oliris , auquel on donna le nom de Mercure y a caule ài la fagacitc de (on erptic à inventer tout ce qui pouvoir contribuée k l'aiiânce de la vie. Il eut en particulier le nom à' Hermès y à caufe qu'il fat je piemier Maître d'Eloquence , parmi les hommes. Les deux Dialogues , îiitjrMlf's Pymjnder 8c Afclevius y qu'on lui attribue , font d'un Auteur Chrc- ôen^qui vivoic, au plutôt, oans le i'ccond Aède de l'EgUTe. Les Savans croient cependant qu'on y ctouvede précieux leftes de U f^ns ancienne Philofophie des Egyptiens. On peur voir, dans la Bibliothèque Grecque de Fabcicius , des détails très favans & rrcs-étcndas fur Hermès ,&;fiu les Ecrits publiés ibus le nom d HtRjiâs , l uni. I , pag.7 & fuiv.

MEURY RIFFLANT ' a traduit de Grec, le Miroir des Mélancoliques, décrit en la irenticme Section des Problêmes d'Ariftote , concernant ce qui appartient à Prudence , Entende- ment & Sapience. Il y cft difputc pourquoi les mélancoliques ibnt Ingénieux : puis ell montré l'Analogie du vin & de la mélancolie \ enfemble les divers effets d'item » & les terribles payions de TAme ; avec une autre queiHon figurant le certain pourcraic Phyfical de la nature des chaudes & froides régions, Ae des habttans j imprimé à Paris ^ par Nicolas de Burges^

* M E URT eft une corruption de M a u r i e B $ tmir le préfeodb itfnty

, Anreur , & le prétendu Nicolas de Burges ^ Imprimeur, onr tout i lu de notns iuDpofcs. La Caille , pag. 1 18 de fon Livre, n'a rite ionNicoias de Barges que oe cet endroit de On Vetdien La Croix da- Maine, au moc

Nicolas Léonique , ,1 chingé Je Burgescn de Bruges j Se c'eft ainfi que-Je nomme auflj la Caille , ^ la Table de fon Livre. (M. de la Monnoyb ).

MICHEL D'AMBOISE ^Seigneur de Chevillon , dît l'EfcUve fortuné , a compofé en rime , les Contr'Epitres d'Ovide , par ledit dWmboife inventées , contenant les Rcponfcs d'UIylIcs à Penelopé , de Démophooa à J^hyUà ^ d'Achiiles à Bsikis,

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MIC M I C 19

d'Hyppoîite )k Phèdre ; de Paris h (Ennnc ; de Jaon? à Hypfi- phile f d'yEnée à Didon j d'Orelies à Hcrmione ; d'Hercules à Dcïanira ; de Thefeus à Ariadnc , de Macaire à Canace ; de Jalon à Médéc ; de Frotefilaiis à Laodamie ; de Linus à Hyper- mellra ^ de Thaon à Sappho ; imprimées à Paris , in-^^. par Benys Janoc, i$4i' La Babylon , autrement la confulion de VEIchvc hnuné, oii font contenues plufîeurx Lettres , Ron- deaux & Epicres amoureuiès \ imprimée à Lyon » in-iC. par Olivier Arnoullet, i$3(.Les £piaresyénériranes, Fancaiiks, Complaintes, Epicaphes^ trente - quatre Rondeaux, &L crois Ballades; imprimées à Paris, par JeanLongis^

Le Biafon de la Dent , imprimé avec les Blafons Anacomiques du corps féminin , faits par divers Auteurs, à Lyon , par Fran- çois Jiifle , 1537. ^' ^ ^'^'"''^ ^" profe , le Guidon des gens de guerre , imprimé à Paris , par Galiot du Pré , i ^43^ Ses

Traduc^iorr; en rime, les Bucoliques de Baprille Mantuan, contenant dix Kglogucs , imprimées à Paris , in-j^'^, par Dtnys lanot, 1530. Le dixième Livre des Métamorphofès d'Ovide, avec l'Elégie de la Complainte du Noyer, imprimé à Paris, par les frères Angeliers j (ans date* Quatre Satyres de Juvénid ; )l Ikvoîf les huit , dix , onze & treize, imjprimées à Paris, par Jean Longis , i $43. Le Ris de'Démocrite 6c le Pleur d'Hé? laclice, Philofophes , fur les folies Se misères de ce monde: traduit de l'Italien d'Antonio Phileremo Frcgofo , & interprète en rime Françoife par ledit Michel d'Amboife , & imprimé à Paris, /«.8^. par Arnouid i Angeiier, 1^47. & àRoucn //»-X^. par Robert & Jean du Gort , 1 5 5 o *.

^ V@Y. La Croix du Maine, 6c les aotes , au mot Mighai ]>'Âi|<^ BOISE , Tom. II , p;^. 1 1 7 & 1 1 8.

MICHEL BERLAND, Avocat au grand Confeil du Roi, Confciller en la Sénéchaulfce de li<Jurbonnuis , Siège Prclidial établi à Moulins , a écrit Sommaire des Loix, Statuts , Ordon- nances &£dits faits par les Rois de France , réduit par Alphabet llepuîs h rjègji^ dcfiuot Loys, turque^ au règne du Rpi Henri U

Ht}

6o MIC MIC

de ce nom ; avec Arrêts notables , félon la matière du texte de

rOrdonnance ; imprimé à Paris , in-fol. par Charles l'Angelier, 1548. & depuis revu & remis en meilleur ordre par i' Auteur & jàiinprimc in-%°. par Claude Micard, 1567.

MICHEL BOUCHER, de Boîs commun , a ^crit Oraifon

aux François , fur la mort du mitTnanîmc Prince Jean deBour- ^ bon , Comte d'Angbiea^ imprimée à Paris, in-^^, par Jeaa

Caveillier, 1557.

MICHEL DE CASTELNAU a traduit du Latin de Pierre

de la Ram<îe, Traité des Façons & Coutumes des anciens Gau- lois; imprimé à Paris, par André Wcchcl, 155^*.

* Voy. La C&oix»v Maimb» 6c le» notes» tn nSme Article , Tom. II»

pag. 1 10 6c 1 2 1 .

MICHEL COIGNET, natif d'Anvers, a écrit Déclaration fur le fait des changes ; enfemble un petit Difcours de bien & duemciiL diiconter , avec la folution lus diverks opmions y pro- pofées^ plus la Iblution des quellions mathématiques par I4 fuppacacioli de SuAus, tUuIbées & amplifiées par les démondr»- lîons Géomémqoes , néceffidices à kelles ; impr^m^ avec ?Art- tiimétique de Valeiitiii Menolier, en Anvers, i173* i«-8^» Infiruélion des points plus ezceOens & néceflaires , touchant l'Art de naviger ; enfemble un moyen facile & très-sùr pouf oaviger Ed&Oeli, lequel juiques à préfènt a été inconnu à tou^ pilotes ; imprimée en Anvers , «1^4*, par Jaques Ueinric^ 1 5 8 x.

* Voy. La CRorx t>v i$jmz^«a,uAntAt6de,Tom. U^jf. i&i 6c itt,

M. M. COIGNET % Chevalier, Confeiller du Roî, je ne fit» fi c'eft le même que le devam nommé , d'autant que fbn nom

propre n'eft défigne que par ces deux lettres M. M. a écrit

Inilrudion aux Prince? , pour garder îa Foi promife ; contenant nn Sommaire de la Philoiophie Chrétienne & morale , & devoir d'un homme de bieo i imprimée à Paris, in-^^^ par Jaques du Puys,i<i84.

Ce n'eft pas le mcmc que hs pcécédem. ^ M. 01 la Mohnoyi).

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MICHEL LE CONTE , Avocat Parificn , a compofé en vieille rimtille, le Mariage de procès & de la femme ^ imprimé à Paris, par Denys du Pré , 1 579. L'Arc & méthode à tourner aoois en Ladns & François , k nom du très^Chrétien Roi de France & de Pologne Henri IZI^ eniènibie les noms de U Roine nère, de Loyiè de Lorraine, Roine de France , & autres noms tournés à aucuns Prélacs , Seigneurs & autres gens de nom & de réputation; avec la Déclaration & expofition d*iceux eiurîme^ imprimé à Paris , par Denys du. Pré^ > ^ 70.

MICHEL COP a écrit Commentaire fur le Livre de PEccIé» fiaftique , autrement dit le Prêcheur , imprimé à Genève^ îii.8?.

Comment du Verdier n'a-t-il pas mis ici Cah'mique^ puifque ce Com' nentaire efl d'un Calviniquel II rut imprimé A Genève, m-S". 1 5^) , non pas fut X Eccléjiajî'ique , Livre que Jes Calviniftes ne reconnoifTesiT poinr pour Canonique , mais fut XEcdifiaJle , mot qui vchtablemenc liguUi^ Fréécar UWj l*«a««Mrà, CoHcùmaMr, ( M. se tA Momnoyb ),

MICHEL COYSSARD, Jefuice, a traduit de ritaîien de R. Père Gafparc Loart , les Méditations de la pafîion de notre Seigneur Jefus-Çhrill , avec l'Arc de méditer^ imprimées à Paris, ÎA-if par Thomas Bramen ,157^ Rimèdca ibuveraini contre les ièpc péchés mortels y contre le blafphème 9c le jeu ; tirés des Exercices de k vie Chrétienne , de Gafpar Loart, Théologien de la Coropi^ic de Jefus; imprimés \ Parb, rn^té* par Thomas Brumen , 1577. Inftrué^ions & Averciflèmcns pour , méditer les quinze Myflères du Rofaire de la très-fainte Vierge Marie , traduites dudit Loart, par ledit Michel CoyfTàrd ; impri- mées par ledit Brumen, i Sjs, Pracique (pirjcu«llc de la PrioceâQ de Parme.

MICHEL FERRIER , de Cahors , a mis en mufique , lef ^ Pfalmes de David , traduits par Clément Marot » imprimés % Parts , par Nicolas du Chemin.

Vby. LjL Cwx VQ HîAfaM^m mto» Âaàd» ^Tom, U 9 pag, iss;

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MICHEL FOURQUE ov PHOQUE , Prttw & Vicaire perpétuel de (aine Martin de Tours , a mis en vers François Héroïques , la Vie , Faits , Paflioii , Mort , RéfUrreâion •&

Aiôenfion de notre Seigneur Jefus-Chrin: , félon les quatre Evangéliftcs ; imprimés à Paris , in 8**. par Jean Bien*né« 1 574, H a traduit aufli en rime Françoife , les Opufcules fuivans : De

la Prière divine , Auteur fliinc Jehan ChryTt)llome : de la Pafïion

de Jellis par La^Hnce Firmian ; avec une Complainte de Jcfus ,

aux pécheur!^ pénifant par leurs propres fautes , niife à U tin^

imprimée à Tours, /n-R'^. par Mathieu Cherccle, 1550.

^ Voy. L>^ Civoix i^v Ma^ne, ^ |e$ noieSf au même Article , Tom. U ; pag. iii&i»}.

MICHEL DE UHOSPITAL , Chancelier de France , fous }e fèa Itoi de bonne mémoire Chariçs IX , a prononcé Harangue coRtienàtit la Remontrançp iàire devant I4 Majefté du Roi tr^s? * Chrétien Charles IX > tenant fe$ grands États en (a inlle d'Or<^ léans , mile depuis par éctiz & imprimée à Bloys, par Jiilian Angelier> 1^6 1. Diîcours au Roi François I|, contenant une Inllruélion pour bien & heureufement régner, écrit premièrerr ment en vers Latins par Meffire Michel de FHofpital , lors premier Préfident des Comptes , & depuis mis en vers François par Joachim du Bellay, In Francijci, illujfr't[f. Francice Dclpliini^ 6* Aiarieet fcrcnijf. Scotorum Rei}inx ^ nuptias yîmplijf. viri Mi" fhacl. Hofpitalii Carmen. Ejtijdcm de Cakti iS' Guynœ oppidorum txpugnatione Carmen, JDf Jkeavilla capta Aliud, De Mcù ufbç fapta & 9h kofiium ingend oèjidione Uh&ata Afiud Carmau jid illuftrijp, Frfumf, LoAarh^m. duetm Guyjianum Epijhltu jid Caroium Carditadtat Lotharcnuni4e Paeç Carmen. Ad Mar*' garitam , Régis fororem, Epijîoia^ hcec omnia excufa Parijiisf apud Federicum Morel/um , i^So» Ejufdem Hofpitalii ad Margàrltam Valcpam» fienrici II Régis fororem^ Carmen. Aliud X^arni&n tju 0 exécra tur lites. EjufJem ad Janum Cardinal. Bdlayum El^g'Oi qux omnia, nondàm typis mandata , pênes me habco *.

!^V«]r* t«4 Ga.otx ou Mains , âcl^ noces , âcecÂFC. Tom. li, f . 1 1 } & fiilv.

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MICHEL MAROT, fiîs de Clément Marot , a écrit quelques Rimes qui fe voycnt au Livre des Contredits du fieur du Pavillon, aux Fxrits de Michel Nollradamus , imprimées à Paris, 2rt-8". par Charles l'Angelier, 1560 *.

* Voy. La Croix DU Mains » âcles noces , au même Article, Toui. Il , pag. 1x6 8c 1 17,

MICHEL DE MENEHOU, Maître des Enfans de Chœur de l'Eglife faint Maur des Foflèz, a écrie une nouvelle Inllruc- tion des préceptes ou fondemens demuiiquc, tant pleine que fîgurcc , imprimée à Paris, par Nicolas du Chemin, i ^yi.

* Voy. La Croix du Maine , au même Article , Tom. îï , pag. 1 17.

MICHEL MENOT , de l'Ordre de faint François , a écrie des Sermons pour les jours & Dimanches du Carême , par lui prêches à Paris , parmi lefquels li entremêle plulîcurs propos en langage François ^ imprimés à Paris, iw-S^.par Claude Che- valon, 1 516 *.

* Voy. La Croix du Maine , & les noces , au même Article , Tom. II,

MICHEL DE MONTAIGNE. Les EfTais de Meflïre Afichel Seigneur de Montaigne , Chevalier de l'Ordre du Rot & Gentilhomme ordinaire de fa Chambre. Livre premier 8t iècond^

imprimés à Bourdeaux, par Simon Millanges , 1 580. II a . traduit auffi de Latin en François , le Livre des Créatures ; Auteur Raymond Sebon , contenant trois cent trente chapitres ;

imprimé à Paris , m-8'*. chez Gilles Gourbin , i 58 1. J'aî VO Une autre Traduélion dudic Livre en fore vieil langage *.

* Voy. La Croix du Mainb > le$ notes. «à mcme Article, Tom. Il , pag. 11^ Se fuiv.

Chapitre dixième. Des Livres.

[ Je ne fais point de doute qu'il ne m'advicnne fmivciit de parlet de chofes qui font ailleuis plus (ichement rraitces chez les maitccs du mccicl , ôc plus ^itabkment. C'eft ici purement l'cfTai de mes fâcultés nacurcUcs , 8c iiiill»' } & ^tti me focpiendca d'igaonmoe , il oe fera nen coocci

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moi ; car à peine répo»drois-je i autrui de mes difcoun , qui ne m'en ré' ponds point i moMnème , ni n'en fuis farisfaîr. Qui fer» en cherche de

Iciencc , fi la cherche elle Te loge. 11 n'ed rien de quoi je fifle moins de çrofcfTîon. Ce Com ici mes fantaines , par lefquclles je ne râche poinr à donner a conuokic les ciiolcs , mais moi. Elles ms feronr à l'adventure connues un jour , ou l'ont autrefois été , félon que la fortune ra'a pu potter fur les lieux ou elles ccoient cclaitcics. Mais j'ai iiiie inctnoire qui n'.-i point de quoi con- ferver trois jours la munition que ie lu^ aurai donnée en garde. Ainfi je ne pleuvy nulle certitude , fi ce n'eft de £dte connoitxe ce que je penfc , ôc jaC- qu'i ^uel point monte, pour cette lieiue, la connoiflance que j'ai de ce deqiiioî je traite. Qu'on ne s'attende point aux chofes de quoi je parle , mais à ma ^açon d'en parler » & à la créance que j'en ai. Ce que je dérobe d'aurrui > ce n'«ft point pour le faite mien ; ]e prétends ici huUe part , que celle de raifonner &c de juger j le demeurant, ce n'eft pas de mon rôle. Je n'y de- mande rien , hnon qu'on voie ii j'ai fu choiHt ce qui joignoit judemcnt i mon propos. Et ce que je cache par fois le nom de TAuteur, à efcient, ès cho> fes que j'emprunte » cfeft ponr tenir en bride la légéiseté de qoi s'entre" mertent de juger de tout ce qui fe ptéfente ; Hc n'ayant pas le nez capable de goùcet les chofes par elles-mcmes » s'artctent au nom de l'ouvrier, ôc à foit crédit. Je veux qu tfa s'écheudent i condamner Cicéron on Ariftoce, en moi. ' De ceci fuis-je tenu de répondre , û je m'empêche moi-même , s'il y a de la vanité & vice en mes difoourç , que je ne feme point , ou que je fois capable de fcutir , en me le repiciencant ^ car il ccliappe iouvent des fautes a nos. yeux \ mais la maladie du jugement condfte à ne les pouvoir appercevoic , lotfqu'on les offre à fa vue. I-a fcience Se la vérité peuvent loger chez nous Ikosjugeinent âc le jugement y peut aufll èoe fâos elles. Voire U recMi- noidaçce de l'ignorance eft an des plut beaiut & {du« sûts témoignages de. Ja^meot que je trouve. Je n'ai point d'autre (ergent de bande à ranger mes pièces, qnéla femme. A mcme que mes rcveries fe prcfenrenr, je lesenraffe: xaniôt elles fe prellênt en foule , tantôt elles ie tiauient à la tlle. Je veux' iOii'on voie mon pas naturel & ordinaire, ainA détraqué qu'il ell. Je me lailTe aller comme je me trouve jaudi ne fonr-cepa^ ici articles de foi, qu'il ne f ic ras permis d'ignorer 5c d'en parler cafuellement & témérairement. Je fou- naicetois bien avoir plus parfaite intelligence des chofes, mïîs fe ne^a veilX'

{»as acheter fi d^qu'elU. coûte. Mon deifein eft de paiTer doucement, no9 aborieufcment , ce qui me refte «le vie, 11 n'efl rien pourquoi je me veuille lompreja tcte, non pas pour la icicncc mcme , de quelque grand prix qu cilii Ibit. Je ne chetche aux Livres qu'à m'y donner du plaiHr, par un honnête amufemcnt ; ou , fi j'étudie , je n'y cherche que ta fcience , qui traire de la connoiflànce de moi-même» ^ qui m'inflrulfe à bien mourir & à bien vivre. Les difitcoltcs , fi j'en rencontre en liTant , je n'en ronge pas mes ongles ; je les laide U, après leur avoir fait une charge ou deux. Si ce Livre me fâche». J'en pxends un auire^ Ôc m'y fdoone qu'aux heures l'ennui de rien

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faite commence à me fsàûr. Je ne méprends guère aux nouveaux , pour ce que les anciens me £ètnblcnc plus tendus & pliisroiiles ; ni aux Grecs , parce que mon jucement ne fe lansfait pas d'une moyenne intelligence. Entre les Livres limplemcnt piaiiàns , je ciouve des modernes le Dccameton de fioc- cace , Rabelais , êc les Baifers de Jean iècond , s*il les dut loger fous ce cine» Se des lîèdes un peu au-dedus du nôcre , l'Hiftoire ylEthiopique , dignes qu'on s'y amufe. Quant aux Amadis , & telle forte d'Ecrits , ilî n'ont pas eu le cré- dit d'acrctcr leulcinent mon enbuce. Je dirai encore ceci , ou h.\rdiuient , ou témérairement , que cetce vieille ame poifantene fe laific plus cliatouiller , non-feulement à l'Ariortc, m.iis encore au bon Ovicîc : fa facillcc & fcs in- ventions , <|ui m'ont ravi autrefois , i peine m'entretiennent-elies à cette heare. Je dis Bbfement mon avis de toutes choies , Toire , & de celles qui furpallent à l'adventure mafiiffilà&oe, & que je ne tiens nullement ctrr Jj ma jurifdiifbion. Ce que j'en opine, ce n'eftpasaufH pour établir la ^ranJ &c mclure des ciiofes > niais pour faire connoître la mefure & force de ma vue. Qoand je me trouve dégoûté de l'Axioche de Platon, comme d'un onvcage fans nerfs &: fans force, eu cgard à un tel Auteur, mon J : Tcment ne s'en croit pas. Il n'eft pas li vain de s'oppofer à l'autorité de tant d'autres meilleurs juge mens, ni ne le donne témérairement la loi de les pouvoir accufer j il s*etk prend i foi-mcme , <Sc fe condamne , ou s'arricec i i'écorce , ne pouvant pénétrer jufqu'au fond , ou de regarder la chofe par quelque faux lurtre ; il le contente de fe garantir feulement du trouble ^ du dérèglement. Quant à. ia foibledê , il la ceomnoît volontien. 11 penfe donner fufle interprétation aux apparences que fon appréhendon lui prcfente , mais elles font imbccilles 6c imparfaites. La plupart des Fables d'tlope ont plufieurs fens Se intelligen- ces y ceux qui les mytholoeifent, en choiiiflenc quelque vifage ,qui quadre bien i la Fable; mais c'eilie pcemiec vifage & fupertîciel. Il y ei^ a d'autres plus vifs , plus elTeiitiels i!fc internes , auxquels ils n'ont fu pénétrer. Voilà comme j'en fais. Mais , pour futvte ma route , il m'a toujours femblé qu'en k Poëfie, Virgile, Lucrèce , Catulle 9c Hoxaoe tiennent de bien loin le pre- mier rang. Et notamment Virgile , en fes G^^ques , que j'cllime le plus plein Se parfait ouvrnf^e de la Pot'fie , ,1 la compar:^ifo!i duquel on peut recon* noitre ailément, qu'il y a des endroits en i /hneide , auxquels l'Auteur euc doriné encore quelque tout de peigne , s'il en eût eu le loint. J'aime aulli Lucain , & le pratique volontiers , non tant pour fon ftyle ( car il fe laifTi trop aller à cette aftetttation de pointes & fubtdités fou temps ) mais pour £i valeur propre» & vérité de les opmions & jugemens. Quant au bon Té- fence , la mignardife & les grâces du langage Latin , je le trouve admirable i repréfenter au vif les mouvemens dei'ame & condition de nos mœurs. Je ne k puis lire Ci fuuvcnt , que je n'y trouve quelque beauté & grâce nouvelle. Cfocf. des c^ps voiiins à Virgile plaignent de quoi aucuns lui compa'r roient Lucrèce. Je fuis d'opinion que c eft , â la vérité , une comparaiion " inégale j mais'j'at bien à faite à me ralfurer en cette créance , quand je Vplf

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trouve attaché A quelque beau lîeu de ceux de Lucrèce. S'ils fe piquoîctit de cene comparaifon » que dicoienc-ils de U bécife ôc (^upidicé barbarefque de cna qui loi tomparent a cette heue Atiofte ? 6c qu'en £roh: ArioAe lui- même? J'eltiine que les anciens auroient encore pIttS à fe plaindre de ceux qui comparoienr Plaucc A Tcrence , que de la compif i^ n de I ncrece i Virgile. Pour l'eftimation de Tcrence , tl m'eft iônvent tombe en tancaide , comme, en notre temps» ceux qui Te mHent de Gùre des Comédies ( eomme les Italiens qui y font affez heureux ) emploient trois ou quatre areumens de celles de Tcrence , o i He Plaute , pour en faire une des leurs. Ils entafTent en une feule Coincdic , cniq ou fix contes de Boccace. Ce qui les fait ainfi.it ciiaiger de matière , c'eft la défiatiee qu'ils ont de fe pouvoir fou tenir de leuct propres gr:îce<; , il faut qu'ils trouvent tin corps s appuyer; 8-: n'avanr pas du leui allez de quoi nous arrêtée , ils veulent que le conte nous amufe. li en va de mon Ameiir tout «a concraif«. Les perfedione 9c beautés £i fiiçoa de dite nous (ont petdte le goût de fon iujer *, fa gentUlelfe 9c ni* gnacdiit noiisanicenc pax-iont^ileftpaz^«outfiplaiiâni,

. » . . Ilqtàdas furofu fiÊÙttimus anuû j

& nous remplir tant lame de fes grâces, que nous fuyons la fin de fon HîHoîre. Cette mcme confidcration me tire plus avant. Je vois que les bons 8c .mciens Poètes ont évité l'afTeâation & la recherche , non-feulement des fanraiHques élévations Efpagnoles 9e Péttatchiques , mais der pointes mîmes plus douce» 8c plus retenues , cjui font Tornenient de tous les ouvrages portiques des iiècles fuivans. Si n y a-t-il homme au monde qui le? trouve i dire en ces anciens , & qui n admire plus , fans comparaifon ,1't galc polifTure , & cette l^erpctuelle douceur & beauté floriilànte des Epigrammes de CaruUe « que' tmr, les cguillonsde quoi Martia! cijuife la queue des h :n<;.C'eft cette même railon que je difois uncôt, comme dit Martial même de foi, Minùj U/i ingeniù taionmdum fidt ^ in c^us hcum materïc^ fuccejferat* Ces pcemier»*li» fans s'émouvoir & fans fe piquer , fe fonr aflêz &nm, Ib mit de quoi rire par tout ; il ne faut pas qu'ils fe chatouillent; ceux-ci onr befoin de fecours étranger. A mefure qu'ils ont moins d'efprit, il leur faut plus du corps. Tout einli qu'en la danfe &en nos bals , j'ai remarqué que ces hommes de vile condition , qui en riennent ccole, pour ne pouvoir repréfenter le port &.' la déc cnce de norre nobleilè, en cccompenfe de cette grâce , qu'ils ne peuvent imiter , chetchent i fe recomnuiadBr jut dits ùxm p&iUeiix ««ncies mouve- mens étranges 9c barelerefques. Et comme j'ai vu audî les baladins excellens, jonnnr leurs rôles vêtus A leur ordinaire, d'une contenance commune , nous (ionncr tout le plailii" qui fe peut tuei de gens de leur métier j les aprentifs , &qtti ne font de (i haute le^on , il faut qu'ik sVniârirtent le vilkge; il leur fiut trouver des vcremens ridicules, des mouvemens &: des çrinucc; , pour nous aprcier à rire. Cette mienne conception fe reconnoit mieux qu'en tout antit liea» en lacoroparad(bn de l'iBnéide 9c d& Furieus. Celui-U on le foic'

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aller A rirç-H'iile , H'un vol haut 5c ferme , Tulvant toitionrs fi pnintf ; ceruy- cy volccei L^uu-lct de conce en conte , comme de brandie en branche , ne h fiant à fes ailes , que pour une bien courte traverfe , Se prendre pied à duqne bouc ^ champ» «G» peur qae Tiuleine Se U force lui £uUem s

Exeurfusque ir^ves tentât. . . .

VoilA donc tqomt à cette forte de fujets, les Auteurs qui mepIaUbncIefliu;

Quant 1 mon antre leçon qui mcîe un peu plus de fruit au plainr , par j'ap- prends à ranger mes humeurs & mes conditions j les livresquim y iervem plus ordimifenacnc, c*eft Platacque, depuis qu'il eft François , & Sénèque. Us oac tous deux cctre notable commodité pour mon humeur, que la icience que

{"y cherche , elle y eft traitée à pièces dccoufues , i}\û ne demandenr paç 'obligation d'un long Uivail , de quoi je fuis iiicapabie , comme iont les Opulcules de Plutarque , & les Kpîtres de Sénèque , ^ni «ft la plus belle partie de fes Ecrits , & la plus profitable. Il ne faut pas grande enTreprife pour m'y mettre, & les quitte il me plaît ^ car elU$ n'ont point de fuite des unes aux entres. Cet Auteurs o«k beaucoup de fimiliwdea d*flfinioti>, ixiiiinieeufl leur fortune les fit naître environ même iSède » tous deux Piécepeenis de deux Empereurs Romains, tous deux venus de pays étranger , tous deux riches ëc puilfans. Leurs créances font des meilleures de toute laPliilofophie« A mitées d'une Hmple façon & pertinente. Pbiarque eft plus uniforme 8e conftanr j Séncque plus ondoyant & divers. Cetui<i fe p iti; , fe roidir SC fe tend , poux armer U venu contre la fbibletfè , la crainte ôc les vicieux appétits y I autre femble u'eftimec pas tant leur effort , 6c dédaigner d'en liâtor ion pes&fe mettre fur fa caigue. Plutarque a les opinions Platoniques»doucef & accommodables à la focictc civile -, Taiirre les a Stoïf]ne<; & Eptcoriennes , plus éloignées de l'ufase commun , mais plus commodes ôc plus fermes. U paroît en Sénèque qu il prête un peu à la tyrannie des Empereurs de firn temps ; car je ticJis pour certain.quec'eft d'un jugement forcé au'il condamne la cauie de ces généreux meurtriers de Ccfar. Plutarque eft libre par-touc Sénèque eft plein de pointes &c faillies ^ Plutarque de chofes ; celui-U vous ichanfe plus & vous émeut ; cetui-ci vous contente davantage , & vous pe|0 mieux. Qunnr à Ciccro , les Ouvrages qui me peuvent fervir chez lui à moa delfein, ce Ibnt ceux qui traitent de nos mœurs & règles de notre vie. Mais« â conléflèr hatdiment k irérité ( car /puifqu'on « nancbi barrières de l'impudence , Il n'v a pluj Ao trlJo ) Ai^vin d'écrire me fcmlile Iklie & euuuyeufe , & toute autre pareille façon j car fes préfaces , digrelhoas , défi- nitions , partitions , étymologies confument la plupart de fon ouvraze. Ce (jtt'il y a de vif 6c de raouelle , eft étouffe pat k lojq;aMt de fes apprêts. Si j ai employé une heure à le lire , qui eft oeaucoup pour moi > Se que je ra- mentevoye ce que j'en ai dté de fuc fie de fubftance > k plupart du temps jtf n'y trouve que aa vent | car il A*eft pe* eucoce T«n» aox «igpimeiie qui rnnnt^ i ton propof » & anx wSm» qm condiait ptoptcoie&t k norad» que je cfaoe-

1.'* n

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che. Pour moi, ^ui ne detnaiiile qn*i devenir plus Ta^ , non pli» favanr, cet

orJonnance8ljOg|cîenne$& Ariftotéliqaes,ne fonc pasl propos. Je veux qu'on Tienne foiiclnin .m point. J'entends a(Tez que c'eft que mort & volupté , qu'on Jie s'amufc pas a les anacomifer. Je cherche des taifons bonnes & termes «facrivée, aui m'indruifenc â en Toatenir l'effort. Ni les fubrilitcs Grammai* Tiennes , ni l'îngénicufe contextute de paroles & d'argumentations n'y fervent. Je veux des diicouts , qui donnenc la première charge dans le plus fort du douce ; let iiens laagnioènt aatonr du poc. Ib fonf bons pouc TEcole , pour leBarteau, 9c pour le Seraum , ou nous avons loifir oe fbmnieiUier»on fommes encore , un quart d'heure après , affez a temps , pour rencontrer le fil du propos. 11 befoin de parler ainfi aux juges qu'on veut gagner à tott 8c à droic, «me en&ns & au vulgaire. Je neveux pas qu'on emploie le temps 4 me rendre atcenc'if , 3c qu'on me crie cinquante fois : Or oyez , à la mmle de nos Hérauts. Les Romains difoient en leur religion , Hoc âge ^ ce que nous ^«uu t furfum corda i à la n6rre: ce font autant de paroles perdues pomc inoi. J'y viens tout préparé dès le loeis » il ne me faut point d'alléchement , ni de fauce ; je mange bien ta vlatifft toute crue ; & , au lieu de m'cguifer 1 appctitpar ces préparatoires & avant-jeux , ou me le lafTe & affadie. Les deux

Îwemieri , 9c Pline , 9c leurs femblablin , ib n'ont point de Aor «^e : ib veu» cnr i s oir affaire à gens qui s'en foîent avertis eux-mêmes ; ou , s'ils en ont, c c\\ un hoc âge fubftancicl , (^: qui a fon corps à part. Je vois aufli volontiers fes Epîtres , & notamment ceUes ad Aiticum^ non-feulement parce qu'elles contiennent une très-ample inftruflion de l'hilloire & affaires de fon tempe» mais beaucoup plus pour y découvrir fes humeurs privées ; car j'ai une fingit- lière cuiiolîté, comme j'ai dit ailleurs , de connoitte l'ame & les internes iiig^niens de mes Auteurs. 11 faut bien juger, leur faffiJànce, mais non pai leurs mœurs, ni leurs opinions naïves, par cette montre de leurs écrits , qu'ib étalent au théâtre du monde. J'ai mille fois reÇ!«rté o'to ncvis nyonç perdu le Livre que firutus avoit écrit de Li vertu , car il tau beau apprcniiie la théo- rique , de ceux qui iâvent bien la pratique. Mab , d'autant que c'eft autre * chofe le prcfche , <^ue le prefcheur , j'aime bien autant voir Bnuus ch :^ Plu-

wque , que chez lui-mcme. Je choif rois plutôt de (avoir au vrai des devis •oue Brutos cenoit, en tente , à quLiqu'im de iès privés amis , la veille <l'une bataille, que les propos qu'il tint le lendemam à fon arnîée; 9c et c^n'il faifoit en fon cabinet Cc ea fa chambre , que ce qu'il faifoit emmy la

J^iace ^ au Sénat. Quant i Clcteo, je fuisxlu jugcmcm koramim , que , hors a fôence « il nV avoit pas bttuooup d'excellence en lai ; tt étoit bon citoyen , d'une nature déDonnaire, comme (ont volontiers les hommes gras & gouèuts comme il étoit ^ mab, de lâcheté & de vaoiiéyit en avoit, fans mentir ^ beaucoup. Et fi m £ûs comment' rexenlèr d'avoir eftîmé fa Poëfie digne d'être mife en lumière. Ce n'ed pas graiule imperfcâion que de mal faire des vers; mais c'cfr à lui faute de fiipemçnr de n'nvoir pns fenti combien ils 4coieuc mciigiies dt; la gbuË luuxium. (^uaac a iua cioi^uence > elle eft ds

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' tout hors e^e comparaifon, je croîs que jamais hommç ne Tcgalcra. Si cft-ce

avk n'a pas en cela franchi li nec ion avantage , comme Virgile a fait en U àtCte ; car, bîeiit&t après Im , il s'en eft ttoavé qui l'ont penfô égaler ic fur- inonccr , quoique ce nit à bien faulTes enfeignes. Mais à Virgile, nul encore depuis lui,n'aofé fe conip.irer, Ft ;i ce propos, j'en veux ajouter ici une iutloire. Le jeune Cicc'ro, c]ui nu rctlcmblc fon i>ère que de nom,conunan- daittenA(îe , il fe trouva un jour en fa cable plufieurs Etrangers, &, en- tr'aurres , Cxftius , allis au bas bout , comme on fe met fouvent aux tables ouvenes des grands. Ciccro s'mforma qui il cioit à l'uii de fes gens , qui lui dtr (on nom. Mais oomme celui qui fongeoir ailleurs , & q ut oubfioÎT ce ^u'on lui répoadoit,ïl le lin redemandacncore depuis deux ou trois fois: le ferviteur» Dour n'être plus en peine de lui redire Ci fouvent la même chofe , 6c pour le lui faire connoîcre par quelque circonlUnce : c'eft, dit-il , ce Ocdius , de qui on vous a dit , qu'il ne fait grand écar ét l'éloquence de votre père au prix de la fienne. ("uiro 5'ctaiir foudain pique de cela, commanda qu'on empoiendt ce pauvre Cxiiius , ^ le ht très-bien fouetter en fa préfence. Voilà on roaToonriois hôte. Entre ceux-mèmes , qui ont eftimc, toutes chofes con- tées, oecee fienne éloquence incomparable , il y en a eu qui n'ont pas laiifi d'y remarquer des fiures. Comme ce grand Brutus , fon ami , il difoit que c'étoic une éloquence calTce Se etirénce Fraciam & elumbem. Les Orateurs voifins de fonfièclereprenoienrauffi en Id, cecorîenx foin de certaine longue cadence , au bout de fes claufes, & remarquoient ces mots <r/7ê t /Vfijri/r, qu'il y emploie fi fouvent. Pour moi , j'aime mieux une cadence qui tombe plus court, coupée en iambcs. Si nicle-t-il pat fois bien rudement fes nombres , mais bien rarement. J'en ai remarqué ce lien i mes oreilles L^o \crh mt minus diu fcncm eJJ'e maHem ,quàm ejje /ênem j antequàin cffcm. Les Hilloriens font le vrai gibier de mon étude ^ car ils font plaifans & aifés \ ôc quant êc qnanc la conlîdération des nattttes & con£tions de divers, honomes , les coutumes des nations difiTérencea, c'eft le vcai fujet de la fdence morale. Or ceux qui écrivent les vies , d'autant qu'ils s'amufent plus au» confeils qu'aux ^énemens ; plus à ce qui part du dedans, qu'à ce qui arrive au dehors, «eoxoU me font plus propres. Voilà pourquoi , en toutes fortes , c'eft mon bomme que Plutarque. Je recherche bien curieufemein , non-feulement le» opinioiis & les raifons diverfes des Philofopbes anciens fur le fujet de mon entienrife Se de toutes iédes , mais aufli leurs mœurs , leimlônunes ôc leur vie. Je fuis bien maitî vmc n^nn tt\jvit» une tlouzame de Laertius , ou qu'il ne fe foit plus étendu, tn ce genre d'étude des Hifloires , il £iut feuilleter fans diftinaion, routes fortes d'Auteurs, & vieils Se nouveaux, & harrngouins & François , pour y apprendre les chofes de <juoi dîvetfement ils traitent. Mais Céiâr feul me femble mériter qu'on l'ctudie, non pour la fcience de l'Hif- toire feulement , mais pour lui-même , tant il y a de perfcâion ôc d'excel- lence par.>dcifiis cous tes antres , quoique Salisne foit du nombre. Cènes Je lis m Aiii«itr> avec nnpettpiatdefévésenoefcdereipeâ,qi^ nelixle»

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Immains ouvrages; tantôt le conddcrant liû-mcme pur (ès adlions , Se le

miracle He fa gran^icur j tantôt par la purctc & inimitame poliffure ce (on lan- gage, qai afurpaiTc non-feulement tous les Hilkoriens , comme dit Ctccro , mais, i mon avis, Cicéto même , &ioiice la parleiie qui (ut onques, avec rant de Hnccmc en fcs jugemens , parlant de fes ennemis mêmes, Se tant de vérité , que , fauf les fauires couleurs , de quoi il veut couvrir fa mauvaife caufe & l'ordure de fa peftilente axnbiduii, je penfc , qu'en cela , (ieul on y puifTe trouver â retUre qa'il a été trop épargnant à parler de foi. Car tant erandes chofcs ne peuvenr pas nvoir exccutcc"; pir lui , qu'il n'y foit allé beaucoup plus du ûen , qu'il i\ y en met. J'amie les Hiltoriens, oufonlua*

{)Ies , oa excellens , les Umples , qui n'ont {point de quoi y mUer sien eor , 8c qui n'y apportent qne le foin 9c Umiigenee de rama/Ter tout ce qui vient à leur notice , d'enregiftrer en bonne foi toutes chofes fans choix 9c fans triage , nous lailianc le jugement tout entier, pour la connoiirance de U vérité, l^l eft , entt'autres , poor exemple le bon FroiHàrd , qui a marché en fon cnrreprife d'une Ci francne naïveté , qu'ayant fait une faure , il ne craint nullemeuc de la reconnoître ôc corriger en l'endroic il en a été averti , 6C qui nous repréfente la divertîté même des bruits qui couroient * & les difi&> fens lappoits qu'on lui faifoit. C'eft k matière de l'Hiftoire nue & informe s chacun en peut faire fon profit , autant qu'il a d'entendeiTient. Les bien excellens otu U fu£fance de cboifir çe qui eft digne d ette fu, {a.vent trier, de celui qui eft j^us vcaiftwblable; 4e la oondinon des Princies » & de leurs humeurs, ils en aevinent les confeils , & leur attribuent les pa- roles de même. Us ont raifon de prendre l'autorité de régler notre créance à la leur; mais certes cela a appartient i guère de gens. Ceux dentie deux ^qui eft la plus oomm lu ic façon ) ceux-là nous gâtent cont^ils veulent nous mâcher les morceaux j ils fe donnent loi de juger , Se par conféquent d'incliner l'Hifloire à leur ^tailîe i car, âopm quç le jugement prend d'un côté , on ne fe peut garder de «oncoomer 9c <ie «ordre U narration même ice bitôs. Ut entreprennent de choifir les chofes dignes d'être fues , 8c nous cachentibuveiig telle parole , telle aéHon privée, qui nom inftruiroit autant que le refVe, omettent, pour chofes incroyables, celles qu ils n'entendent pasj & ai aven- ture encore celle chofè , pont ne la favoitdite en bon Latin , ou fntujoia. Qu'ils ctalenr hardiment leur éloquence & leurs dignités j qu'ils jugent! leur pofte , maia ^'ils nous {aillèac aulfi de quui juger aj^ès eux j & qu'ils n'aliè^ rent, ni diipenlènt, par leun mt.MMmwiu*»ua «• {nmt le«ir «liuix, rfen w le coim de la matière , ains qu'ils noua la tenvoient pure de entière en toutes &$ menrion^. Ccux-IA font r»nfT! bien plus recommandable? Hiftoriens , qui cou iioillent les chofes 4e quoi 4s écrivent, ou pour avoir ctc de la partie i les faire , ou privés, avec ceux qui les ont conduites; car, le plus fouvent , oil trie pouf cette cfinrpc , ^ norammcnt en ces fiècles ici , des perfonnes d'entie te vulgaire ,pour ccuc ieule confidcration de (avoir bien parUr , comme fi II9PI pierçbsens d'y apprendre Çrammaire j & f ux opt nifçn , n'ayant

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fté gages que pour cela , & n'ayant mis en vente auc le babil , de ne fe fou- deraulC principalement que de cette partie. Ainu, k force de beaux mots, ils nous vont pâtiiTant une belle contexture des bcaîts, qa^b ramafTenr ès Car* retours des Villes. Voilà pourquoi les feules certaines Hiftoires font celles qai ont été écrites, par ceux-mcmes qui comroandoienc aux aâaires , ou qui ccoiencpairicipansiles condoina, comme font ^nafi tomes ieir Grecques A; Romaines; car plufieurs témoins ocalaîres ayant écrit de même fojet (comme il avenoit en ce temps-U , que la grandeur de la fortune ccoit roujoiirs ac- compagnée du favoir) s'il y a de la faute, elle Joie être merveiUcufemenc légère fur on accidem fort douteux ; s'ils n*écnvoient de ce qu'ils avoient vUd ils avoient au moins cela, que l'expcrience au rrianlement de pareilles afTilres, leur rendoit le jugement plus fain. Car, que peut on cijpéret d'un Médecin éccivant de la guerre , ou d'un Ecolier traitant les delTeins des Ptinces } jfi noas voulons remarquer la religion que les Romains avoient en cela , il n'en faut que cet exemple. Alînius Pollio trouvolt es Hiftoires mcuie de Céfaf , quelque méconte » en quoi il ctoit tombe , poui n'avoir pu avoir les yeux en tous les endroits de Ton armée,; 8c en avoir cm les particulien , qui lui rapportoient fouvent des chofes non afïèz vérifiées , ou bien pour n'avoir été a ffcz curie ufement averti par fes I.ienrenans, des chofes qu'ils avoient conduites en Ton abfence. On peut vou, par cet exemple, fi cette recherche de la vcriré eft délieate, qu'on ne fe puilTe pas fier d'un combat à la fcience de celui qui y a commande -, ni aux foidats de ce qui s'eft

{•affc près d'eux , fi , à la mode d'une information judiciaire , on ne con* tome les témoins , 8c revoie les objets fur la preuve des fonrilles de cha- que accident. Vraiment la connoiifance que nous avons de nos afifairet eft bien plus lâche. Mais ceci a été fuffifammenr traité pat Bodin , & félon ma conception. Pour fubvenir un peu à la trahifon de ma mémoire , & à fon dé- fitut u extrême , qu'il m*eft advenu plus d'une fois de reprendre en main des livres comme nouveaux du tout, & à moi inconnus, qucj'avois lus curieufc' ment Quelques années auparavant, & barbouillé de mes notes : j'ai pris en cou- tume depuis quelque temps , d'ajouter au bout de chaque livre ( je dis de ceux delquels je ne meveux fervir qu'une fois) le' temps auquel j'ai achevé de les lire, & le jugement que j'en ai retiré en gros : afin que cela me reoré- leme au moins l'air Se l'idée générale que j'avois conçu de l'auteur, en le lifanr» Je veua ici tcanfcrive aacunes de fes annotations. Voict ce que je mis il y a en- viron dix ans en mon Gukhai Jin , c«r ijuclquc langue que parient mes livres , je leur parle en la mienne. 11 eft Hiftorio^aphe diligent , Ôc duquel à mon ftvis autant exaâement que de nul autre peut-on appiendve la vérité des afRiires de fim temps. Auffi en k plus parc en a'^il été aoenr lui - même , &: en rang honorable. I! n'y a nulle apparence que pjr haine, faveur, ou vanité il ait dc- guifc les chofes , dequoi font foi les libres jueemens qu il donne des grands, 9c notamment de ceux par lefquels il avok ctéavancé & employé auc «larns, comme du Pape dément VU. Quant i la partie dequoi il femUe fe votuoic

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pr jviloir h plus , qui font Tes cligrefTions &: difcours , il y en a de bon? 5r en- litUis de b;:aux traits , mais il s'y eft trop \y\\x. Car pour ne vouloir rieu laillèr i dire, ayant un fujet Ci plein 8c ample éc a peu près infini , il en devient lâche &ennuyeax & Tentant un peu au caquet fcoUl^ique. J'aiaulTl remarqué ceci, que de tant d'aines & c(fers qu'il juge , de tant oe monvemens & confeils , il 11 iin lapportc jamais un feul à la vertu, religion, cunlcicnce, comme Ci ces uarcics-li écoienc éa tout éteintes au monde : & de toutes les actions , pour Délies par apparence qu'elle s -m cm es foicnt irelles , ilenrejette la c.uifc àquel- queoccalion vicieufe, ou à quelque protit. UelV impolUbled'imaginer que parmi cet infini nombre d'aâions, de auoi il juge , il n'y en ait eu quelqu'une pro- duite par la voie dbla raîfon: nulle corruption ne petit avoir faifi les Komrnes fi uuiverfellemenc, que quelcun n'échappe de la contagion. Cela me fait cnin- dre ,(^u'il y au un peu du vice de (bngoùc , 6c que cçla Toit avenu de ce t^u d 9Àt elhmé aaatrui félon foi* En mon Philippe de Comines il y a ceci ; Voiis y trouverez le langage doux ôc agréable, aune naïve fimplicité , la narration pure, 6c en laquelle la bonne foi tl-j IWiir ^ir rt-'air évidemment exempte de vanité, parlant de foi, <ic d attcdaiioa d euvic p.ulaiu d autrui, fesdiicourt & enhortemens accompagnés plus de bon zèle & de vérité , que d'aucune ex- 'quife fuffirance , tout pat tour de ! autorici; Se gravité repréfentant fon homme de bon lieu, 6c élevé aux grandes atlaues. Sur les Mémoires de Mon- fieur du Bellay. C'eft toujours plaifir de v<nr les chofes écrites par ceux qui ont edavé, comme il les faut conduire. Min ii osfe peut nier qu'il ne fe découvre évidemment, en ces deux Seigneurs ici, un grand déchcr ik I.i franchife 6^ libcicé d'écrire , qui reluit es anciens de leur torte , comme au Sue de Jouin- vile, domcftique de Saint Loys, Eginatd , chancelier de Ciurlemagne, & de plus fraîche mémoire en Philippe de Comines. C'eft ici plutôt un plaidé pour le Roi François contre l'Empereur Charles V , qu'une hiftoire. Je ne veux pas croire qu'ils ayent rien chanqc , quant au gros du fait , mais de con- tourner le jugement des événemens,(ouvent contre raifon,ànotre avantage, êc d'onicttre tour ce qu'il y a de chatouilleux en la vie de leur maître , ils en font nicucr : témoins les recoUemens de Meilleurs de Montmorency Se de Biton , qui y fontoidkliés, «oire le feul nom de Madame d'EUampes, ne s'f trouve point. On peut couvrir les allions fecretc; , mais de taire ce qus tout ie monde fait , 6c chofes qui ont tiré des effets publiques Se de telle confé-

aoence , c^eft nn dé£iat inexcufable. Somme pour avoir renticreconnoifTance a Roi François 6c des t^koCoc avenues de fon temps, qu'on t'-xlrccfc ailleurs. Cl on m'en croît. Ce qu'on peut faire ici de priifir , c'eft par la dédudhon particulière des batailles & exploits de guerre , ou ces Gemilhoinmes fe font nouvés f quelques paroles &aâions privées d'aucuns Princes de leurtemps, 8c les pratiques Se négociations conduites par le Seigneur de I angeay, ou il y % Iput plein de chofes dignes d'être fues , Se des oifcours non vulgaires.]

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de Salon de Craux en Provence , a écrit des Almanachs &

Prognoflications , chacune anncc depuis r <5«;o , jufques à i s^-'lt étant décède le deuxième jour de Juillet ï")6(î : lefquels Alma- nachs ont éce imprimes à l.yon, avecles PrcHiges, par Jean Brotoc & Ant. V uliiit , «S: par Iknoit Odo, comme uuffi à Paris. Plus, dix Centuries de Prophcties, par Quatrains, qui n'ont fcns, rime, ne langage qui vaille; imprimées à Lyon, par BenoiH Rigaud , 1%^^» Opalcnle de plufieufs exquifts Receptes , divifê en deux parties \ donc \% première montre la manière de faire divers ûîrdemens & (enteuis pour la iàce \ & le/ècond,à fkire confitures ' de diverfiss forces » tant en miel, que fucre & vin cuit , imprimé à Lyon, in i6. par Benoift Rigaud > 1^72. Le Remède très- utile contre la pelle & toutes fîévres pefiilentielles ; avec la manière d'en gudrir. AufTi la finguliére Receptc de l'œiif dont ufoic rjtmpcreur .Maximilian premier du nom ; imprimée à Paris, in-H^. par G- Ny verd , 1561. Paraphrafe de Galien , fur TExhortation de Menodote aux études des bons Arts , môme- ment en Médecine , rradaitc de Latin , par ledit Nolirada- mus i imprimée à Lyon , in - 8". par Ambroife du Rofhc ,

Nous ajouterons ici à ce que nous avons dcji die fur Michel NosTM-f Dami, dans la Bibliothèque de La Croix du Maine , Toin. Il , pag. i)5 » un palfage de M. TAbbé le Beiif ( Hjjîoire de la prife de la Fille d'Auxerre ^ p. 17S) au fujec deNosTJiADAMOs. « Hubert Languec, célèbre Bourguignon, ncoQtempofaiiideNoftndat&us, dit, clans la 109* Lettre de fonrrdinème vo- *»liilDe»écrimeii 1*^5 , que dès ce cemps-U les Imprimeurs en compofoienr M ( lîes Genturîes) fous fon nom. Cci tVaudcs continuoient en 1^05 Se 1610. » Mercure Fran^. fora. I, pag, 4J7. Mais , ce qui eft plus remarquable , eft i> ^ue M. Petit , Intendant des Fortiikations , a avoue dans une dillèrtation , »> imprimée i Paris , en i^ij(T, chez Jean CufTon, que lui-incm; a compofé « ^lufieurs de ces Quatrains , 3c qu il a eu te ^iatlir d'entendre citer, comme M imprimés <lès l'an i5<>S , des Quatrains qmn*étoient pas eiu:ote£ûts en » 16 so. Voyez le Recueil des Journaux des Savans de f An. \ 6CC ».Le Joirn.d des Sawtns ( iz Mars \ G66 j nz dit rien de ce que cire M. l'Abbé le Beut. Quant à rOuvtage de M. Petit, d'après lequel eit la cicacioa , voici ce qu'on y lit , pag. 1 , l'on verra que i'Attcenr.ne dit pas qu'il eût fait lui-mèipe d«» Quatrains , & qu'on les ciroit comme de 1568 , quoiqu'ils ne fullcntpa*

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encore compoCcs eu i^jo- Quand je vois des perfonnes admirer quelque/bis la rencontre de certains Quatrains de Nqfiradamus ^ avec quelques événemens fia- gulters {je pad* de fis iérUMes Qiuttfaînst & mon pas d'une infinïtc qu'on fttppofi félon les occurrencât) Je m'étonne de leur admration. S'ils avoient bien COnJidéré que ce fou a fait entrer dans fes méchans vers y fans rime ô'fans raifon, tous les noms des pays , des villes , des maifons & des grandes familles qui font en Europe , & principalement en France, & qu'il en et fait des galimatkias qui ne fîanijîcnt rien j & qui Jîgnifient ce que l'on veut , quand quelque chofe eJi arrivée j qui a de l'ajfftnité avec fes termes obfeurs & barbares ; ils ne s'étonne- raient pas comme ils font , & ne diroient pas que la chofe y ejl entièrement pré* dite. J'en ai antfronté plqfièurs fois , & des plus célèbres qu'on rapportait , que je n'ai pas trouvés conformes aux vieux imprimés j & fi.falloit-il encore les bien tirer par les cheveux , comme on dit ^ pour les appliauer au fujet propoje, Ainfi , d'après ce pada^e , on voit que M. FAbbé le Beur s'eft minpé , & &c dire à M. Pcâc ce qu'il ne die pas.

MICHEL PARPILLON, de Seyffel , Dodeur en Médecine; a compolS en rime Françoife, Paraphrafe fur les difliques moraux de Cacon , autremenc appelés mots dorés : imprimée à Lyon , fo-i ^. par Jaques Moderne » 1 4^*

MICHEL ROTE , Clerc d'Office de trcs-niuftre Princdlb Henée de France , DucheflSb de Ferrare & de Chartres , Comteffe de Gifors & Dame de Montargis , a traduit âe Latin en Fran- çois , Apologie <)e Marins Ëqoicola , Gentilhomme Italien , à rencontre des médifans de la nation Françoifê; imprimée à Paris , i«-8**. par Vincent Sçrtenas ,15^0.

* Voy. La Croix -ùv Maini , au même Article » Toin. II , pag. 1 jtf.

MICHEL VERIN. Voyez Claude Odde, Tom. lil, p. 35^;

MICHEL D'USSEAU , jadis , Garde Juré de PApothicaire^ rie de Paris , a traduit de Latin en François, & commenti l'Enchiridion , ou Manuel des Myropoles ; imprimé à Lyon, «1-4°. par Jean de Tournes ,15^1.

MILLES DE NORRY*, Chartrain, a écrit Arithmétique contenant la Réduâion tant de toute» cfpèces de monnoies ^ fervant à faire tons payemens U recettes.» que

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des autres hrafTcs, cannes, palmes, poids, & autres me fures d*un pays à Taucre : la forme deTachapC, vente, & diHribution de toute force de marchandife, tant en gros qu'en détail; avec la manière univerfelie des remifes , traites & retours des changes ; enfemhle leurs différences de monnoies de France , Flandres , Angleterre , Efpagne, Italie , Allemagne, que pays du Levant: Je tout par une pratique briève & facilt; , imprimcc à Paris, »o-4*'. par Gilles Gourbin , 1574. Les quatre premiers Livres de rUoivers ^ auxquels efl traité, en vers , du nombre , ordre & mouvement des deux. Le defcription tant Poétique qu'Albrono* mîqtie » des quarante-huit imâges célelles. Les fèpt Planettès , leurii propriétés , grandeurs & influences-; imprimés à Paris, m-4°. par Gilles Beys, 1^83* H avoit compofé en fa jeunefliè quelques Tragédies & HiÂoires , qui ont depuis couru parmi les enfans fans foucy , qui les ont récitées publiquement fur l'écha- fâut; principalemcn!: les trois journccs d*Hclie îc Prophète; les deux d'Amon & Thamar , &: autres non imprimées Le pourcrait de cet Auteur eft à la féconde page de la première feuille de fon Arithmétique , comme auffi à l'entrée de Ton Univers , fous lequel pourtrait li a mis le Sonnée qui b'cniuit, qu'il adre06 à ièsenfans.

Enfans f après avoir ia marâtre Natuf* ^

Cuqféle fil tkâ ont â mon eoars Smtté^

Si par fort , ou émus de bonne volonté ,

Vous (onicmpU\ un jour cette mUnne figure^ Vityant Ut bouche clofe ^ & des yeux towermr*^

Le front tout découvert ie poil remonU»

JiigeX & foutene\ qu'en tout j ai réftflé j

Au trop parler t peu votr^ honte & Jonuae dure. Que<tlavous'incUe à pdrlerfohrement.

J'^ûyer beaucoup j le voir meurif le juacmenr;

Soujffre:( plutôt la mort , qu'au front une infamie ^ Réjîflei à fortune j&qu*€U* n'ak^omnHr

De vous faire pafferrien outre devoirs

Voilà le feul tombeau auquel 'jt porte envie. *Voy. La Croix du Maine, les notes, au mot MrLts pt , ^)9%R.Y, Tom. II ,pÀg. 1 39. . . .'

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ou les Jdcs d'Yeres, defcendu de râncicnne & noble famille d^ Cybo de<^ennes; s^énntréfoiu en Tes premiers ans » de faivrt I a vie Monacale , pour cominuer Tes études , conduit par Ton boit efpric, parvint au Monaftère de faint Honoré , en Tlflc de Lcrinç, dans la piaige de Cyagne : y. ayant été connu , tant pour \x noblelTè de Ton fang , que par fa bonne renommée , que des fa» jeuneffe il avoic acquifc ; non>feu!emenc fu^c reçu , mais grande- ment prié dctrc du nambre des Religieux de ce Monallèrc, auquel faisant lès 'écudcs parvint facond en la Poëfie , RhétorÎH que , Théplugiç &d imiscs ut% ihérmx ( par quoi iûc prié dea Keligidux ; éprendre:!» charge de k'Librairie.de leor Monaftèrr^ mnommée Ja plus- belle- de cputt 'r£aropc » pour .avoir: fxA enrichie^ & douée par •ksr.'Gomtcs de Provence» & Rois do Naplesâc de Sicile, Se aucres^rands Perfonnagos, Aina^rsde Sciences, des plus belles & rares (Eu vres & des plus cxquifes, en toutes Jangues & faculté."? qu'on cî'it pu defircr , qui ctoicnt mal réduites & fans nul ordre, pour raifon des guerres , efquellca ledit Monadère avoic été fujet, qui avoient eu cours par le pafTa en Provence , entre les Princes des Baux, & Charles de Dura» & Raymond de Turenne , prétendant droit en la Comté de- Provence , & entre les Comtes & vrais podèâeurs d^icelle. Lët Monge donc ayant pris h charge qui lui avoic été donhée» fit fi; bien-, par (es journées /qù*eti briof temps, par lo. moyen deî fbn beau jugement, confôrine ^ Ton espérance , il mit en ordre: la Librairie , féparant les'Iivres » (êlon la faculté des fciences, non fans grande peine : pour autant , que félon: lo Cacaloguet d'iceuT,qu'un favant Religieux du Monaftèrc, nommé Herman-: terc , avoir fait par le paffé par commandement d'îldefons, Roi> d'Arragon, deuxième du nom, Comte de Provence, plufieurs beaux Livres en avoient été ôtcs, & au lieu d'iceux, mis d'autres de peu de valeur, & de nulle doctrine. Ce Monpe vacant au, C^alogue.dt, ^ia vilîts dçs Livçe^ , ciury autres , en trouve im auquel étoîent écrites toutes les nobles & illudres familles , tatiiù 4ftf^W'îc^«|o«4*Aïra^oo,lt^lip^^Ff^nçejOii ctoicnt dédnitçi

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leurs alliances, avecleuTs m'inoiries ;enfemble toutes les (Euvres

des Poërcs Provençaux, en rime Provençale, recueillies parledic Hermaricere , par le commandement dudin Roi d'Arragon , que lui-même tranfcrivic en belle lettre, dclquelles il envoya co|>ie à Loys II du nom , pere de René , Roi de Napics &c de Sicile, & Comte de Provence, de laquelle plufieurs Gentilshommes du pays, firent faire des copies , couunc ctant (Euvres rares &l plai- iaates: aucuns defqiiels Gentilshommes, même ceux qui étoiej)t Amateurs de la p(^e Provençale , les firent tfanicdre en Bel^e lettre de ferme » & illuminer d'Or & d'azur, fur parchemin , les autres fur dn papier: les Vies des Poètes étoient écrites en çi^ xaâères rouges , & les Poèmes , en lettre noire, en langue Pro- vençale, de plufieurs fortes & façons de xime:,qiK)i£ufant , il eut grande peine d'entendre la langue Provençale , pour autant (dit-ii) que leurs Pocmes étoient de diverfes phrafcîi : car les uns avoient écrit en leur pure langue Provençale , &: des autres qui n'étoicnt fi bien verfes en icelle, qui étoient d'autre nation^ comme Efpagnole , Italienne ou Gafconne & Françoife , les Poëmes étoient entremêlés de plufieurs mots de leufi. idioçrwts, qui les renduient fi obrcurs & difficiles ^ grande peine cn pou7oic-iI tirer le fens. Ftnale^nt il les rêftaurà . tçyus en leuf entier, & eut tant de grâce en foii entendement', qu*il fut le premier caalè,que ces Poètes, qui avoient été fi Jong-tçijRpsmif en oubli, furent révoqués en lumière» Quant ^ la /vie de ce Monge,il fut bon Religieux/mguller & par&it.e tQttt^s fcienceà & langues, écrivoic divinement .bien de toute façoç de lettres: quant à la peinture & illuminure, il écoit fouverain &l exquis: il obftrvoit ceci de long-temps , qu'au printemps & à l automne fe retiroit pour quelques jours , accompagné d'nn fien amj Religieux, amateur de la vertu, en fon petit hcrmitage, aux Ifles d'Yeres f ou audit Monafière , avoit de long-temps unj^ petite Eglifc dépendante û icelui , qu'xiil la caufe 4u*i(^fi^t furr nommé des Ifles d'Or ) pour ouir le doux & plaifànt murmMre des petits ruiflèaui ^font^jin^s, le chant des oifeauxy Cqntemr

8o MON -MON

plaiit'Ia dîverfité de leurs plumages, & les p r,r, mimiuix tous difFérens de ceux de deçà la mer, les contrtfaiiaiic au naturel, & •éri fie un bieaa Recueil, qti'on trouva , après fa mort , parmi Ces 'livtes', 'auquel 'il ivmt éépcm de beaux pafTages , tout le "^quaitier de, la plaige la mer 'deTdices Illes dlferes , de des Villages qui y font aflis ; toutes (brtes des herbes 8c plantes les plus çxqùifes , les fteurs & les fruits d'îcelles , & des arbres qui *y.-c;aiflè'nt narurellemenc j les bêtes & autres- animaux de toutes "cipècèS ; la perfpe(5Hve 4es montagnes, des prairies, & de tous *cej chaTTips dclicieiix , arrofés de belles & claires fontaines, des poilFons de la mer, des vaiffeaux qui la traverfent à pleines voiles : le tout tant bien rapporté & contrefait au vif, qu'on çût jugé que 'c'ëtojt la même chofe. Pour montrer l'excellence de fon efprit, fit un Recueil des Vi<îboires des Roisd'Arragon, Comtes de Prôvçnçe; cnfemble fie une Heure de Notre Dame, écrite de QiathV' cttiÎphie 'd^.tQutes les plus rares diverfités qu'il avote croiiVées 'en -fon recueil « en or azur & autres belles couleurs, '& forc^Wn Qc' (Proprement reliée; en fit un préiènt à Yoland ^^Àrragbn , mere du Roi René, qui les cIKma beaucoup ydlc ^ai jmontra qu'elle lë^ ayok trés-agréables, parce que les pein-> ttires & illumimir^ d^tcdiès' torreïpondèieiit au texte de la lettre. Et ce fut un moyen & commencement que le Roi Loys II du nom , Roi de Naples, & Comte de Provence , & ladite Roinp YbhrïA, à voient toujours au près de leurs perfonncs ce Môngp , tant fage\ beau •, & prudent il étoit ; toutes ces chofes plulîeurs .autrë^' Te trouvent es fragment de Dom Hilaire iics''Mârtins , l'un des Religieux du Monaftèrc faint Vidor de M^rieiFle. Il a écné auflî , que le Monge étoit homme de l^nte Sfitr, dé'bdH'exempile^fié continuelle méditation, qu'il a 'écrit on Hivré auquel il prédit qùe^ detcècté 'maifôH de- Cybo «ibrtiroient j!>lufieufs gr<iHds ôt illuflres perfonnages, qui gouverneroient & iadmihîrtreroicnt F£glife Catholique , & feroient auprès des Rois & Princes , & grands Seigneurs. Il dit auffi qu^avant qu'il fôt autlk Monaii^re , il portoit avec lut quelques (Eu vres en

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MbR M U S 8i

rime Provençale , traitant- âe IVAmonr, qu'il avoit dédiées à Elîs des Bauix , Dame des Baulx , & Comtefî'e d'Avelin , qui e(l une des anciennes familles &c nobles de Provence. Décéda audic MonaOère en l'année 1408 , duquel temps la Roine Yoland accoucha uii Roi René *.

Voy. Jean dp Notre-Damp. , Chap. 75,

LE MORE DU VERGIER ( c'ert un nom fuppofe')

Rcéleur extraordinaire de l'Univerfiré de Mateflon , a traduit du Larin de Maître Jean de îa Dagueniere (c'cll un autre nom fuppofé ) Doâeur en Médecine, & Mathématicien ordinaire des Landes d'Afniere , le Monflre d'abus , qui un Livre contre Michel Noflradamus i imprimé à Paris , in - 8°. par Barbe Regnaut , 1^58 *.

* Tous ces noms font fuppofés9 ^ànsen excepter celui de Barùc-Mxgnauk^ qa'i Ion ordinaire cependanc La Caille a txtSMt d*ià , pour groffir fon Catat-

iqglie. ( M. os LA MONMOYS ).

LA MOTTE ROULLANT (le Seigneitr de) Lyonnoîs , t écrit les Facédeux Devis des cent ic fix Nouvelles nouvelles, imprimées à Paris » p«r Jean Réal , 1 5 50

*yof, La Choix dv Maims , & les noces » m même Acdde» Tom. U , «41* 144.

MUSiSUS >. L'Hiftoîre deLéander & Héro , écrite en Greç par Mufsus % ancien Poète, & tndoiceen rime Françoiiê par Clément Marot.

' Il ne nom refte rien de T Ancien Mvsis , Poële Grec des rcmps Hcroï' qiies , & que l'on croit antérieur de beaucoup i Hcfiode & à Homère. Jules Célàt Scaligec , qui lui a amibué le Pocme Grec de Lcandrc & Héro , s'eft tfom^ j ifeft un Auteur Anonyme , que rem ctok «voir véoi dans le qaatnème lîÂde^ ( M. 01 1 a Mommoys )>

* On peut voir dans Fabrîcius ( Biblioth. Grecq. Totn. I , p^. lOt & fniv.) les titres de divers Ouvrages de ccr ajicien Ecrivain, qui tons onr pcn. On trouvera , au même endroit» ce que Içs Savans ont penfé du Pocme de Léandr^ é Héro ^ & de Ibtt Auteui. Nous avons de Paul Scatnm , mort le 14 OÔsOf bce 1660 y une Ode buderque , in^mée fous le t|ae de Limén & Hùù^

BxBLioT. Fr AH. rojne V* Dv Vs&d. Tom ///• L

8t M U s MUS

parmi Tes (Suvres po(Uuil»es , i I^UÙ i^S. Il J a BOmbiC d'endtoilS

uU'Shà£utt, eau'anuef , celui-d :

Trots fois envain elle fooffla Pour rendre vie i fa chnnjcllc; Mus Htîo Q ccoïc plus puccUc ; Il le £rac étic pour cdâ.

MUSICIENS. Pour la recommandation de la Mufique & de fes Profefïcurs, je tranicrirai ici une partie de laPitiface. au Roi Henri II, ^ue Picrie de Ronfard a mife au dcvanc du mélange de Chanions, tant des vieux Aoteuts que modernes ^ imprimées à Paris , par Adrian Roy. [Tout atnû par la Pierre de- Touche y on éprouve Tor s*il eft bon ou mauvais; «nfi les anciens éprouvoient par la mufique les efprits de ceux qui font gêné* Yeux , magnanimes , & non fervoyant de leur première e&nce, & de ceux qui font engourdis » pareflèux & ab&tardis en ce corps mortel , ne fe fouvcnant de la célefle harmonie du ciel , non plus qu'aux Compagnons d'Ulyiîe, d'avoir été hommes , après que Circe les eut transformés en pourceaux. Car celui lequel oyant un doux accord d*inftrumens , ou la douceur de 1 1 voix naturelle, ne s'en réjouit point , ne s'en émeut point, & de tête çn pieds n*en treifauc point , comme doucement ravi , & (i ne lait comment dérobé hors de (bi^cVH ligne qu'il a Tame tortue, vicieuiè êt dépravée, & duquel il ft Aut donner garde» comme de celui qui n'ieft point heureu&ment né. Comment pourroit-bn accorder avec un homme, qui, de Ton naturel, hait les accords? Celui n*eft digne de voir la.douce lumière du Soleil , qui ne hit honneur à la mufique , comme petite partie de celle» qui (i har- monieufcment (comme dit Platon) agite tout ce grand Univers. Au contraire celui qui lui porte honneur , efl ordinairement honune de bien ; il a l'amc famé & gaillarde , & de fon naturel aîmc les chofes hautes , la philofbphie , le maniement des affai-. xcs politiques , le travail des guerres , & bref tous offices honorables; il fait toujours paxoître les étincelles de fa vertu. Or de déclarer ici que c'eft que muûque , fi elle eft phts gou-

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vernée de iiireur que d*art , de Tes çoncens , de iès tons, modu- lacions, voix, intervalles, fons, fyftemates & commutations: de fa divifion en En armonique, laquelle, pour fa dîfîiculté,ne fut jamais parfaitement en ufage: en Chromatique , laquelle, pour la lafciveté , fut par les anciens bannie des Républiques : en Diatonique, laquelle comme Li pîub approchante de la mélodie de ce grand Univers , fut de tous approuvée. De parler de U Phrygienne^ Dorienne, Lydienne, & comme quelques peuples de Grèce, animés d'Juumoaie , aUoient coiuageufement à la guerre:, & comme Agamemnon allaoe à Troyes , laillSi à & mln->- fbn y tout eiprès , je ne ùàs quel Muficien Dorien , lequel par la vertu du pied AnapefUy modéroit leselïrenées pafTîons amoureu- fesde fa femme Clycemnellre, de Tamour de laquelle Aegille en^ flammé, ne pue jamais avoir jouifTance , que premièrement il n'eût fait mourir méchamment le Mtifîcien. De vouloir encore déduire comment toutes chofes font compofées d'accords , de mefures & de proportions , tant au ciel , en la mer, qu'en la terre; de vouloir difcourir davantage, comme les plus fignalcs perfonnages des (iécles pafTcs fc font curicufemcnt lentis épris des ardeurs de la mufique , tant Monarques , Princes , Philoib» phcs & Capitaines de renom ; je n^aurois jamais fut, d*aucahc que la mufiquea toujours été le fi^e & la marque de ceux qui (t Ibnt niontrés' vertueux , & véritablement pour ne iêntir rien du vulgaire. Je réciterai ioilement que les plus magnanimes Rots faifoient anciennement nourrir leurs enfans en la mai(bn des Muficiens; comme Peleus, qui envoya fon Hls Achille , & Aefon fon fils Jafon , dedans l'Antre vénérable du Centaure Chyron , pour être inllruits tant aux armes, qu'en Ja médecine «k en l*ârt de mufique. J'ajouterai aux divines fureurs de mufi- que, celles de poëfie & de peinture , defquelles accompagnant la muûque , comme je mets en cette Bibliothèque les Poètes , auffi n*y veux-je oublier les Muficiens qui ont orné la France de leurs comportions j entre lélqads le ibnt élevés, depuis fis ou rept-vÎDg;c ans , Jolquin des Prest, Hennuyer de nation & fb dt£>

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dples Mouton j Vaillard, RichafFore & autres. £c fi ]\ on y en trouve quelques-uns défignés, par nom & furnom, félon l'ordre de

l'Alphabet , & que tous n*y ayenc été mis , pour n'avoir fu leurs noms propres ; tous les autres qui font venus a ma connoillance feront inférés , en cet endroit , par leurs furnoms feulement. Ahran ; ALiirc ; Arcadcît ; d'Auxerre ; du Bard ; Baftard ; de Bcaulicu i Belin i Bi^nediclus ; Bertrand j le Blanc f Boivin^ Bonard ; Boni Bonvoijîn ; des Bordes ; Bourgeois ,• Bourgui* gnon f Briaut } Brion U Brun $ de BuJJi ; Cants ; Cadtûc $ Capeik Cafn ; Carillon $ Cenon $ CkevaUer ; Clûudin$ Clemens-non-papa ; Ciercau j Colin $ Stverin Cornu; Cofid^g Courtois; dt Courville; Cre^juillon; Cyron; Dambert; Droityn; Ebran} Entraigues ; Fabrice ; de la Font; Fore^er\ FomtOUtn^ Frefheau'j Gardanne'y Garnier\le Gendre \ Gentian\ Gervaife\ Godard \ Gombert'y Gorlier ; GoJfe\ Goudeaul] Goudimel ; ~îa Crotte i Grou^y ; Guillaud ; Guy on ; Hawille ; Herijfant\ VHcr'itier-j Hesdln \ Hcurteur\ V HmlLur; Jacot'in',James\Jaquet\ Petit Jean j Jennecjuin ; Jojfelme ; Jofquin \ Le/chenet ; Lejîoquart'^ Lupi\ Maillard l'ont Je àL le neveu j Maille^ Maletty \ Manchin» çourt\ Marcade; Marehaai\ Marckandii.de Mark Manm% Meigret; Mittot\ MMttantier\ Mithou; la MauHei U Moinei de Monte ; Morel ; Momahle ; Morpain ; Moulu ; Moutan ; du Muys\ Nicolas \ Olivier y Orlando'j Pagmer;FaJereau'y Peleder^ Penet, Phinot ; Pltjfon ; Poilhot ; de Porta ; Puy j U Kat\ Re^ « gnard ; Règnes \ RenvoiJt\ Richaffort\ Rogier\ Romain; Roqudayy Rare ; Rovincc; Roujfel; la Rue; Sandrin; Sanferre ; Santerre; Simon; Sohier; Strige ; Tijjîer \ du Tertre; Tofteau ; Vajfal; Verdelot;del'iila; l^illa; milr.rd- îf^auquel;ff^ildre;U^Ifran: Tous lefquels Muficiens fusnommés , ont mis pluGeurs Epi- grammes, & Chanfons FrançoifcSj en mufique, imprimées tant à Paris qu'à Lyon , par Pierre Attaignant , Nicoias du Chemin , Adrian le Roy , Jaques Moderne , Jean de Tournes autres.

M. BRETAIGNE, Lieutenant Général en la Chancellerie, U Vicfg de ia ville & cité d'Autun , a prononcé, puis mis par

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écrit, h Harangue du tiers État de France, à la Majefté du Roi, en l'alicmbléc des États tenus a S. (ierraain en Laye , le ij d'Août 1561 ; imprimée à Paris audic an.

M. DE LA FAYE a écrit Traire & Remontrance contre l'yvrognerie & excès au boire , imprimé à la Rochelle, in-g**. par Pierre Haultin , i sHo. Préface fur le Traité des (candaleft qu'a écrit Maître Jean Calvin.

M. DE LA SERRE *. Combien que celui qui traite quelque fcicnce , peut blâmer l'impiété des méchaiis avec acerbité de paroles , & l'erreur de ceux qui ont failli , avec telle modeftie qui e(l requifè aux hommes de Lettres , fi eft-ce que c*eft chofe de mauvais & pernicieux exemple , de blâmer Phonneur des Gens doéles , fous ombre de ijucl^ue faute, &c les charger de paroles contumélieufes, à la forme des Pédantes , pour loyer & îalaire de leur travail £0 quoi la République a notable intérêt, & beaucoup plus fi on vient attenter à l'honneur par libelles diffamsitoires ; comme a hit un fiirnommé de la Serre. Peit auparavant, deux calomniateurs qui ne ceflbient d'abboyer pu- bliquement contre les fix Livres de la République de Jean Bodin , avoicnt été pardevant le Roi , pour la faire défendre. Le Roi îeiir fit dire par le Seigneur d'Oron , Anagnorte (ou Le6lei:r ) Royal , qui avoit lu la République de Bodin , que s'ils avoient quelque chofè a dire contre lui , ils le couchafTènt par écrit, pour en faire jugement. Au lieu de ce faire, après cetui-ci qui fe fait appeler le dcur de la Serre , iit imprimer un petit Livre , qu*il dédia au Roi , intitulé Remontrance au Roi , fur les pernicieux Diicours contenus au Livre de la République de Bodin ; imprimée à Paris , În-S». par Federic More! , 1 579. Le Roi fayant lu , & connoiffimt les calomnies fi grofiières , qu'on y voit le jour au travers ; il manda au Lieutenant civil , que la Serre fut mis en prifbn , & figna le décret de fil main , avec défenfes à l'Imprimeur , fur la vie» d'expoTer en vente ce Livret, auquel fiodin n'a voulu répondre ; comme. anfii jamais ho«ime

de fain jugement n'en a fait ni m\fe ni recepte , finon pour un libelle plein d'extrême ignorance & médifance , fans rime ni railon quelconque. Hcrpin m Jon Apologie pour la Kcpubliquc de Bodin , contre Ogier Ferricr.

* Voy. La Croix DU MAiMB,&l«sjtio(es ) au mot Michel os la Scans, Tom. II, pag. S)C im.

M. DE SILA. Le Chemin de vertu , enieigné par Ifocrates, Orateur & Philofophe , au Seigneur, Dcmonique fon ami ; mis en rirne par M.dcSila, félon la Traducflion qu'en a faite de Grec cnprofe Françoilc, Loys leRoyi imprimé àXoIofc, in-i6, par GttyonBoudevilIe^ 1515-

M. F. CH. Petit Formulaire d'Oraifons, avec une Paraphrafè

& Sommaire de l'Oraifon Dominicale ; le? fept Pfalmes Péni- tentiaux & cinquante-deux Oraifon'? de ITgHlI: , (èlon l'ordre; des cinquante-deux Dimanches: plus quelques autres Prières & lullrudions fort nécefTaires à tous Chrétiens , par M. F. CH, imprimé à Paris, in-iG. par Jean de Heuque ville , i ^76. •>

.. M B. a écrie en rime , la Source des Guerres U le moym pour acquérir k pais , il efl: ditr

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LIVRES D'AUTEURS INCERTAINS. Le Roman de MABRIAN ».

' Parru , dans Tes Remarquer fur celles <Je Vaugelas , n®. 35, cite U Chronique de Mabryan , il eft die que nul ne fut fi hardi de prendre la vaUlaaet itm 9ttr\fis » pont dire Ul vaUur, Ce Roman » nadoir oe langage plus andm » tut impiinié l'an 1 51 à Puis , in^foL (M. la &▲ Momvoyb ).

Lft grande Dance MACABRE des hommes & femmes , o& cft démontré tous humains de tons étacs être du hranfle de Ja more; imprimée 3k Lyon , in-^*, par Olivier AmouUety ûns date, & à Paris, tJi-i^. par Eftienne GrouUeau *.

41 Voy. au moc la crand Damci » Ton. III » pa^ 470 » U noie en doime l'exf^tication.

La M ACAROICÊE de S. D. T. imprimée à Lyon » par Jaques Faute » 1 5 S o.

> La Veffîficacion Macaronique , originaire d'Italie , a été aîjifi appelé dii

mor Maccaroni , forte de pâte trempée dans le bouillon du pot la viande a bouilli ) parce que , comme ces Maccaroni , ou